Stratégie

L’élection pour la présidence de la FIFA est-elle jouée d’avance ?

Alors que les candidats à l’élection présidentielle de la FIFA rentrent dans la dernière ligne droite – le scrutin se tiendra le 29 mai 2015 – Sepp Blatter pourrait finalement être le seul candidat à sa propre succession. Ses adversaires rencontrent différents problèmes. Explications…

Alors que Jérôme Champagne se trouve en campagne depuis de nombreux mois afin de briguer la présidence de la FIFA à Sepp Blatter, ce dernier pourrait ne plus être dans la course à l’issue du 29 janvier 2015. Cette échéance correspond à la date limite du dépôt des 5 lettres de fédération recommandant la candidature officielle de tout postulant au poste de président de la FIFA, condition indispensable pour pouvoir se présenter lors du scrutin final.

Dernièrement, lors d’un entretien accordé à la BBC, Jérôme Champagne reconnaissait qu’il était plus aisé de réunir plus de 50 voix lors de l’élection présidentielle plutôt que d’obtenir les 5 lettres de recommandation de la part des fédérations. « Il y a beaucoup de craintes, parfois des pressions. Je suis en discussion avec de nombreuses fédérations afin de parvenir à réunir ces 5 lettres » a alors avoué le candidat français. Néanmoins, ce dernier n’a pas exclu le scénario catastrophe de ne pas parvenir à réunir les 5 lettres avant le 29 janvier.

Alors que Jérôme Champagne a longtemps officié aux côtés de Joseph Blatter au sein du comité exécutif de la FIFA, le Français s’est positionné comme le candidat réformiste lors de cette campagne. Attaquant ouvertement le fonctionnement des compétitions gérées par l’UEFA et plus globalement les disparités au sein du football européen – évoquant la construction d’un rideau de fer financier –  Jérôme Champagne a tenté de séduire les petites fédérations se sentant actuellement lésées par le fonctionnement des institutions footballistiques. Œuvrant ces dernières années pour de petites fédérations cherchant à légitimer leur présence – Chypre du Nord, Kosovo, Palestine – le parcours de Jérôme Champagne donne du crédit à son message.

Malheureusement, la défense des petits acteurs ne paie pas beaucoup. Ses attaques virulentes contre le fonctionnement du football européen lui assurent de n’obtenir aucun soutien de la part d’une fédération affiliée à l’UEFA. Au sein des autres organisations, les fédérations ne se bousculent pas pour l’aider à maintenir sa candidature.

Ali ben al-Hussein, seul rival de Sepp Blatter ?

Lors des dernières semaines, un troisième homme a émergé au sein de cette campagne. Il s’agit du prince jordanien Ali ben al-Hussein. Vice-président de la FIFA depuis 2011, il apparait également comme un candidat de la réforme même s’il a déjà exercé des fonctions importantes au sein de l’institution. Pour le moment, ce dernier n’est pas entré dans les détails de son programme mais il compte s’y employer au lendemain de l’homologation des candidatures.

Ali ben al-Hussein

Ali ben al-Hussein espère incarner le dynamisme de la jeunesse face au candidat Blatter.

S’il part avec une grosse longueur de retard sur Sepp Blatter, Ali ben al-Hussein pourrait néanmoins profiter du peu d’enthousiasme des fédérations européennes à l’idée de réélire une nouvelle fois Joseph Blatter à la tête de l’institution. En coulisse, Michel Platini, actuel président de l’UEFA, aurait encouragé en personne  Ali ben al-Hussein à se lancer dans le combat.

Si certaines fédérations européennes pourraient se laisser tenter par l’actuel vice-président de la FIFA, ce dernier a en revanche du mal à convaincre dans son propre camp. En effet, Ali ben al-Hussein n’est pas certain du tout d’obtenir le soutien de la Confédération Asiatique (AFC) et la Qatar a d’ores et déjà indiqué qu’elle soutiendrait Joseph Blatter lors des prochaines élections. Alors que les fédérations africaines et sud-américaines ne se sont pas encore réellement positionnées, la Confédération du Football d’Océanie (OFC représentant 11 voix) a également plaidé en faveur du candidat sortant.

Les deux challengers de Joseph Blatter partent avec un gros retard sur l’actuel président de l’institution. Leur infime chance d’élection réside dans la possibilité de réunir toutes les voix de l’UEFA, confédération manifestant le plus d’hostilité envers un nouveau mandat du président suisse à la tête de l’institution. Une perspective qui est déjà hautement improbable pour Jérôme Champagne dont l’unique combat actuel est de parvenir à réunir 5 lettres de fédération…

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