Economie

La Chinese Super League va-t-elle instaurer un salary cap ?

chinese super league salary cap

Alors que le championnat chinois a démarré sur les chapeaux de roue le mercato hivernal, le gouvernement du pays s’inquièterait de l’envolée des investissements entrepris par les différents tycoons à la tête des clubs de Chinese Super League. Un plan de régulation des investissements serait à l’étude. Décryptage…

Après avoir investi près de 350 M€ dans l’acquisition de joueurs au cours du mercato hivernal 2016, les clubs de Chinese Super League sont repartis sur les mêmes bases en ce début de marché des transferts 2017. En plus de payer de lourdes indemnités de transferts pour acquérir des joueurs d’excellent niveau sur les marchés européens et sud-américains, les clubs de Chinese Super League n’hésitent pas à offrir de très importants salaires à leurs nouvelles recrues pour mater la concurrence.

Ainsi, le milieu international belge Axel Witsel, qui disposait également d’une offre ferme de la Juventus, a finalement préféré s’engager du côté du Tianjin Quanjian. Promu en Chinese Super League en cette édition 2017, le club aurait offert un salaire mirobolant de 18 M€ par exercice au joueur pour le dissuader de signer à la Juventus ! Mais cette rémunération paraît faible par rapport à l’effort financier réalisé par le Shanghai Shenhua, qui a offert une rémunération de l’ordre de 38 M€ par saison à Carlos Tevez pour le convaincre de venir évoluer dans le championnat chinois.

Bien évidemment, les clubs chinois ne peuvent supporter structurellement de tels montants déboursés pour acheter et payer leurs vedettes. Ces derniers ont alors recours massivement à des opérations d’abandons de créances ou d’augmentations de capitale de la part de leurs actionnaires pour financer un train de vie bien trop élevé par rapport à leurs revenus (malgré l’augmentation importante des droits TV nationaux récemment enregistrée).

Ces investissements massifs réalisés pour recruter des joueurs évoluant dans les championnats étrangers commencent à inquiéter le gouvernement central chinois. Pourtant à l’origine de cette vague d’investissements, un porte-parole de l’Administration Générale des Sports a pris la parole cette semaine pour évoquer pour la première fois la mise en place d’une régulation financière au sein du championnat chinois.

Le gouvernement chinois a peur de l’éclatement d’une bulle spéculative autour de la Chinese Super League

« Le gouvernement va chercher à réguler et à restreindre les transferts très onéreux tout en prévoyant des restrictions raisonnables sur les salaires des joueurs […] Nous devons avoir pour objectif de construire des clubs centenaires. Nous suspendrons sérieusement les clubs insolvables de notre championnat professionnel » a ainsi indiqué un porte-parole de l’administration chinoise.

Si l’évocation d’une régulation financière en public est une première en Chine, en revanche, ce n’est pas la première fois que le gouvernement cherche à mettre en place un système permettant de limiter les gros investissements réalisés par les clubs pour dénicher des talents à l’étranger. Avant le début de ce championnat 2017, la direction de la Chinese Super League a ainsi décidé de réduire le quota de joueurs étrangers par effectif : il est ainsi passé de 5 à 4. Une décision qui n’a pas eu un grand effet sur la politique d’investissements des clubs.




Si les importants investissements réalisés par les grandes entreprises chinoises dans le football ont été encouragés initialement par le gouvernement central, ils ne répondent plus aujourd’hui aux objectifs finaux définis par l’administration chinoise. Au lieu d’investir dans la formation afin de faire progresser le niveau footballistique sur le plan national, les grands groupes industriels se livrent plutôt à une véritable lutte d’égo afin de remporter le maximum de succès sur le terrain sportif. Une bataille qui pourrait être à l’origine d’une véritable bulle spéculative, bien que certains spécialistes estiment que les investissements pourraient devenir rentables à moyen terme via la hausse des différents centres de profits.

En attendant, la mise en place d’une régulation financière va satisfaire certains dirigeants de clubs européens. Alors que les dirigeants des clubs des principaux championnats européens ne se sont pas encore beaucoup plaints de la concurrence chinoise sur le marché des transferts, ce n’est pas le cas de certains directeurs de clubs d’Europe de l’Est qui, pour certains, subissent fortement la montée en puissance des clubs chinois.

Maksim Mitrofanov, Directeur Général du Zenit, plaidait l’an dernier pour l’instauration d’un fair-play financier mondial tout en dénonçant les méthodes d’approche des clubs chinois. Selon ce dernier, les intermédiaires n’hésitent pas à approcher les joueurs sans prendre contact avec le club propriétaire des droits sportifs du joueur ciblé. Une méthode qui a d’ailleurs contraint le club de Saint-Petersbourg à céder Hulk au Shanghai SPIG contre sa volonté lors du dernier mercato estival…

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Source photo à la Une : Capture vidéo Youtube

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