Stratégie

Le changement de nom de Hull City fait débat

Dans les jours à venir, la FA doit se prononcer sur le changement de nom du club de Hull City. Souhaitée par le propriétaire Assem Allam, cette décision rencontre la protestation vigoureuse des supporters qui tiennent à l’identité de leur club de cœur. La FA va devoir se prononcer sur un sujet très « touchy » où les conséquences pourraient être importantes…

Assem Allam sait ce qu’il veut. Depuis son arrivée à la tête de Hull City, il ne cesse d’élaborer des stratégies afin d’accroitre les revenus du club. Son objectif principal est de rendre Hull City auto-suffisant financièrement. La situation actuelle est loin de cette réalité : le club dépend en grande partie des prêts que lui accorde son propriétaire.

Assem Allam, homme d’affaires égyptien propriétaire de l’entreprise familiale Allam Marine, a pris le contrôle de Hull City en décembre 2010 contre la somme symbolique de 1£ payée à l’ancien propriétaire Rusell Bartlett. Contrairement à ce qui était prévu initialement, Allam a racheté la totalité des parts du club. D’emblée il a accordé un prêt de 41 millions de livres afin solder les dettes du club détenues par des établissements bancaires privés et de réinvestir dans de nouveaux joueurs. Au moment du rachat par Assem Allam, le club possédait une dette de 30 millions de livres qu’il ne parvenait plus à rembourser suite à la relégation en Championship.

Assem Allam ne cesse d’accorder des prêts à Hull City

A l’aube de la saison 2012-13, après une saison et demie de stagnation en Championship, Assem Allam décide d’accorder un nouveau prêt afin d’aider le club à retrouver le championnat de Premier League. Sportivement, le club y parvient en terminant la saison au deuxième rang de Championship.

Financièrement, la note est salée. Alors que le club a généré un revenu de 11 millions de livres (provenant essentiellement des droits TV), les dépenses pour la saison 2012-13 s’élèvent à 37 millions de livres ! Le club a donc accusé une perte nette de 26 millions de livres sur l’exercice, soit un déficit supérieur au plus mauvais élève de Ligue 1 (qui devrait être l’OL avec une perte de 20 millions d’euros).

Une nouvelle fois, les excès budgétaires ont été financés par les emprunts réalisés auprès de l’actionnaire principal du club, Assem Allam. Au 31 juillet 2013, le club de Hull City possédait une dette de 72 millions de livres envers son actionnaire principal. Et Assem Allam ne prête pas son argent gratuitement : un taux d’intérêt de 5% est fixé par l’homme d’affaires égyptien.

Assem Allam cherche à accroitre les sources de revenus de Hull City

Conscient que la situation ne peut perdurer éternellement, sous peine de ne jamais revoir son argent, Assem Allam cherche par tous les moyens à accroitre les sources de revenus du club de Hull City. Sa première hypothèse, élaborée lors de son arrivée au club, était de racheter le stade et les terrains environnants pour édifier un véritable centre de divertissement. Lors de cet achat, Assem Allam avait prévu des travaux de modernisation de l’enceinte avec un agrandissement de 10 000 places ainsi que la construction de différents centres commerciaux appartenant au club. Mais ce plan est tombé à l’eau à cause suite au refus de la ville de Kingston upon Hull de céder ses propriétés.

Désormais, Assem Allam compte sur l’édification d’une marque internationale autour du club pour générer des revenus additionnels de merchandising et de sponsoring. Pour mettre en place son plan, le dirigeant souhaite changer le nom du club. Au lieu du « ringard » Hull City, il souhaite un nom suscitant plus d’intérêt. Assem Allam a choisi Hull Tigers comme nouveau nom.

Dès la divulgation du projet dans la presse locale, Assem Allam a subi les foudres des supporters qui rejettent en masse cette idée. Ces derniers ont opéré différents mouvements de protestation afin de montrer leur opposition au changement de nom. Malgré ce vent de révolte, Assem Allam souhaite concrétiser au plus vite la première étape de son nouveau projet.

Dernièrement Assem Allam a soumis sa volonté de changement de nom au conseil d’administration de la FA présidé par Richard Scudamore. Il doit donner une réponse rapidement sur le sujet. Assem Allam n’a pas hésité à menacer les membres de la FA en affirmant qu’il quitterait le club sur le champ si le projet de nouveau nom était invalidé par la ligue de football anglaise.

La FA se trouve ainsi devant un choix cornélien. Soit elle valide le projet de nouveau nom du club et donne raison à Assem Allam. Si cette option était retenue, la FA s’exposerait aux critiques de l’opinion publique, qui la définit déjà comme un organe favorisant le foot-business au détriment de la préservation de l’identité du football anglais. Si la FA donnait raison aux supporters, Assem Allam pourrait alors mettre à exécution ses menaces. Le club de Hull City risquerait alors un dépôt de bilan et une disparition du football professionnel anglais. Ce dernier scénario parait tout de même peu probable : si Assem Allam laissait le club tomber en faillite, il pourrait faire une croix sur 72 millions de livres de créances. Le verdict de la FA est attendu avec grande impatience du côté de Hull…

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