Economie

Comment augmenter les recettes de billetterie en Ligue 1 ?

Alors que le panier moyen du spectateur anglais ou allemand dépasse largement la barre des 100 €, la moyenne en Ligue 1 n’excède que très rarement les 20 €. Si les clubs français veulent accroitre leur puissance financière, il est nécessaire de se pencher sur les revenus issus de la billetterie. Ecofoot mène l’enquête…

Pour accroitre leurs revenus issus de la billetterie, les clubs de Ligue 1 peuvent jouer sur deux paramètres : augmenter la capacité de leurs enceintes (effet volume) ou accroitre les prix des billets vendus (effet prix).  Cette question relève d’un choix stratégique crucial dans le but d’optimiser les revenus de billetterie.

Malheureusement, elle n’est pas assez travaillée au sein de la Ligue 1. A l’aube de l’Euro 2016, les gros clubs se sont souvent plongés dans une politique d’élargissement de l’offre en construisant ou agrandissant des stades sans se soucier de l’élasticité prix du billet vendu. Ainsi, malgré la construction d’un nouveau stade, le LOSC a adopté une politique de tarifs attractifs afin de remplir son enceinte. Aujourd’hui, avec l’augmentation des coûts engendrés par l’entretien du nouveau stade, le club ne gagne pas plus d’argent avec son nouvel outil.

La Ligue 1 doit-elle agrandir ses stades ?

En consultant les chiffres du début de saison 2013-14, l’augmentation de l’offre n’est pas forcément la stratégie à adopter en priorité. Certes, la Ligue 1 n’est pas le plus mauvais élève du top européen en termes de taux de remplissage avec le score de 72,6%. Elle se situe notamment devant la Liga Espagnole avec un taux de 70% ou encore devant la Serie A (51,7%). En revanche, le championnat français se situe loin de l’Allemagne (90,5%) ou encore de l’Angleterre (95,2%) qui possèdent des taux où la question de l’agrandissement des stades se pose. La demande est tellement importante que les prix peuvent être maintenus en cas d’accroissement de l’offre.

En termes de fréquentation, la Ligue 1 se situe malheureusement au dernier rang européen. Avec un peu plus de 210 000 spectateurs lors de chaque journée, elle reste en retrait par rapport à la Serie A (231 500), la Liga (272 500), la Premier League (365 000) ou encore la Bundesliga (389 000). La Bundesliga réussit la performance d’obtenir la meilleure fréquentation européenne alors que son championnat ne comporte que 18 équipes.

La fréquentation moyenne dans ses stades ne permet pas à la Ligue 1 de développer l’offre de billetterie sans mettre en danger sa politique tarifaire. La demande n’est pas assez soutenue contrairement à aux voisins Anglais et Allemands. En plus d’une fréquentation importante, ces deux championnats pratiquent une politique de tarifs élevés car la qualité de service est au rendez-vous.

La Ligue 1 doit améliorer et diversifier son offre

Certains dirigeants du football français, dont Frédéric Thiriez, pensent que l’augmentation des revenus de billetterie passe par une diversification de l’offre et une amélioration globale de la qualité de service. Selon lui, la Ligue 1 doit prendre exemple sur la Premier League afin de devenir un spectacle familial capable d’attirer un public plus large.

thiriez

Frédéric Thiriez souhaite que les clubs de Ligue 1 augmentent la qualité des prestations dans les stades.

Ainsi, la Ligue 1 doit conquérir un nouveau public attiré par un segment premium. En Bundesliga, le public allemand se rend massivement au stade près de deux heures avant le coup d’envoi. Des activités sont prévues comme des fêtes foraines afin de contenter les enfants. Ainsi, les clubs peuvent aisément justifier des prix élevés.

Pour convaincre ce nouveau public de se rendre dans les stades de Ligue 1, Frédéric Thiriez souhaite éradiquer la violence autour des enceintes sportives. Pour lui, ce fléau est le principal obstacle à la venue d’un nouveau public. En 2006, il a très largement soutenu la nouvelle loi permettant aux préfets d’interdire de stade les fauteurs de troubles et au gouvernement de dissoudre les groupes de supporters violents ou racistes. En 2009, il est à l’initiative de la mise en place de la Division Nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) au sein du ministère de l’intérieur. Certains dirigeants lui reprochent d’aller trop loin en étant d’une sévérité extrême sur l’utilisation de fumigènes au sein des enceintes de Ligue 1.

En réglant les problèmes de sécurité, Frédéric Thiriez pense que les clubs pourront attirer un nouveau public à fort pouvoir d’achat. Cette conquête devrait se réaliser sans renier le public populaire, très fidèle et souvent majoritaire dans les stades. Les clubs pourront alors proposer un éventail de prix bien plus large que l’offre présente.

Aujourd’hui, seul le PSG commence à percevoir des revenus de billetterie conformes aux gros clubs de Ligue 1. Avec des abonnements démarrant à 360 € et allant jusqu’à 2700 €, le club de la capitale possède une offre diversifiée permettant de convaincre un public large. Ses dernières années, il a également réglé une grosse partie des problèmes de sécurité grâce au plan Leproux. Frédéric Thiriez aimerait bien que d’autres clubs de Ligue 1 s’inspirent de l’exemple parisien…

Google Plus

Articles populaires

To Top
Tweetez
Partagez5
Partagez