Economie

Quels sont les moyens financiers de la Super League Suisse ?

A quelques jours de l’opposition France – Suisse, Ecofoot.fr a décidé de faire un focus économique sur le championnat de Super League. Un championnat qui a réussi à créer des conditions favorables à la mise en place d’une politique de long terme dont la Nati en récolte les fruits aujourd’hui. Explications…

A l’issue de la saison 2013-14, la Raiffeisen Super League, championnat de première division helvète, ne progressera pas dans la hiérarchie européenne. Au niveau des classements UEFA, le championnat pointe toujours au 13ème rang lui permettant d’envoyer cinq clubs en compétition européenne dont deux formations ayant accès aux tours préliminaires de Ligue des Champions.

Malgré cette stagnation cette saison, le niveau du championnat suisse ne cesse d’augmenter. En 2010-11, le championnat ne figurait à l’époque qu’au 16ème rang UEFA. Lors de la saison 2013-14, la Super League suisse a récolté plus de points UEFA (7,200) que le championnat grec (6,100), turc (6,700), belge (6,400) ou encore néerlandais (5,916). A ce rythme, la Super League Suisse pourrait rapidement intégrer le top 10 européen.

Cette ascension dans la hiérarchie européenne de la Super League Suisse est surtout due à son club phare, le FC Bâle. Le club bâlois, qui a remporté les cinq dernières éditions du championnat, est parvenu cette saison à se hisser en quart de finale d’Europa League. Le club n’en est pas à son coup d’essai sur la scène européenne : l’an dernier, il était parvenu à atteindre les demi-finales de la C3 en éliminant le club de Premier League Tottenham au tour précédant. Et en 2011-12, le FC Bâle est également parvenu à sortir de la phase de poules de la Ligue des Champions en devançant notamment Manchester United.

La Super League Suisse bénéficie de peu de moyens

Malheureusement, les résultats du FC Bâle font figure d’exception sur la scène européenne. Les autres clubs suisses ne parviennent pas à imiter l’exemple bâlois. Cela s’explique essentiellement par la faiblesse des moyens dont disposent les formations du championnat.

Le FC Bâle, club suisse disposant des recettes les plus importantes, dispose d’un budget de 55 millions de francs suisses soit 45 millions d’euros. Cela correspond au budget du Stade Rennais en Ligue 1. Dans le championnat suisse, seuls les Young Boys Berne s’accrochent aux moyens financiers bâlois en disposant d’un budget de l’ordre de 40 millions d’euros. A l’opposée, le club du FC Thoune possède un budget de 5 millions d’euros, équivalent à un petit club de Ligue 2.

La faiblesse des revenus du championnat suisse provient essentiellement des droits TV. Alors que ses concurrents européens perçoivent des revenus conséquents (représentant environ 60% des revenus des formations de Ligue 1), la Super League Suisse ne touche que 23 millions d’euros par an grâce aux diffuseurs locaux. Ainsi, les droits TV ne constituent en moyenne que 5% des revenus des clubs helvètes de l’élite.

Les revenus en provenance du sponsoring constituent une source de financement bien plus importante. Elle est évaluée à 65 millions d’euros. Cependant, elle est très inégalement répartie au sein du championnat. Grâce à ses différents partenariats (Novartis, Adidas, Pirelli, Volkswagen…), le club du FC Bale concentre à lui seul 16,5 millions d’euros de revenus sponsoring par an.

Au niveau de la billetterie, les clubs suisses ne peuvent également compter sur une ferveur populaire importante. L’affluence moyenne lors de la saison 2013-14 se situe autour de 11 000 spectateurs. Une nouvelle fois, seul le FC Bâle s’en sort bien avec une affluence moyenne supérieure à 27 000 spectateurs et un nombre d’abonnés tournant autour de 24 000 personnes.

La Ligue Suisse a mis en place des conditions favorables au développement du championnat

Hormis le FC Bâle qui dispose d’un budget comparable à un club moyen de Ligue 1, les clubs suisses souffrent d’un manque de moyens financiers. Malgré cela, la ligue suisse a mis en place des conditions favorables permettant aux formations de favoriser leur développement.

En effet, dans son fonctionnement, le championnat suisse s’apparente à une ligue fermée. Le championnat de Super League n’est constitué que de dix formations et seule une équipe descend au niveau inférieur à l’issue de la saison. Ce système avec peu de formations permet une redistribution plus généreuse des revenus générés par le championnat (notamment des droits TV). Elle permet également aux clubs de bénéficier d’une assez grande stabilité leur permettant d’initier des stratégies de long terme.

Ainsi, de nombreux clubs suisses de Super League ont concentré leurs efforts et leurs investissements sur la formation afin d’optimiser leur développement. Aujourd’hui, cette orientation initiée il y a une quinzaine d’années porte clairement ses fruits : la Suisse est la cinquième nation présentant le plus grand nombre d’expatriés au sein des championnats du top 5 européen (Liga BBVA, Premier League, Bundesliga, Serie A, Ligue 1). 40 joueurs de nationalité suisse évoluent au sein de ces championnats. La Bundesliga et la Serie A sont les deux destinations privilégiées des jeunes joueurs suisses.

Cette politique orientée vers la formation se traduit également en chiffres au sein du championnat helvète. Lors de l’édition 2013-14, les effectifs de Super League étaient composés en moyenne de 29,5% de joueurs formés au club. Ce taux est important par rapport à la moyenne européenne (21,2%). L’âge moyen des joueurs du championnat (25,28 ans) est également inférieur à la moyenne européenne (25,82 ans).

Marco Streller

L’avant-centre de 33 ans du FC Bâle, Marco Streller, fait figure d’exception au sein d’un championnat où la moyenne d’âge est de 25,28 ans

La Super League Suisse est donc devenue un championnat formateur dont les meilleurs éléments viennent alimenter les championnats majeurs européens. Cette stratégie profite à la sélection nationale, la Nati, qui possède une génération capable de jouer un rôle d’outsider en Coupe du Monde. Enfin, elle permet aux clubs de générer des revenus supplémentaires. Ces dernières années, des joueurs comme Shaqiri, Inler ou encore Seferovic ont quitté leur club formateur suisse (Bâle, Fc Zurich, Grasshopper Zurich) contre une indemnité de plusieurs millions d’euros. Des sommes qui alimentent le développement du championnat…

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