Economie

La Ligue 1 est-elle larguée financièrement par la Liga BBVA ?

Alors que le championnat espagnol de Liga domine les compétitions continentales depuis plusieurs saisons, la Ligue 1 peine à intégrer le Big 5 des championnats européens au classement des coefficients UEFA. Si les donnes économiques brutes peuvent expliquer cet écart de performances, d’autres facteurs contribuent à grossir les écarts de performance au sein de l’élite européenne…

Que manque-t-il aux clubs français pour obtenir les résultats européens de formations espagnoles ? Alors que l’an dernier, le FC Barcelone remportait la C1 tandis que le FC Séville gagnait son deuxième titre consécutif en C3 ; le PSG était éliminé en quart de finale de la Champions League par ce même FC Barcelone alors que l’EA Guingamp se faisait sortir en 16ème de finale de C3 par le Dynamo Kiev. Cette saison encore, la Liga est partie pour obtenir des performances bien supérieures aux clubs français en termes de résultats sportifs : le championnat espagnol compte encore trois clubs engagés en C1 et 4 représentants en C3 !

Régulièrement, les dirigeants des clubs français se plaignent des différences de moyens économiques pour expliquer cet écart de performances. Si cet argument ne peut tout expliquer, il donne tout de même quelques clés de lecture. Lors de la saison 2013-14, les clubs de Ligue 1 ont généré 1,5 milliard de chiffre d’affaires opérationnel contre 1,9 milliard d’euros pour la Liga BBVA. Si l’écart de 400 M€ ne parait pas si énorme, cela représente tout de même un chiffre d’affaires opérationnel supérieur de 20 M€ par club !

De plus, cette différence de recettes se traduit par un écart de performance accrue au sein de l’élite européenne en raison de l’intervention d’autres facteurs. Tout d’abord, le modèle de redistribution des recettes TV en Liga BBVA a favorisé pendant des années l’émergence de deux ogres pouvant s’installer au sommet de la hiérarchie européenne. Un élément sur lequel ont pu se reposer le Real Madrid et le FC Barcelone pour développer de véritables empires autour de leur marque. L’émergence de ces deux géants se traduit dans la répartition des recettes. Alors que les trois plus gros générateurs de recettes en L1 lors de la saison 2013-14 (PSG, ASM et OM) ont représenté 52% du CA opérationnel total du championnat, le ratio s’élève à 63% en Liga BBVA !

Outre les différences de recettes et de répartitions, les clubs de Liga BBVA évoluent également dans un contexte fiscal plus favorable leur permettant de posséder un avantage compétitif par rapport aux clubs de Ligue 1. Alors que l’écart brut de masse salariale chargée n’est pas si élevée, la part allouée aux charges est en revanche beaucoup plus importante en Ligue 1 ! La Liga BBVA peut donc mieux rémunérer ses joueurs à niveau salarial égal. Un élément qui contrarie beaucoup les dirigeants de Ligue 1.

Vers un accroissement des niveaux de revenus entre les deux championnats ?

Malheureusement, malgré l’émergence du PSG en Ligue 1, les écarts de revenus entre les deux championnats sont amenés à croître significativement dans les années à venir. Après s’être appuyé sur un système inégalitaire permettant de faire émerger deux poids lourds nationaux capables de se hisser au sommet de la hiérarchie européenne, la Liga a entamé la saison dernière une réforme importante visant à mutualiser la commercialisation des recettes TV. Un élément qui permet à la direction de la ligue espagnole d’obtenir une large réévaluation de ses droits TV domestiques et internationaux.

Pendant que la Liga entreprend les bonnes réformes pour améliorer sa compétitivité, la gouvernance du championnat français se débat dans des querelles de pouvoir interminables qui n’aident pas à améliorer la compétitive de la Ligue 1. De plus, la LFP a anticipé son appel d’offres de droits TV pour la période 2016-20 ce qui pénalise les droits TV du championnat de L1. La LFP n’a pu profiter de la concurrence croissante entre les opérateurs sur le marché hexagonal. Enfin, au niveau internationalisation, le PSG est actuellement trop seul dans le championnat pour susciter une croissance d’intérêt vertigineuse pour la Ligue 1 au sein des marchés émergents.

Néanmoins, la Ligue 1 possède tout de même un atout par rapport à ses rivaux de Liga. L’organisation de l’Euro 2016 a permis à de nombreux clubs de top niveau de bénéficier d’enceintes rénovées, leur permettant d’envisager des croissances importantes de recettes de billetterie et d’hospitalité. Sur ce terrain, la Liga possède un léger retard : le FC Barcelone n’a toujours pas bouclé le financement de son projet Espai Barça alors que le Real Madrid est englué dans une procédure judiciaire empêchant le démarrage des travaux… Voilà une note positive sur laquelle il faudra s’appuyer pour amorcer un rattrapage économique sur le rival espagnol !

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Source photo à la Une : © ESPNFC.com

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