Economie

L’OM peut-il se passer du Vélodrome?

En conflit avec la municipalité de Marseille au sujet du montant du loyer du stade Vélodrome rénové, la direction de l’Olympique de Marseille a fait savoir dans la presse qu’elle cherchait actuellement un stade de repli pour délocaliser ses rencontres. S’agit-il d’un coup de bluff ou l’OM va-t-il quitter son enceinte mythique du Vélodrome pour la saison 2014-15 ? Ecofoot mène l’enquête…

La direction de l’OM est remontée contre l’équipe municipale de Jean-Claude Gaudin au sujet du loyer du stade Vélodrome rénové. Lors du conseil municipal du 30 juin, la nouvelle équipe fraichement élue a fixé le nouveau montant du loyer du Vélodrome dont devra s’acquitter l’OM à partir de la saison 2014-15 : le club olympien devra ainsi verser 380 952 € par match joué dans son enceinte et la municipalité se réserve le droit de prélever 13% des recettes de billetterie au-delà d’un certain montant de chiffre d’affaires.

A minima, l’Olympique de Marseille devra donc débourser 8 millions d’euros par an pour évoluer dans son stade. Une somme qui pourrait dépasser les 10 millions d’euros si le club venait à jouer de nombreuses rencontres à domicile (C1, C3, Coupe de France, Coupe de la Ligue…) ou si les recettes de billetterie sont au rendez-vous. Les nouvelles conditions sont fixées pour 32 ans. Cette durée correspond à la concession du stade accordée à la société Arema qui s’est chargée de réaliser les travaux de rénovation de l’enceinte.

Du côté de la direction de l’Olympique de Marseille, il est inconcevable d’accepter de telles conditions. Philippe Perez, directeur général du club et en charge du dossier, estime que ce nouveau loyer ne correspond pas aux pratiques du marché. Un constat qui n’est pas complètement faux : pour évoluer dans son nouveau stade, le LOSC verse à la municipalité un loyer se chiffrant aux alentours de 5 millions d’euros par an. De son côté l’OL paie chaque année 1 million d’euros à la municipalité de Lyon pour exploiter le stade Gerland.

L’OM peut-il délocaliser ses rencontres pour la saison 2014-15 ?

Face à un tel montant, l’équipe dirigeante de l’OM menace de délocaliser ses rencontres dès la saison 2014-15. Pour Philippe Perez, le club ne peut supporter un tel coût. « Nous n’avons pas les moyens de jouer au Vélodrome à ce tarif-là. C’est une réalité économique incontournable. » Lors de la saison 2012-13, les recettes de billetterie ont seulement rapporté au club 11,6 millions d’euros (montant en baisse à cause de la fermeture temporaire de certaines tribunes afin de finaliser les travaux). A plein régime, le Vélodrome devrait pouvoir rapporter au club un montant estimé entre 25 et 30 millions d’euros. Une somme qui serait tout de même lourdement impactée par le loyer demandé par la municipalité.

revenus billetterie OM 2010-14

L’OM a connu une baisse de ses revenus de billetterie lors des dernières saisons en raison des travaux de modernisation du Vélodrome.

Du côté de la municipalité, la nouvelle équipe épaulant Jean-Claude Gaudin est ouverte à la négociation. Mais elle ne souhaite pas assumer complètement les travaux de modernisation du stade en vue de l’Euro 2016. Pour réaliser cette modernisation, la municipalité a accordé une concession de 33 ans à la société Arema en charge des travaux. Désormais, la ville doit à Arema 12 millions d’euros par an jusqu’en 2047. Une somme qu’elle compte en grande partie financer grâce aux loyers payés par l’OM.

Devant les premières rigidités manifestées par l’équipe municipale, l’OM a enclenché un plan B prévoyant la recherche d’un stade de repli pour disputer ses rencontres de la saison 2014-15. Des contacts ont été noués ces derniers jours avec les enceintes de Montpellier (Stade de la Mosson) et de Nîmes (stade des Costières) pour concrétiser cette délocalisation.

sources de revenus OM

La billetterie représente 14% des revenus hors transferts de l’OM sur la période 2010-13. Un pourcentage qui devrait grossir dans les années à venir.

Mais la délocalisation des rencontres de l’OM à domicile n’est pas si évidente que cela. Le club s’expose en premier lieu à une baisse substantielle des revenus de billetterie. Une baisse qui pourrait être plus importante que les économies réalisées au niveau du loyer. De plus, le club a dernièrement prolongé un protocole avec la mairie stipulant que l’OM s’engageait à évoluer au stade Vélodrome lors des cinq prochaines années. « Vu la situation, nos avocats sont au travail pour lever cet obstacle » a alors affirmé Philippe Perez.

Le recours au naming pourrait constituer une solution de sortie de crise

Si les deux partis – le club et la municipalité – ne sont pas sur la même longueur d’onde pour le moment, des solutions sont envisagées pour sortir de cette crise. La première piste envisagée par les deux protagonistes consiste à chercher des revenus additionnels permettant d’alléger la note à payer à Arema.

Ainsi, l’OM et la municipalité envisagent d’avoir recours à la solution du naming pour générer des revenus additionnels. L’opérateur de téléphonie Orange a manifesté son intérêt pour ce dispositif. Une option qui n’est pas rejetée par Arema, filiale de Bouygues. Des discussions se tiennent actuellement pour envisager le partenariat.

L’intérêt d’Orange pour le naming du stade Vélodrome se situe à plusieurs niveaux. En plus du versement d’une dotation estimée entre 3 et 5 millions d’euros pour voir son nom associé au Vélodrome, l’opérateur serait tenté de faire du Vélodrome le premier stade connecté de Ligue 1 (avant le stade des Lumières de Lyon qui devrait être livré pour 2015-16). Grâce au stade connecté, l’opérateur pourrait créer des synergies avec son acquisition des droits mobiles de la Ligue 1. Actuellement, les discussions sont en cours mais le dossier semble sérieux.

Si l’OM exerce une pression sur la municipalité en menaçant de quitter le stade Vélodrome, il est peu probable que l’équipe dirigeante aille jusqu’au bout de la démarche. Les relations avec la municipalité ne sont pas rompues et les deux partenaires travaillent ensemble dans la recherche d’un partenaire de naming. Cette affaire possède tout de même un point positif pour le club : elle a permis un retour au travail discret pour le nouvel encadrement sportif du club.

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