Economie

L’actionnariat populaire plait en Ligue 1

Présent dans différents pays européens et sous diverses formes, l’actionnariat populaire pourrait rapidement débarquer dans le championnat de Ligue 1. Sous l’impulsion de dirigeants ou des supporters eux-mêmes, des initiatives se mettent en place pour que les supporters puissent entrer dans le capital des clubs sans automatiquement passer par les marchés financiers.

L’actionnariat populaire s’apparente souvent à un fantasme de supporter où celui-ci contrôlerait toutes les composantes de « son club » tel un joueur de Football Manager. Ce type d’actionnariat existe déjà, à différents degrés de proximité avec FM dans une poignée de pays européens. Il y a le cas de l’Espagne où les socios du Barça et du Real Madrid élisent un nouveau président à la tête du club pour des mandats de 2 ans et demi ou 5 ans. Et il y a aussi des exemples en Angleterre où dans le club Ebbsfleet United FC, les supporters qui s’acquittent de leur cotisation annuelle peuvent prendre part à toutes les décisions financières et sportives du club !

Mais qu’appelle-t-on actionnariat populaire ? Si l’on s’en tient à la simple participation de la part des supporters au capital du club, une introduction en bourse peut être assimilée à de l’actionnariat populaire. Ainsi, il est nécessaire d’y ajouter une notion de « prise de participation » aux décisions importantes dans la vie du club de football concerné.

Le FC Nantes possède le projet d’actionnariat populaire le plus abouti

 Lors d’une introduction en bourse, les dirigeants doivent alors rendre des comptes financiers précis aux actionnaires. La logique des actionnaires est capitaliste : ils investissement dans le club car ils croient en son projet et ils pensent avoir un bon retour sur investissement. Dans un projet d’actionnariat populaire, les supporters veulent avant tout défendre des valeurs. Ils cherchent à être les garants d’une identité.

Cette vision de l’actionnariat populaire est exactement la mission que cherche à remplir l’association « A La Nantaise » présidée par Florian Le Teuff. Cette association a vu le jour en 2010 et elle a pour but d’entrer dans le capital du club du FC Nantes Atlantique lors du départ de l’actuel propriétaire, Waldemar Kita. Elle a déjà réuni 2000 membres parmi lesquels des élus locaux, d’anciens dirigeants et des joueurs ayant contribué à la gloire des Canaris. L’actuel entraineur Michel Der Zakarian est également membre de l’association.

Der Zakarian FC Nantes

L’actuel entraineur du FC Nantes, Michel Der Zakarian soutient le collectif A La Nantaise.

Pour adhérer à l’association, il est nécessaire de s’acquitter d’une cotisation minimum de 100 euros. Florian Le Teuff cherche à réunir un trésor de guerre permettant à l’association d’entrer dans le capital du FCNA lors de la vente du club. Le but ultime est d’acquérir un voire deux sièges au conseil d’administration. Le but n’est nullement de racheter intégralement le club. Dans cette initiative, A La Nantaise est soutenue par Supporters Direct, organisme spécialiste dans l’actionnariat populaire en Europe et soutenu par la Commission Européenne. Supporters Direct a notamment contribué au rachat de Portsmouth par ses supporters en avril dernier.

Cette initiative est née d’une volonté de s’opposer à la gouvernance dirigiste exercée par Waldemar Kita. Selon les porte-paroles d’ALN, le club n’a cessé de régresser sportivement et financièrement. Au cours de l’exercice passé, il a perdu plus de 12 millions d’euros. ALN souhaite défendre les valeurs qui sont chères au club : la formation et le beau jeu. Et la défense de ces valeurs doit être omniprésente dans les décisions prises par la direction.

Mais ALN voit encore plus loin. L’association souhaite être la courroie de transmission entre l’actionnariat actuel et de futurs repreneurs. D’ailleurs, le collectif cherche ardemment des intéressés pour reprendre le club. A terme, ALN veut également être un relai entre la direction et les autres composantes du club : porte-paroles des groupes de supporters, équipementier…

Saint-Etienne pourrait également se lancer dans l’actionnariat populaire

L’action menée par ALN connait un grand succès. Et pas seulement dans la cité nantaise. D’autres clubs, qui sont en proie à des difficultés financières, regardent ce qui se passe du côté des Canaris. Strasbourg, Grenoble, Lens, Le Mans voire Nancy pourraient se lancer prochainement dans un projet similaire.

Certains clubs de Ligue 1, qui ne connaissent pas de problème financier, suivent avec attention l’évolution de l’actionnariat populaire. C’est le cas de l’AS Saint-Etienne. Dans une inverview accordée à But Saint-Etienne, le président du directoire Roland Romeyer évoque cette alternative pour augmenter le budget du club.

Selon le président de l’ASSE, Saint-Etienne cherche à devenir un club européen alors qu’il n’en dispose pas encore les moyens. Mais il a un gros atout digne d’un club européen : son public. Roland Romeyer envisagerait à ouvrir une partie du capital du club à l’actionnariat populaire. L’objectif serait alors de récupérer 20 millions d’euros pour aider le club à grandir.

Un temps éclipsé par les entrées en bourse, l’actionnariat populaire semble revenir à la mode en France. Présentant un modèle économique qui semble plus stable sur le papier, les clubs français commencent à envisager sérieusement cette alternative pour accroitre les budgets.

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