Stratégie

Le développement du foot féminin en France

Dernièrement, la FFF a mis en place un plan d’action afin d’accroitre la pratique et la notoriété du football féminin en France. Avec des résultats internationaux convaincants, le football féminin surfe sur une dynamique positive qui pourrait pousser de nombreux acteurs du football à se pencher sur le développement de l’activité féminine. Explications…

4ème aux dernières Olympiades et aux championnats du monde, l’équipe de France féminine a déçu lors du dernier Euro organisé en Suède l’été dernier. L’équipe de Bruno Bini a perdu en quarts de finale face au Danemark alors que la formation française était une des équipes favorites de la compétition. Bruno Bini a du démissionner après cette élimination précoce, mettant un frein à un axe du plan de féminisation élaborée par la Fédération Française de Football.

Si l’Euro 2013 n’a pas été une réussite sportive pour l’équipe de France ; le diffuseur des Bleues lors de l’épreuve est plutôt ravi du bilan. W9, qui a acquis les droits de l’équipe de France pour la compétition contre un versement de 800 000 €, a été ravie des scores réalisés par la formation de Bruno Bini. La chaine du groupe M6, qui avait soufflé les droits au diffuseur historique D8, a largement rentabilisé son investissement. Lors du quart de finale des Bleues contre le Danemark (22 juillet 2013), la chaine a enregistré une audience de 1,8 million de personnes soit 8% de PDA. La chaine s’est alors hissée au 4ème rang des audiences en prime time derrière M6, TF1 et France 2. Les matchs de poules ont également réalisé de bons scores avec 425 000 personnes devant France – Russie (3,7% de PDA) ; 1 071 000 personnes devant France – Espagne (4,7% de PDA) et 1 178 000 personnes devant France – Angleterre (5,6% de PDA). Si les Bleues avaient franchi l’obstacle danois, W9 était assuré de réaliser une audience supérieure à 2 millions de télespectateurs… Si les droits n’augmentent pas trop vite, il est évident que W9 investira de nouveau dans le foot féminin.

Le foot féminin : un nouveau marché à conquérir

Malgré les résultats convaincants de l’Equipe de France ainsi que de l’Olympique Lyonnais (7 fois champions de France consécutivement, 2 fois champion d’Europe) ; la France est tout de même à la traîne en matière de football féminin. La discipline compte environ 60 000 licenciées, dont 14 000 nouveaux membres acquis l’an dernier.

Brigitte Henriques, secrétaire générale à la FFF en charge du développement du football féminin espère rapidement franchir le cap des 100 000 licenciées. Aujourd’hui, la France est en retard par rapport aux nations de son standing dans l’élite du football féminin mondial. L’Allemagne, par exemple, a dépassé le cap du million de licenciées. Avec des populations moins nombreuses, la Suède comporte 180 000 licenciées, les Pays-Bas 124 000 ou encore la Norvège qui possède 110 000 licenciées. Et les chiffres sont dérisoires par rapport aux Etats-Unis et ses 7 000 000 de licenciées.

La FFF met un place un plan pour promouvoir le football féminin

Devant l’essor et l’engouement suscités par le football féminin, la Fédération Française du Football a décidé de mettre en place un plan articulé autour de 4 axes afin d’aider son développement. Les quatre piliers de ce plan sont les suivants : valoriser la place des femmes dans le football, devenir une nation de référence en termes de licenciées, jouer les premiers rôles au niveau européen et mondial et enfin innover en matière de formation.

Pour remplir le premier objectif, la Fédération compte augmenter la proportion d’effectif féminin de 10% par an au sein de chaque Ligue. En ce qui concerne le deuxième axe, la France veut rapidement franchir le cap des 100 000 licenciées. Pour cela, la FFF compte rapidement créer plus de 1 000 écoles féminines à travers la France. Pour cela, elle s’appuiera sur des moyens financiers alloués par son partenaire Carrefour. Le troisième objectif met en lumière la volonté de gagner rapidement un trophée international afin de dynamiser la croissance de ce sport. Enfin, le dernier objectif montre la volonté de créer une véritable DTN pour le football féminin afin de construire une stratégie cohérente en matière de formation.

brigitte henriques

Brigitte Henriques, secrétaire générale à la FFF, a initié la mise en place du plan de féminisation du football français.

Si la FFF met l’accent sur le football féminin, les clubs professionnels français commencent également à s’y intéresser. Le développement du football féminin offre une perspective de croissance non négligeable pour les clubs. L’Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas a été un précurseur en développant rapidement une équipe compétitive. Le PSG et l’ASSE possèdent également une équipe féminine évoluant en première division.

Pour les clubs, le défi est de séduire un nouveau public à fort potentiel. Aujourd’hui, les spectateurs de la Ligue 1 sont à 87% de sexe masculin. Le développement du foot féminin peut aider à conquérir un nouveau public, capable de s’intéresser aux deux disciplines. Les recettes de billetterie pourraient alors doublement s’accroître : augmentation du nombre de matchs (équipe masculine et féminine) et amélioration du taux de remplissage des matchs de l’équipe masculine grâce à la conquête d’une nouvelle cible. Outre la billetterie, le développement d’une branche féminine pourrait permettre à divers clubs d’engendrer des ressources supplémentaires tout en mutualisant de nombreux coûts (loyers ou crédits de stade, services administratifs…)

Plusieurs spécialistes du ballon rond, dont Frédéric Thiriez, pensent que la femme est l’avenir du football. Si le développement de la discipline ne fait que débuter en France, le football féminin offre de formidables perspectives de croissance pour l’ensemble du secteur. L’avenir s’annonce radieux pour le football féminin…

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