Stratégie

L’Espanyol Barcelone est-il un futur candidat aux places européennes ?

Empêtré dans les difficultés économiques au cours des dernières saisons, l’Espanyol Barcelone entrevoit un avenir radieux grâce à l’arrivée à sa tête d’un nouvel actionnaire chinois ayant promis d’importants investissements à court terme pour améliorer la compétitivité sportive du club barcelonais. Cela se traduira-t-il par une hausse des ambitions ? La direction exécutive du club l’affirme ouvertement…

Au cours des dernières années, l’Espanyol Barcelone vivotait financièrement. Dans l’ombre de son encombrant voisin barcelonais, l’Espanyol cherchait impérativement à se maintenir dans l’élite du football espagnol sous peine de disparaître devant le poids très important de son endettement. A la fin du dernier exercice, le club affichait encore une dette abyssale de l’ordre de 190 M€ dont 45 M€ de dettes fiscales !

Mais ce temps où les ambitions sportives étaient inexistantes semble révolu ! Depuis la fin d’année 2015, l’Espanyol Barcelone possède un nouvel actionnaire majoritaire capable de redonner un nouvel élan au club. En effet, la firme chinoise Rastar Group a investi quelques 17,8 M€ pour racheter 54% du capital social du club. Et le groupe chinois prévoit d’investir à court terme un montant total de 60 M€ pour rassurer les créanciers dont le Trésor Public et améliorer la compétitivité sportive du club.

Lors de leur arrivée à la tête du club, les nouveaux propriétaires ont affiché une volonté de se qualifier à court terme pour une qualification européenne. Une ambition qui est partagée par la direction exécutive du club et relayée par l’actuel président Ramon Robert. « Si nous parvenons à bien travailler, nous savons que nous atteindrons une qualification européenne d’ici 3 ans et nous aimerions devenir une formation se qualifiant régulièrement pour les compétitions continentales à l’avenir » a alors dernièrement indiqué le président de l’Espanyol.

Mais pourquoi un grand groupe industriel chinois a-t-il pris la décision d’investir dans une formation de Liga BBVA surendettée ? L’arrivée d’investisseurs asiatiques au sein du capital social d’un club de Liga BBVA est devenue un phénomène courant au cours des derniers mois. A l’été 2014, l’homme d’affaires singapourien Peter Lim n’a pas hésité à miser gros pour acquérir le club de Valencia CF. Et le groupe Wanda a acquis en 2015 20% du capital social de l’Atletico Madrid, club présentant également un lourd endettement.

« Tous les entrepreneurs savent qu’on ne gagne pas d’argent en investissant dans le football européen. Le bénéfice de cet investissement pour les groupes chinois réside dans le message passé auprès des autorités politiques du pays qui cherche à encourager le développement du football en Chine » indique alors le professeur Simon Chadwick.

Un avis qui n’est pas réellement partagé par Javier Tebas, patron de la LFP espagnole. « Ce n’est pas une bulle spéculative. Il y a un travail de développement de la notoriété de la Liga en Chine qui est actuellement en cours et qui marche. Il s’agit d’un marché extrêmement puissant » a alors commenté l’homologue de Frédéric Thiriez en Espagne. « Nous travaillons actuellement sur un business plan à 5 ans avec une vision précise de nos budgets, de nos dépenses et de nos recettes » surenchérit alors Ramon Robert, sous-entendant que Rastar Group ne sera pas un mécène capable d’investir sans limite dans le développement de l’Espanyol.

Si la politique menée par les plus hautes autorités chinoises encourage les investissements des entrepreneurs du pays envers le football européen, le ciblage des clubs de Liga n’a pas été réalisé au hasard. Tout d’abord, les nouvelles réformes réalisées par la direction de la Liga avec notamment la mutualisation des droits TV confèrent au championnat de belles perspectives de développement économique, notamment au sujet de la commercialisation des droits audiovisuels à l’international. Un retour sur investissement est alors envisagé de la part des nouveaux actionnaires asiatiques du championnat. De plus, les clubs de Liga possèdent une excellente réputation en matière de formation de joueurs : une caractéristique qui suscite un très haut niveau d’intérêt auprès des investisseurs chinois. Ces derniers posent régulièrement comme condition le développement d’un centre de formation en Chine pour valider leur entrée dans le capital social. En réalité, ils opèrent un transfert de savoir-faire afin d’aider leur pays à développer leurs compétences footballistiques.

La réussite du modèle d’exportation du savoir-faire en matière de formation et le maintien d’une hausse des droits audiovisuels du championnat espagnol devraient encourager à l’avenir d’autres sociétés chinoises à intégrer le capital social des clubs du championnat de Liga BBVA…

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Source photo à la Une : © RCD Espanyol de Barcelona SAD (Facebook)

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