Economie

Les finances de l’ASSE sont au vert

Au bord de la crise financière à l’issue des exercices 2008/09 et 2009/10, l’AS Saint-Etienne a réussi une très belle mutation pour retrouver aujourd’hui des comptes positifs. Cette transformation s’est effectuée sans perte d’ambitions. Explications…

Après un exercice 2007/08 conclu avec brio à une très belle 5ème place, l’ASSE entame un nouveau cycle qui doit conduire le club vers les sommets. Qualifié pour la coupe UEFA (ancien nom de l’Europa League), les dirigeants stéphanois décident de conserver l’intégralité de leur effectif en renégociant les contrats à la hausse. Les Verts démarrent une campagne inflationniste des salaires qui s’achèvera en 2010. Gomis double son salaire pour passer à 200 000 € nets par mois. Payet et Landrin en profitent pour avoir également une revalorisation salariale en cours de saison. L’ASSE pratique également à quelques retouches de l’effectif avec l’arrivée majeure de l’attaquant international belge Mirallas en provenance de Lille pour près de 4 millions d’euros.

Signature de Kevin Mirallas à l’ASSE lors des dernières heures du mercato

La saison 2008/09 sera un véritable flop sportif et les comptes virent à l’orange. Conclu à une sombre 17ème place avec un maintien arraché lors de la dernière journée, l’ASSE n’a pas tenu les promesses de la saison précédente. L’entraineur Laurent Roussey a été débarqué en cours de saison avec une lourde indemnité à la clé. Alain Perrin, son successeur a été nommé avec le 4ème salaire des entraineurs de Ligue 1. Un nouveau directeur sportif en provenance de Tottenham est nommé : Damien Comolli.

La saison 2009/10 s’avère pathétique et les comptes finissent dans le rouge. Lors de l’intersaison, l’ASSE avait encore fait gonfler sa masse salariale atteignant 32 millions d’euros soit la 4ème masse salariale de ligue 1. Certes, l’ASSE a transféré son plus gros salaire, Bafé Gomis (2,4 M par an) à Lyon pour 15 millions d’euros. Mais les deux remplaçants Bergessio et Sanogo compensent largement ce départ. De plus, l’ASSE prend des risques sur le marché des transferts en réalisant des opérations onéreuses (Gelson Fernandes pour 3M, N’Daw pour 4M, Bergessio pour 6M, Sanogo pour 4M…). Avec tout ce beau monde, Sainté ne finira pas mieux que 17ème et premier non relégable.

1er match de Sanogo sous les couleurs de l’ASSE face à Boulogne sur Mer

Le virage 2010/11

En milieu d’exercice 10/11, les Verts décident de changer d’organigramme. Alain Perrin est débarqué et il est remplacé par son adjoint Christophe Galtier beaucoup moins gourmand en salaire. Vincent Tuong Cong, directeur financier du club depuis la remontée est licencié. Et le directeur sportif Damien Comolli est mis au placard. Il partira en début de saison 10/11 pour Liverpool. Au niveau de la présidence, Roland Romeyer devient le véritable patron du sportif. Alain Caiazzo prend de son côté la tête du conseil de surveillance et s’occupe des décisions de long terme pour le bien du club.

Lors du mercato estival, Sainté se contente de dégraisser son effectif : Mirallas, Ndaw, Gelson, Bergessio, Dernis… sont vendus ou prêtés à divers clubs. Le recrutement se réalise en toute sobriété : Battles, Bocanegra, Ebondo et Marchal arrivent pour presque 0 euro dépensé. Le renouveau sportif est au rendez-vous avec une éphémère 1ère place en cours de saison et un exercice terminé à la 10ème place. Des jeunes commencent à pointer le bout de leur nez comme Nery, Ghoulam, Rivière ou encore Guilavogui. L’ASSE amorce un tournant : le club veut devenir une référence dans la formation. Cette nouvelle politique est dictée par Dominique Rocheteau, devenu conseiller du président Romeyer.

Emergence de Joshua Guilavogui dans son club formateur

Le nouveau salary cap de l’ASSE

Après un bilan revenu à l’équilibre, les dirigeants stéphanois décident d’aller plus loin dans leur politique managériale lors de l’exercice en cours. Une nouvelle grille de salaires est mise en place. Un « top » player de l’ASSE ne pourra plus gagner au-delà de 90 000 € mensuel en salaire fixe. Mais diverses primes seront accordées en fin de saison : prime de temps de jeu et prime de classement. Ces primes permettent de souder une équipe tout en stimulant la concurrence pour jouer.

La mise en place de cette nouvelle grille a été possible grâce au renouvellement important de l’effectif. Les cadres tels que Payet, Matuidi ou encore Rivière sont partis. Les nouveaux arrivants ont accepté de jouer le jeu. Seuls Frau et Hadji, courtisés par l’ASSE cet été, n’ont pas voulu adhérer à ce système au mérite.

Mais un « top » player peut retrouver rapidement un salaire de gros club en cas de bonnes performances. En cas de 8ème place, un joueur comme Stéphane Ruffier, gagnant actuellement 90 000 € par mois, pourrait se voir accorder une rallonge équivalente à 30 000 € par mois. Et cela pourrait devenir encore plus intéressant en cas de place européenne.

Stéphane Ruffier a accepté les nouvelles conditions salariales de l’ASSE

Ce nouveau système a permis à l’ASSE de réduire sa masse salariale de 37,5% en deux ans. Désormais, elle ne représente plus que 20 millions d’euros. En cas de bonne position à la fin de la saison, cette masse salariale devrait grossir mais les revenus devraient être plus importants. Ce qui augure une campagne de recrutement alléchante pour le club du Forez… Mais attention à ne pas retomber dans les travers récents…

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