Economie

Quelle est l’évolution des revenus sponsoring de Ligue 1 ?

Alors que les débats économiques s’attardent régulièrement sur les différentes hausses des droits TV du championnat, Ecofoot.fr a mené une étude sur l’évolution des recettes de sponsoring de Ligue 1 au cours des dix dernières années. Si les dirigeants du football français consacrent beaucoup de leur énergie pour développer les recettes télévisuelles du championnat, ce n’est malheureusement pas forcément le cas pour les revenus de sponsoring. Mais une évolution positive est initiée par les locomotives du championnat. Explications…

 Entre la saison 2004-05 et 2012-13, les revenus globaux de Ligue 1 ont augmenté de plus de 115%, passant de 696 M€ à 1501 M€. Cette hausse des revenus du championnat français est essentiellement due à l’accroissement des revenus des droits TV : alors que 424 M€ avaient été distribués aux vingt clubs de Ligue 1 en 2004-05, ils s’élèvent à 735,6 M€ en 2012-13 (toutes compétitions confondues).

 Si les revenus de Ligue 1 ont été multipliés par 2,15 durant la période étudiée, ce n’est pas le cas des revenus de sponsoring. Entre 2004-05 et 2012-13, les recettes provenant des sponsors et équipementiers ont seulement progressé de 38,8% (hors prise en compte du contrat particulier signé entre le PSG et QTA en 2012). Ainsi, les revenus de sponsoring sont passés de 142,7 M€ à 197,9 M€ sur la période.

revenus de sponsoring de Ligue 1

Clairement, cette source de revenus a souffert de la crise économique touchant l’ensemble de l’Union Européenne à partir de 2008. Lors de la saison 2007-08, l’ensemble des vingt formations de Ligue 1 parvenait à générer 191,8 M€, soit seulement 6,1 M€ de moins que lors de la saison 2012-13. Derrière cette saison 2007-08, la Ligue 1 connaitra plusieurs saisons de baisse de revenus sponsoring. C’est seulement en 2012-13 que la Ligue 1 parviendra à dépasser à nouveau les revenus générés en 2007-08.

L’hétérogénéité des situations en matière de revenus de sponsoring

Si globalement, la Ligue 1 a subi les remous de la crise économique de 2008 en matière de sponsoring, les situations sont très différentes suivant les clubs. Lors des quatre saisons s’étalant entre 2009 et 2013, les différents clubs de Ligue 1 ont connu des situations très différentes.

revenus de sponsoring 2009-13

Entre 2009 et 2013, les Girondins de Bordeaux ont connu une situation délicate avec une baisse de ses revenus de sponsoring à chaque saison. Globalement, sur la période, les Girondins ont perdu 13% de leurs revenus sponsoring, passant de 11,8 à 10,3 M€. Si la crise économique a joué son rôle, les Girondins ont surtout connu une baisse de rendement sportif. Alors que le club était champion de France en 2009 et disputait la Ligue des Champions, il navigue désormais entre la 4ème et la 7ème place du championnat. Un classement qui attire moins les annonceurs, le club disposant d’une exposition moindre dans les médias.

Durant cette même période, l’AS Saint-Etienne a également connu une baisse de ses revenus sponsoring de l’ordre de 23%, passant de 9,6 à 7,4M€. Pourtant, à l’inverse des Girondins, le club stéphanois n’a cessé de progresser sportivement durant la période étudiée. L’ASSE a subi de plein fouet la crise économique : en 2009, le club a du faire face au retrait de son principal sponsor, Konica Minolta, en raison des difficultés financières de l’entreprise nippone. Durant cette période, la direction stéphanoise n’est pas parvenue à trouver un accord aussi juteux que celui noué avec l’entreprise japonaise lors de sa remontée en Ligue 1.

A l’inverse, d’autres clubs parviennent à afficher de belles progressions entre 2009 et 2013. C’est notamment le cas du LOSC qui affiche une croissance de 145%, ses revenus ayant augmenté de 11,8M€ sur les quatre années étudiées. Le club a su profiter, lors de la saison 2012-13, de son entrée dans le nouveau stade associée à une qualification pour la Ligue des Champions pour accroitre significativement les revenus issus de ses partenariats.

Le LOSC n’est pas un cas unique de forte croissance même si les exemples sont rares compte tenu de la conjoncture économique. Le PSG est également un exemple de belle réussite. Hors revenus en provenance de son contrat signé avec QTA, la direction parisienne est parvenue à enregistrer une hausse de 71% des revenus de sponsoring entre 2009 et 2013, atteignant la somme de 35,2 M€ lors de l’exercice 2012-13. Les investissements sportifs audacieux de la nouvelle direction entrainent l’arrivée de nombreux partenaires commerciaux, désireux d’associer leur image à une équipe victorieuse. De plus, le PSG bénéficie d’une notoriété qui s’accroit significativement à l’international, un paramètre important permettant d’attirer de nouveaux partenaires commerciaux étrangers.

Quel avenir pour les recettes de sponsoring en Ligue 1 ?

Si les revenus de sponsoring sont peu évoqués par les dirigeants du football français, ils constituent un levier de croissance important pour la Ligue 1. De belles initiatives commencent à être mises en place, notamment par les grosses formations du championnat, pour optimiser cette source de revenus. Lors de son rapport prévisionnel de la saison 2013-14, publiée en avril par la LFP, cette dernière a annoncé un revenu de sponsoring à hauteur de 265 M€. Si cette prévision, s’avère juste, cela constituerait un véritable bond en avant par rapport à l’exercice précédent. Mais cette hausse serait essentiellement due au développement des revenus commerciaux de clubs comme le PSG ou encore l’AS Monaco.

Pour dynamiser cette source de revenus pour l’ensemble des formations du football professionnel français, l’UCPF a pris les devants en annonçant en avril dernier son plan de mutualisation des espaces de communication des clubs de Ligue 1. Le syndicat des clubs professionnels a noué un partenariat avec l’agence Omnicom Media Group pour vendre conjointement les différentes espaces publicitaires proposés par les clubs professionnels français. En proposant cette mesure, Bruno Belgodère, directeur financier de l’UCPF, espère doper les revenus sponsoring de l’ensemble des clubs de Ligue 1 en intégrant plus facilement leurs espaces de communication dans le plan média des grandes entreprises françaises et étrangères. Les espaces de communication des clubs de football deviendraient alors un média à part entière au même titre que la presse écrite ou encore la télévision. Dix-neuf clubs professionnels français ont adhéré au projet mais, pour le moment, il ne séduit pas les grosses cylindrées du championnat (PSG, ASM, Bordeaux…).

Outre la centralisation des espaces de communication, d’autres clubs ont effectué le choix de l’optimisation des espaces numériques. C’est notamment le cas de l’OL qui a dernièrement mis en place des opérations sur les réseaux sociaux en compagnie de son partenaire commercial Hyundai. Mais le club compte aller plus loin : grâce à la livraison de son stade connecté lors de la saison 2015-16, l’OL espère générer un surplus de revenus estimé à 70 millions d’euros par an.

Si les revenus de sponsoring ont souffert à cause de la conjoncture économique lors des dernières années, ils possèdent un potentiel de croissance important pour les différentes formations de Ligue 1. La conquête de notoriété du championnat à l’étranger, la mise en place de nouveaux dispositifs numériques et la centralisation de la commercialisation de certains espaces auprès d’agences spécialisées devraient permettre d’accroitre significativement cette source de revenus. Des optimisations qui permettront au championnat de rattraper son retard la Premier League, leader européen dans la génération de revenus de sponsoring.

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