Economie

Les dirigeants de la FIFA ont-ils augmenté leur salaire ?

The Sunday Times nous apprenait la semaine dernière que les membres du comité exécutif de la FIFA avaient secrètement multiplié par deux leur salaire afin de contrer une suppression importante de primes. Depuis, la FIFA a peu communiqué sur le sujet…

L’hebdomadaire britannique The Sunday Times a révélé dans son édition du 22 juin que le comité exécutif de la FIFA avait secrètement doublé le salaire de chacun des membres sans en informer au préalable le Congrès. Preuves à l’appui – l’hebdomadaire s’appuie sur différents documents subtilisés à la FIFA au cours de l’enquête – le salaire moyen d’un membre du comité exécutif est donc passé de 73 500 € à 147 000 € par an.

Le comité exécutif de la FIFA est composé de 25 membres dont le président de l’institution, Sepp Blatter. Cette hausse ferait suite à un audit indépendant mené par Domenico Scala. Cet audit avait alors recommandé au comité exécutif de la FIFA de supprimer les primes additionnelles versées en fin d’année. Des primes qui pouvaient atteindre un montant de… 150 000 € par membre lors des années de Coupe du Monde.

Quelques mois avant le début de la Coupe du Monde, Domenico Scala avait fièrement annoncé la décision du comité exécutif de mettre fin au système de primes. Cependant, il n’avait pas prévu que cette décision serait suivie par une augmentation de 100% de la masse salariale du service.

En plus de cette décision, prise en secret sans aucune consultation du Congrès de la FIFA, The Sunday Times va plus loin en décrivant un procédé d’optimisation fiscale permettant aux membres d’alléger leur déclaration d’impôts. En effet, The Sunday Times révèle que la somme liée à l’augmentation serait versée en liquide au sein de comptes basés en Suisse et contrôlés par la FIFA. Une méthodologie qui permet de réduire la pression fiscale sur ce revenu additionnel.

La FIFA ne souhaite pas commenter ces allégations

Pour le moment, la cellule communication a peu réagi aux révélations effectuées par The Sunday Times. Dans un communiqué, Delia Fischer, porte parole de la FIFA a catégoriquement démenti les accusations de paiement de salaires en liquide. En revanche, en ce qui concerne l’augmentation des salaires du comité exécutif, elle botte en touche en déclarant qu’un rapport des comptes de la FIFA, consultable du grand public, est publié chaque année.

Delia Fischer

Delia Fischer, porte parole de la FIFA, n’a pas complètement démenti les révélations publiées dans le Sunday Times au sujet des augmentations de salaire du comité exécutif.

Si ce rapport existe bel et bien, il ne permet pas de lire avec transparence la masse salariale du comité exécutif. Cette dernière est englobée dans un poste de dépenses plus large, mêlant les salaires d’une multitude de hauts cadres de la FIFA. Entre 2012 et 2013, ce poste de dépenses a augmenté de 8% pour atteindre 26,6 millions d’euros.

Cette affaire tombe mal pour le président de la FIFA, Sepp Blatter alors que ce dernier a récemment laissé sous-entendre qu’il serait candidat à sa propre succession en 2015. Cette décision d’augmentation des salaires, prise en sous-marin sans consulter l’avis du Congrès, organe chargée du vote du prochain président de la FIFA, réinstaure un nouveau climat de suspicion envers l’actuel président de l’institution.

Après l’affaire de corruption autour de la désignation du Qatar pour l’attribution du Mondial 2022 – dossier au sein duquel Sepp Blatter a copieusement reporté la responsabilité sur Michel Platini, son principal concurrent dans la course à la présidence de la FIFA – la direction actuelle de la FIFA se retrouve à nouveau au milieu d’une affaire qui ne plaira pas aux sponsors et autres membres des différentes fédérations composant le Congrès.

Si l’augmentation de salaires ne représente pas une charge insupportable pour l’institution – elle sera compensée par l’arrêt des primes – la manière dont a agi le comité exécutif de l’institution pose question. Une affaire qui pourrait laisser des traces lors du prochain scrutin du Congrès, désignant le futur président de la FIFA. A moins qu’une campagne semée d’embuches ne dissuade Michel Platini de se présenter en tant qu’adversaire de l’actuel président suisse de la FIFA…

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