Stratégie

Jean-Claude Dassier dévoile les coulisses de sa présidence à l’OM

Dans un livre intitulé Connivences et publié en octobre 2013, l’ex-patron de l’Olympique de Marseille délivre les coulisses de sa présidence au sein du club olympien durant les saisons 2009-10 et 2010-11. Si certains protagonistes occupant actuellement de hautes responsabilités au sein du club ne sont pas épargnés, il revient également sur certains points stratégiques et plusieurs maux se situant à la périphérie du foot business.

Apparaissant comme un homme robuste et direct, Jean-Claude Dassier laisse transparaitre la même image au sein de Connivences. Même s’il fait part de ses hésitations lors de l’exercice de la présidence de l’Olympique de Marseille, il se dégage à travers ses récits le portrait d’un homme déterminé.

Décrivant son aventure marseillaise de bout en bout (seul un chapitre restitue son parcours dans le monde des médias), Jean-Claude Dassier évoque les difficultés rencontrées lors de l’exercice du pouvoir à l’OM. Si aucun scoop n’est réellement dévoilé hormis sont salaire brut mensuel de 90 000 € ; des aspects stratégiques sont mis en avant afin de comprendre la difficulté de gérer un club de football au quotidien.

Jean-Claude Dassier démystifie la légende concernant la billetterie de l’OM

Au cours de son récit, le président de l’OM tient d’abord à démystifier certains sujets qui entourent la gestion de l’OM, notamment depuis le passage de Bernard Tapie. A plusieurs reprises, Jean-Claude Dassier assure que le milieu du grand banditisme marseillais n’exerce aucune pression ou quelconque influence sur le club. Sous son mandat, la direction du club a pu travailler sans aucune pression douteuse. Le président de l’OM devait seulement rendre des comptes à l’actionnaire majoritaire représenté par Vincent Labrune.

De plus, l’ex-boss de l’OM revient sur le mode de fonctionnement d’une partie de la billetterie de l’OM. Si la concertation du prix des billets en virage avec les représentants des différentes associations de supporters est toujours en vigueur au club (processus instauré par Bernard Tapie pour s’assurer une certaine tranquillité) ; les revenus de la billetterie rentrent bien dans les caisses du club. Quelques billets à la marge peuvent être revendus « au black », mais le club récupère l’intégralité de la recette issue de la vente des 18 000 billets des virages. Cependant, le club conçoit à faire un effort financier en maintenant des prix très attractifs (abonnement à hauteur de 145 € pour la saison).

Des conflits majeurs au sein de l’organigramme marseillais

Si le club ne souffre d’aucune influence extérieure malsaine, Jean-Claude Dassier se penche longuement sur les conflits incessants entourant la gestion du club. Une véritable guerre a vu le jour, mettant aux prises le directeur sportif du club José Anigo et l’agent de l’entraineur en place, Jean-Pierre Bernes. L’ex-président de l’OM s’aperçoit très rapidement que les intérêts des deux hommes divergent, créant une cassure entre Didier Deschamps et José Anigo.

dassier

Jean-Claude Dassier essaie d’arbitrer tant bien que mal le conflit opposant José Anigo à Didier Deschamps et Jean-Pierre Bernès, tout en ménageant les susceptibilités. Trois mois après son départ en 2011, le conflit éclatera au grand jour dans la presse.

En charge du secteur sportif, José Anigo souhaite imposer ses choix en matière de recrutement. De l’autre côté, Didier Deschamps veut également avoir le dernier mot concernant la politique de recrutement afin de mener à bien son projet sportif. Un climat de suspicion nait entre les deux hommes. Deschamps accuse ouvertement dans les couloirs du Vélodrome José Anigo de toucher des commissions occultes auprès de différents agents lors de la venue de certains joueurs à l’OM. De l’autre côté, Anigo soupçonne Deschamps de privilégier des joueurs de l’écurie de Jean-Pierre Bernes, son propre agent. Une lutte d’influence crée un véritable climat de malaise au sein du club.

Cette guerre éclatera au grand jour lors du départ de Jean-Claude Dassier. Mais elle a démarré dès la prise de fonction de Didier Deschamps en tant qu’entraineur. Dassier a même commis l’erreur – il l’avoue dans son récit– de proposer un poste à Jean-Pierre Bernes dans l’organigramme du club à son arrivée alors qu’il venait de confirmer José Anigo dans ses fonctions.

Dans son livre, Dassier explique également les divergences de point de vue que peuvent avoir un président et son entraineur. Didier Deschamps souhaitait recruter des joueurs confirmés, bénéficiant d’un gros salaire mais ayant déjà prouvé leur valeur dans d’autres clubs. Ce type de recrutement présentait l’avantage de donner des résultats immédiats. L’ancien entraineur phocéen ne comptait pas sur la formation, il voulait gagner des titres rapidement.

De l’autre côté, Dassier a voulu mettre un frein à cette politique très dépensière en matière de masse salariale et non saine sur le long terme. La masse salariale du club avait dépassé la barre des 100 millions d’euros en 2010-11 ! Et les joueurs âgés achetés ne peuvent représenter une plus-value à la revente. L’ancien patron de TF1 préférait alors miser sur de bons jeunes amenés à progresser à l’OM pour être revendus au bout de quelques saisons avec la réalisation d’une plus-value. Une stratégie qui s’avère moins ambitieuse sportivement mais beaucoup plus saine financièrement. Lors de l’amorce de sa troisième saison à la tête du club, Jean-Claude Dassier a également souhaité soulager la masse salariale du club suite à la baisse de revenus occasionnée par les travaux de modernisation du Vélodrome. Cette stratégie conduira Deschamps à le lâcher.

Si dans son ouvrage Jean-Claude Dassier pointe les divergences qui peuvent exister entre les logiques sportives et financières d’un club, où se superposent des luttes d’influences entre membres d’organigramme interne et hommes de réseaux ; il n’oublie pas de critiquer Vincent Labrune, actuel président du club. Dépeint comme un personnage mégalomane en manque de lumière médiatique, Dassier accuse Labrune d’avoir écrit le scénario de son éviction bien à l’avance. Les deux hommes doivent encore se retrouver devant les tribunaux pour régler le litige financier suite au limogeage de Dassier un an avant l’échéance de son contrat…

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