Economie

L’Inter Milan enregistre de nouvelles pertes financières

Malgré la reprise en main du club par le propriétaire indonésien Erick Thohir, l’Inter Milan n’est toujours pas parvenu à retrouver le chemin des profits. Le club a présenté un nouvel exercice lourdement déficitaire lors de la saison 2014-15, justifiant les sanctions prononcées à son encontre par l’UEFA. Explications…

L’Inter Milan parviendra-t-il un jour à sortir d’un modèle reposant sur des investissements couramment réalisés par ses actionnaires afin d’éponger de hauts niveaux de déficits ? Le club milanais sera contraint d’opérer cette mue le plus rapidement possible afin de pouvoir respecter les règles du fair-play financier édictées par l’UEFA.

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Le club n’est pas parvenu à atteindre l’équilibre budgétaire lors de la saison 2014-15. La direction a dévoilé un résultat net lourdement déficitaire de 73,986 M€ ! L’Inter Milan retrouve ainsi ses niveaux de déficits de l’ère Moratti : le club avait alors accumulé plus de 467 M€ de déficits concernant la période 2008-13. Et le résultat positif dévoilé lors de l’exercice 2013-14 de l’ordre de 33 M€ est un trompe l’œil : le club a bénéficié d’un emprunt supérieur à 200 M€ garanti par le nouvel actionnaire, créant un apport comptable sous la forme d’une gestion extraordinaire nette à hauteur de 139 M€ !

Lors de cette saison 2014-15, l’Inter n’a pu avoir recours à ce genre d’artifice pour obtenir à nouveau des comptes positifs. Les causes de ses importantes pertes sont notamment dues à son déséquilibre structurel : le club affiche un résultat d’exploitation déficitaire record de 102,817 M€ ! Les revenus opérationnels ont à nouveau chuté de 24% pour désormais atteindre 121 M€. Ces derniers ont reculé de 128,5 M€ par rapport à la période faste de la fin des années 2000 !

Néanmoins, la lecture du compte d’exploitation est une nouvelle fois trompeuse concernant le club milanais. En cette saison 2014-15, la formation lombarde affiche seulement 2,5 M€ de recettes commerciales alors que ses contrats avec Pirelli et Nike rapportent beaucoup plus au club. En réalité, afin de refinancer sa dette, l’Inter a procédé à de nombreuses manipulations concernant ses filiales associées à sa gestion marketing. Ainsi, une partie des revenus commerciaux du club sont associés à la ligne comptable « Gestion financière nette » qui n’entre pas dans le résultat d’exploitation. L’Inter affiche alors un ajustement de 69,3 M€. Néanmoins, cela ne suffit pas à combler l’intégralité du déficit d’exploitation affiché par le club.

En plus des pertes liées à l’activité du club, l’Inter continue également à afficher d’importants déséquilibres de sa balance des transferts. Alors que le club a enregistré des plus-values comptables à hauteur de 25,8 M€ durant l’exercice 2014-15, l’Inter supporte également des amortissements et dépréciations à hauteur de 72,1 M€ dont 59,8 M€ sont liés aux activités d’achats de joueurs. Un déséquilibre qui continue à creuser les pertes du club.

inter milan recrutement onéreux

L’Inter Milan a conclu de nombreux prêts avec obligation d’achat lors de sa campagne de recrutement 2015-16 pour différer l’amortissement comptable des transactions

Au sein de ce contexte financier difficile, il est alors impossible pour l’Inter de réduire drastiquement son niveau d’endettement. Néanmoins, la situation est légèrement plus saine que sous l’ère Moratti : alors que ce dernier avait couramment recours à l’endettement bancaire pour assurer le financement de son équipe, Erick Thohir préfère détenir une grosse partie des créances du club.

Cependant, l’Inter Milan doit impérativement construire un modèle économique rentable sous les plus brefs délais afin de répondre aux contraintes imposées à court terme par le fair-play financier et à moyen terme par ses créanciers. Sanctionné au printemps dernier par le gendarme financier européen, l’Inter s’est engagé à présenter un bilan 2016-17 qui n’excèdera pas 30 M€ de pertes financières. Le club a également pris comme engagement de retrouver l’équilibre budgétaire à l’horizon 2017-18 ! Enfin, l’Inter doit rembourser une grosse partie de son emprunt contracté envers Unicredit au 30 juin 2019. Même si ce prêt est couvert par son nouvel actionnaire, ce dernier souhaite voir le club dégager assez de profits pour rembourser de façon autonome une grosse partie de la créance. L’Inter a alors intérêt à retrouver le devant de la scène nationale et continentale tout en réussissant sa stratégie d’internationalisation afin d’accroître fortement ses revenus. Une mission qui n’est pas gagnée d’avance en raison de l’imminence des échéances financières…

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