Economie

L’AJ Auxerre coule en silence

Monument du football français, l’AJ Auxerre ne possède plus que deux points d’avance sur la zone de relégation en national avant son déplacement demain à Dijon pour le derby de la Bourgogne. Et pour le moment, personne ne s’en émeut. Dirigeants, joueurs et supporters ne semblent pas réagir à la dégringolade du club…

Elle est déjà loin cette soirée de mai 2012 où Auxerre disputait son dernier match de Ligue 1 face au futur champion de France, Montpellier. Ce soir-là, les supporters avaient montré leur mécontentement en déployant des banderoles hostiles et jetant divers projectiles sur la pelouse provoquant l’interruption du match pendant une dizaine de minutes. Auxerre, qui peine dans le ventre mou de la Ligue 2, joue devant un stade vide. Et les quelques cinq mille supporters peuplant l’Abbé Deschamps ne réagissent pas aux résultats alarmant de leur équipe.

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Pourtant, avec seulement 2 points d’avance sur la zone rouge avant un derby à Dijon, le club bourguignon peut avoir peur pour son avenir. Depuis le retour de Gerard Bourgoin en tant que président, le club ne semble plus mettre un pied devant l’autre. Malgré une situation sportive préoccupante, joueurs comme dirigeants plaident « la mauvaise période » et qu’ils ont les qualités pour s’en sortir. Ce discours était déjà d’actualité la saison dernière. Et tout le monde en connait le dénouement.

L’AJ Auxerre n’est plus en avance en matière de formation

Pour certains experts du club comme Raphaël Guerreiro, directeur du centre de formation, la chute du club ne date pas à la prise de pouvoir de Bourgoin mais remonte au départ de Guy Roux. Longtemps en avance en matière de formation, Auxerre a pris 10 ans de retard dans ce domaine. Le tout nouveau centre ne sort de terre que cette année. D’autres clubs comme Rennes ou Lyon ont pris un temps d’avance sur l’AJA. La dernière grande génération sortie de l’école bourguignonne a été préparée par Guy Roux : Sagna, Kaboul…

Younes Kaboul AJA

Younes Kaboul est une des dernières pépites sortie du centre de formation de l’AJA.

De même, avec le départ de Guy Roux, le club a perdu ses réseaux pour découvrir les jeunes talents. Aujourd’hui, les talents issus d’Ile de France ne sont plus raflés par l’AJA. D’autres clubs, comme Sochaux, sont devenus plus influents pour récupérer les meilleurs éléments. Auxerre s’est embourgeoisée. Le club a délaissé la politique de formation pour se tourner vers des joueurs confirmés. Cela a conduit à un inflation irrémédiable des salaires. Le surcoût de cette masse salariale a eu pour conséquence la réduction des investissements dans les installations. Cette gestion a conduit à une spirale négative dans laquelle le club ne pouvait plus s’en sortir.

L’AJA vit une crise identitaire

Aujourd’hui, le club paie le prix de cette mauvaise orientation. Pour pouvoir payer le salaire de son entraineur, Jean Guy Wallemme, le club est obligé de l’envoyer au Congo pour entraîner la sélection nationale. Cette situation parait impensable alors que le club traverse une véritable crise sportive. Mais Bourgoin est rattrapé par la réalité économique.

Aujourd’hui, le président de l’AJA cherche de nouveaux investisseurs pour renflouer les caisses. Proche de la rétrogradation administrative en national l’été dernier, Auxerre a besoin d’argent frais. Le coût de la descente en Ligue 2 est difficile à assumer. Auxere avait réalisé un recrutement il y a tout juste deux ans pour disputer dignement la Ligue des Champions… Pour attirer des capitaux frais, le président a engagé comme conseiller Sami al-Jaber, l’homme aux quatre coupes du monde avec l’Arabie Saoudite. Il espère ainsi attirer l’oeil des investisseurs du Golfe Persique.

Bourgoin AJA

Gerard Bourgoin regarde vers le Golfe Persique afin de faire rentrer de l’argent frais dans le capital de l’AJA.

La morosité sportive a gagné la ville toute entière. Petite bourgade de 40 000 habitants, les commerçants d’Auxerre comptaient sur le football pour augmenter leur chiffre d’affaires. Or, avec la descente en Ligue 2 du club conjuguée à une gestion catastrophique, les gens ont déserté la ville. Les soirs de match ne ressemblent plus à un moment de fête où les supporters venus de toute la région se retrouvaient dans les bars à parler de football.

La crise sportive fait mal à toute la ville… Mais pour le moment, personne n’élève la voix…

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