Economie

Quel est le bilan financier de la Ligue 1 pour l’exercice 2013-14 ?

La LFP vient de rendre public les comptes des 20 clubs de Ligue 1 concernant l’exercice 2013-14. Malgré une augmentation globale du chiffre d’affaires, le déficit du championnat s’est accentué par rapport à la saison 2012-13. Les clubs devront impérativement restructurer leur modèle économique afin de renverser la tendance…

A la lecture des premiers chiffres du bilan financier 2013-14, le championnat de Ligue 1 vit clairement au-dessus de ses moyens. Une situation préoccupante alors que la Ligue 1 peine sur le plan sportif à se hisser au niveau des meilleurs championnats européens.

Ainsi, lors de la saison 2013-14, la Ligue 1 accuse un résultat net déficitaire à hauteur de 102,1 M€ ! Les pertes financières ont été multipliées par 5,8 par rapport à l’exercice 2012-13 au sein duquel le championnat enregistrait seulement 17,589 M€ de déficit. Le déficit d’exploitation (hors mutations) s’est envolé à hauteur de 351 M€ lors de la saison 2013-14 contre 172,8 M€ en 2012-13. Et les clubs de Ligue 1 ont enregistré moins de recettes de transferts au cours du dernier exercice (143,1 M€ contre 168,5 M€ en 2012-13).

Malgré 115 M€ d’abandons de créances concédés par les actionnaires de Ligue 1, 13 clubs du championnat sur 20 se retrouvent avec un résultat net négatif. L’Olympique Lyonnais est la formation à avoir accusé les plus grosses pertes financières lors de la saison 2013-14 avec un passif de l’ordre de 26,440 M€.

Si la situation de l’OL n’est guère préoccupante – club en pleine transition économique possédant encore des capitaux propres permettant de couvrir les déficits – en revanche, le bilan financier de deux des trois relégués est plus inquiétant. Ainsi, lors du dernier exercice, le FC Sochaux a accusé un déficit supérieur à 17,6 M€ alors que Valenciennes FC a enregistré des pertes à hauteur de 7,265 M€. Si le club nordiste a changé d’actionnaire entre-temps – en connaissant toujours de gros problèmes financiers – Peugeot est en train actuellement de finaliser la vente du club doubiste.

La situation du LOSC est également contrariante. Malgré les revenus additionnels générés par son nouveau stade, le club nordiste a accusé une nouvelle perte financière de l’ordre de 16,3 M€. Son actionnaire principal, Michel Seydoux, a été contraint de remettre la main à la poche en début de saison 2014-15 afin de rassurer la DNCG au sujet de la situation financière du club.

résultat net ligue 1 2013-14

Une masse salariale trop élevée pour de nombreux clubs de Ligue 1 ?

Pourtant, malgré un mauvais bilan financier, le chiffre d’affaires opérationnel de la Ligue 1 a progressé de 15% lors de la saison 2013-14, se rapprochant de la barre des 1,5 milliard de revenus. Malheureusement, cette hausse est essentiellement due à deux clubs : le PSG et l’AS Monaco.

Alors que le club parisien avait enregistré 400 M€ de recettes opérationnelles lors de la saison 2012-13, ces derniers ont progressé de près de 20% pour atteindre 474 M€. Une augmentation qui s’explique par un gros travail mené sur les recettes de sponsoring, qui sont passées de 35,2 M€ à 79 M€ (hors contrat signé avec QTA).

Du côté de l’AS Monaco, le club de la principauté affiche un chiffre d’affaires opérationnel de l’ordre de 176,3 M€, se classant directement en 2ème position pour son retour en Ligue 1. Les importants revenus monégasques sont essentiellement dus à un contrat signé avec l’agence suisse AIM International Agency lui permettant de générer plus de 140 M€ de rentrées commerciales sur l’ensemble de la saison 2013-14.

revenus opérationnels ligue 1 2013-14

Clairement, la plupart des déficits enregistrés en Ligue 1 sont actuellement dus à une masse salariale chargée trop élevée à supporter. Si ce poste de dépenses ne représente que 64% des revenus opérationnels du championnat, il existe des cas en Ligue 1 où le ratio se rapproche de la barre des 100% ! Par exemple, le Stade Rennais a supporté lors de la saison 2013-14 une masse salariale de l’ordre de 41,1 M€ pour un chiffre d’affaires opérationnel de 42,5 M€. Dans cette situation, le club est obligé de vendre certains joueurs en fin de saison pour équilibrer ses comptes sous peine d’accuser un lourd déficit. Le club breton a choisi de présenter un passif important, couvert par son actionnaire, afin de ne pas nuire à sa compétitivité sportive.

Si les clubs de Ligue 1 veulent continuer à supporter de telles masses salariales – avec une pression fiscale plus élevée que ses principaux concurrents européens – ils ont intérêt à développer leurs différentes sources de revenus au cours des prochaines saisons. La fin des travaux de modernisation de nombreuses enceintes en vue de l’Euro 2016 devrait aider certains clubs à accroître leurs recettes de billetterie. Mais un nécessaire travail sur l’accroissement des revenus commerciaux sera également nécessaire afin d’éradiquer les déficits chroniques dont souffre le championnat.

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