Economie

Comment sont financés les travaux de modernisation des stades de l’Euro 2016 ?

En vue de l’accueil de l’Euro 2016, la France a lancé un vaste plan de modernisation de ses enceintes afin de satisfaire au mieux le cahier des charges imposé par l’UEFA pour organiser l’événement. Comment sont financés les travaux engagés pour les différentes enceintes ? Ecofoot.fr mène l’enquête…

Dans un document intitulé « Financement de la construction et de la rénovation des stades pour l’EURO 2016 », le gouvernement français décrit les modes de financement envisagés pour réaliser les travaux de modernisation des différentes enceintes. Au total, neuf enceintes sur les dix stades retenus sont concernées par des financements publics. Seul le Stade de France – où aucun aménagement d’envergure n’a été envisagé – ne recevra pas de subventions liées à l’événement.

Validé par la Commission Européenne, le plan de financement envisagé par le gouvernement français prévoit un investissement direct de l’Etat de l’ordre de 152 millions d’euros. En plus de cet investissement, les collectivités locales s’engagent à financer 384,2 millions d’euros de travaux.

financement global modernisation stades euro 2016

Ainsi, l’aide publique directe s’élève donc à 536,2 millions d’euros sur un investissement total estimé à 1 423 millions d’euros. A cela, il est nécessaire de rajouter les prêts consentis ou cautionnés par les collectivités locales : un prêt de 11 millions d’euros a été accordé par les collectivités concernant la rénovation du Stade Bollaert de Lens. Dans le cadre du financement du stade des Lumières, les collectivités locales se portent garants d’un emprunt de 150 millions d’euros contracté par OL Groupe. Enfin, l’organisme public CDC prête 32 millions d’euros à OL Groupe pour finaliser le financement de l’enceinte.

L’effort financier des collectivités locales pourrait être plus important

Les aides accordées directement par l’Etat se sont essentiellement concentrées sur cinq enceintes. Ainsi, l’Etat  a octroyé une enveloppe maximale de 28 millions d’euros à trois enceintes (Bordeaux, Marseille et Lille). Une enveloppe de 20 millions d’euros a également été attribuée à deux autres stades (Nice, Lyon). Le stade du RC Lens bénéficiera d’une aide de 12 millions d’euros. Geoffroy-Guichard a perçu une aide de 8 millions d’euros. Enfin, Toulouse bénéficie d’une enveloppe de 6 millions d’euros et le Parc des Princes doit se contenter d’une somme de 2 millions d’euros.

Si l’aide de l’Etat est précieuse, la plus grosse partie du financement public est supportée par les collectivités locales. Certaines d’entres elles ont réalisé de gros efforts pour boucler l’investissement. Grâce à l’appui des collectivités, deux stades bénéficient d’un financement 100% public : Geoffroy-Guichard et le Stadium de Toulouse.

financement initial par stade EURO 2016

Cependant, l’effort pourrait s’avérer encore plus conséquent : dans la majorité des cas, les travaux de construction ou de modernisation des enceintes ont été réalisés dans le cadre de partenariats public-privés. Ainsi, le reste à charge (montant non financé par les aides publiques) est avancé par le constructeur en charge des travaux. Une concession est alors accordée et les collectivités locales verseront une rente annuelle couvrant le reste à charge sur le financement initial et les frais d’entretien de l’enceinte. Les collectivités doivent alors trouver des solutions pour monétiser l’utilisation de l’enceinte afin de diminuer sa facture annuelle.

Certaines collectivités ont alors décidé de faire supporter une grosse partie de la rente annuelle à leur club résident. C’est le cas à Marseille avec la rénovation du Vélodrome. Alors que les collectivités locales ont accepté de financier une aide initiale importante (102,5 millions d’euros) ; la ville ne souhaite pas supporter seule le paiement annuel de 12 millions d’euros au constructeur Arema. La ville a alors fixé un loyer compris entre 8 et 10 millions d’euros à son club résident, l’Olympique de Marseille, afin de ne pas supporter l’intégralité du coût des travaux. Une décision qui provoque une situation de crise entre le club et la ville.

Dans la majorité des cas, le loyer payé par le club résident ne suffit pas à couvrir le montant total de la redevance due au constructeur. C’est notamment le cas à Lille où le loyer versé par le LOSC (entre 4 et 5 millions d’euros) ne suffit pas à payer la note annuelle estimée à près de 9 millions d’euros. Un temps envisagé, la solution du naming de l’enceinte a pourtant été temporairement abandonnée par la municipalité.

Ainsi, l’investissement des collectivités locales risque d’être supérieur aux montants indiqués dans le rapport de Financement de la construction et de la rénovation des stades pour l’EURO 2016. La France devra alors fournir un nouveau rapport à l’Union Européenne en réajustant le montant exact des aides octroyées aux différentes enceintes de l’Hexagone.

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