Economie

Le football brésilien est-il surendetté ?

Pour conserver les stars nationales et attirer des joueurs européens, de nombreux clubs brésiliens vivent au-dessus de leurs moyens. Les recettes ne suivant pas le rythme des dépenses ; de nombreux clubs brésiliens doivent réformer leur politique financière rapidement sous peine de déposer le bilan.

La dette cumulée des 20 clubs de première division brésilienne a dépassé le triste montant de 2 milliards d’euros. Celle-ci a explosé ces dernières années avec une forte augmentation des masses salariales au sein des clubs, suivi d’un excédent de la balance des transferts qui s’est très nettement réduit. La hausse du niveau du championnat brésilien a coûté très cher aux propriétaires de club. Santos FC a consenti à d’énormes efforts financiers pour retenir le plus longtemps possible sa petite pépite Neymar.

Sur les 2 milliards d’euros cumulées ; 1,4 milliard doit être remboursé au fisc brésilien. Ne pouvant assumer leurs trains de vie, les clubs ont tout simplement omis de payer leurs différents impôts et charges sociales envers l’Etat brésilien. Une situation qui n’est pas forcément inédite puisque de nombreux clubs de Liga dont le FC Barcelone possèdent des dettes importantes envers l’Etat espagnole.

Diverses rencontres sont prévues entre les dirigeants des clubs brésiliens et les membres du Ministère des Sports

Près de 50% de la dette fiscale détenue par le championnat brésilien est concentrée au sein de 5 clubs : Botafogo (153,5 M€), Fluminense (120,7 M€), Vasco de Gama (120,4 M€), Atlético-MG (113,7 M€) et Flamengo (105,9 M€). Et cette dette ne cesse de croître d’année en année, à un rythme supérieur à l’inflation. Celle-ci ne représentait « que » 900 millions d’euros en 2010.

Le gouvernement brésilien tente de réagir face à cette situation insoutenable. D’autant que les investissements publics sont très importants afin d’accueillir correctement la prochaine édition de la Coupe du Monde. Contrairement à l’Espagne qui a adopté une méthode radicale en posant un ultimatum à ses clubs, l’Etat brésilien utilise encore la négociation directe avec les dirigeants afin d’avoir une chance de revoir leur argent.

Les clubs brésiliens réclament un effacement de leurs dettes fiscales

En réalité, le gouvernement présidé par Dilma Roussef est conscient qu’il ne reverra jamais l’intégralité des sommes dûes. La situation financière de certains clubs est trop préoccupante et il n’est même pas envisageable d’établir un échéancier de remboursement. Contre l’effacement d’une partie de la dette fiscale, l’Etat brésilien propose aux clubs de s’engager dans des actions sociales en vue des deux prochains événements sportifs majeurs qui se tiendront au Brésil. Soucieux de leur santé économique, les clubs négocient des effacements importants de leur dette afin de respirer financièrement.

botafogo seedorf

Botafogo a fait le choix de payer le salaire de sa star Clarence Seedorf plutôt que ses charges sociales.

En marge de ces négociations menées au cas par cas, le gouvernement planche sur une réforme de son championnat afin d’éradiquer les dérives financières. La principale mesure qui devrait être adoptée est une loi interdisant les fonds d’investissement ou les entreprises déconnectées du football de posséder les droits économiques et fédératifs des joueurs.

En appliquant cette mesure, le gouvernement brésilien compte diminuer les commissions versées à des sociétés troubles lors des mutations des joueurs au détriment des clubs. Egalement, cela ouvrira plus largement le marché des joueurs brésiliens aux clubs européens. Aujourd’hui, la constitution d’un réseau au Brésil est obligatoire pour pouvoir recruter sur ce marché. Le transfert de Neymar opéré par le FC Barcelone en est le meilleur exemple. Ainsi, grâce à cette loi, le marché brésilien sera bien plus ouvert et les clubs devraient retrouver une balance des transferts largement excédentaire envers les clubs européens.

Si le gouvernement brésilien réagit tard et de manière douce, il adopte des mesures intéressantes qui devraient aider les clubs à faire baisser leur train de vie excessif. Mais il est peu probable que l’Etat perçoive l’ensemble des dettes qui lui sont dues. Le cadeau fiscal qui sera consenti aux clubs brésiliens ne fera pas plaisir au peuple qui préfère des investissements dans des secteurs tels que la santé ou l’éducation plutôt que le sport.

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