Economie

Combien coûtera l’organisation du Mondial 2018 à la Russie ?

Alors que la Russie avait présenté un plan d’aménagement du territoire ambitieux tout en conservant un budget équilibré lors de son dossier de candidature du Mondial 2018, les coûts devraient finalement exploser en raison notamment de la conjoncture politique et économique. Une envolée des prix qui condamne certains projets. Explications…

Lors de la présentation de son dossier de candidature, la Russie avait prévu un budget de 2,8 milliards de dollars alloué aux infrastructures sportives. Cette enveloppe devait notamment servir à construire 10 stades et à rénover 2 enceintes. Malheureusement, et à l’image de l’organisation de tous les grands événements sportifs, le budget ne sera pas respecté. D’après les dernières évaluations, les coûts alloués aux infrastructures devraient atteindre plus de 6,6 milliards de dollars. Et une nouvelle hausse de l’estimation pourrait intervenir d’ici le début de la compétition.

«Sans nul doute, la Coupe du monde de 2018 en Russie sera la plus chère de l’histoire, malgré les déclarations des responsables russes, malgré les leçons de Sotchi» indique ainsi Martin Müller, professeur de géographie à l’Université de Zurich et auteur de plusieurs recherches sur l’impact des méga-événements sportifs, à nos confrères de La Tribune de Genève.

Néanmoins, plusieurs éléments politiques et économiques sont venus troublés l’organisation du Mondial 2018. L’embargo européen décrété sur la Russie suite au conflit ukrainien a touché sévèrement l’économie russe avec une chute du cours du rouble et une inflation galopante. Des données qui ont donné lieu à une hausse importante des importations et du coût des matières premières provoquant un alourdissement de la facture de la construction des stades.

La Russie essaie-t-elle de limiter ses dépenses en main d’œuvre ?

Pour éviter une explosion des coûts liés à l’organisation de l’événement, la Russie aurait malheureusement décidé d’abandonner certains projets annexes. Ainsi, des liaisons locales de transport ou encore des hôpitaux, servant l’activité économique du pays à long terme et les populations locales, seront laissés de côté faute de moyens. L’essentiel des investissements sera porté sur la construction des enceintes qui pourraient devenir des éléphants blancs, à l’image de ce qui s’est passé pour une majorité de stades en Afrique du Sud et quelques enceintes brésiliennes. Car les clubs de D1 russe présentent à ce jour un taux de remplissage de seulement 60% : ils n’avaient donc pas besoin en urgence d’une augmentation de capacité de leurs stades.

couts contruction stade mondial 2018

Le nouveau stade de Kazan deviendra-t-il un éléphant blanc à la suite du Mondial 2018 ?

Si certains projets liés au développement économique à long terme de la Russie sont tombés à l’eau, il y a des sujets encore plus préoccupants au sujet de l’organisation du Mondial 2018. Alors que le problème des conditions de travail sur les chantiers n’a concerné jusqu’à présent que le Qatar, la Russie pourrait être la prochaine cible. Ainsi, le gouvernement russe aurait voté en 2013 un assouplissement de la loi sur les conditions de travail concernant les chantiers liés à la Coupe du Monde. Une loi qui permettrait certaines dérives même si aujourd’hui, peu de plaintes ont été recensées.

Du côté de la FIFA, on défend les autorités russes au sujet du vote de cette loi. Pour l’organisation internationale, cette dernière n’a nullement été votée pour dégrader les conditions de travail des employés œuvrant sur les infrastructures dédiées à l’organisation du Mondial 2018. « Il s’agit simplement d’aménager le cadre des conditions de travail des employés de la fédération internationale, des filiales de l’association, des prestataires de services de la FIFA, des diffuseurs hôtes de la fédération internationale. Il ne s’agit en aucun cas de dégrader les conditions de travail dans le cadre des travaux de construction liés à la Coupe du monde ou de l’ensemble des ouvriers du bâtiment en Russie » affirme ainsi Delia Fischer, porte-parole de la FIFA. Un avis qui n’est pas partagé par certaines ONG, qui craignent une dérive des conditions de travail en raison d’un plan d’économie visant à mieux contrôler les coûts générés par l’organisation du Mondial 2018.

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