Economie

Le football grec contaminé par la crise

Il y a tout juste un an et demi, Ecofoot.fr dressait un constat sur le football grec. A l’époque, le football hellène n’était pas encore complètement touché par cette crise sans précédent. Aujourd’hui, la situation a changé et le football grec peine à sortir la tête de l’eau à l’image de son économie…

Avec une dette publique supérieure à 150% du PIB du pays, la Grèce connait une crise financière sans précédent. Depuis 2009, le pays vit une période d’austérité économique drastique imposée par l’Union Européenne et le FMI.

Cette austérité économique – condition indispensable pour que l’UE et le FMI débloque des fonds pour aider le pays – provoque une instabilité politique importante. Le peuple grec se sent lésé par ses précédents dirigeants et une montée de l’extrême droite avec le parti politique Aube Dorée est perceptible dans le pays.

Dans un premier temps plutôt épargné par la crise économique, le football grec est aujourd’hui pleinement touché. Les clubs de la péninsule hellène sont touchés sous deux angles :

  • La forte augmentation du chômage et les baisses drastiques des revenus dans la fonction publique entrainent une forte baisse du pouvoir d’achat des Grecs. Même si le football est une religion dans la péninsule, les différents clubs ont dû baisser les prix des billets. Les revenus issus des droits TV sont également en forte baisse. Les clubs grecs engendrent moins de revenus.
  • Les clubs ne bénéficient plus du laxisme fiscal de l’Etat Grec. Désormais, les clubs doivent rembourser les sommes impayées qui datent de plusieurs années. Cette dette publique est souvent couplée à des dettes privées contractées auprès de différents établissements bancaires dans la péninsule. Ils doivent impérativement rembourser leurs créances.

L’AEK Athènes dans une situation dramatique, le Panathinaikos en proie à de grosses difficultés

Les clubs grecs se retrouvent dans une situation extrêmement préoccupante. Ils doivent faire face à une baisse des revenus conjuguée à un remboursement d’un train de vie trop onéreux durant les années passées.

La saison écoulée de l’AEK Athènes, troisième club le plus titré de Grèce, est le symbole d’un football malade. Durant la dernière intersaison, le club a dû se séparer d’une vingtaine de joueurs dont ses meilleurs éléments (Gudjohnsen, Vargas, Kafes, Klonaridis…). Malgré les efforts financiers, le club n’est pas autorisé par l’UEFA à prendre part à l’Europa League. Pour compenser les départs, le club fait appel à son vivier de jeunes joueurs.

L’AEK Athènes se retrouve dans cette situation car le club croule sous les dettes. Il doit 35 millions d’euros à différents établissements bancaires et surtout 170 millions d’euros à l’Etat Grec ! Pendant des années, le club n’a pas payé ses impôts et n’a pas reversé les charges sociales. Mais la cure d’austérité arrive à un moment où son stade n’a jamais autant sonné creux et où l’effectif n’a jamais été aussi pauvre. Une spirale infernale est créée.

stade aek athènes vide

Le stade de l’AEK Athènes n’aura jamais sonné aussi creux que cette saison avec une affluence moyenne de 9 000 spectateurs contre une capacité de 70 000 places.

L’an prochain, l’AEK évoluera en deuxième division. Le club a achevé la saison régulière au quinzième rang, soit l’avant-dernière place. Cela entrainera une nouvelle baisse des revenus… alors qu’il faudra toujours rembourser les dettes. Le club compte déjà déménager de stade et de centre d’entrainement pour diminuer les frais. Mais la faillite de l’AEK n’est plus très loin…

De son côté, le Panathinaikos n’est pas dans une situation très confortable non plus. En novembre dernier, le président de la société gestionnaire du stade Olympique Petros Galaktopoulos a demandé à ce que les matchs du Panathinaikos soient joués l’après-midi afin de réduire la facture d’électricité du stade…

Aujourd’hui, le club aux 20 titres de champion de Grèce, doit faire face au remboursement d’une lourde dette. Sixième de la dernière saison, les Verts ne pourront compter sur les revenus de la Champion’s League comme bouffée d’oxygène. Le club risque de se séparer de ses meilleurs éléments. A moins que le club trouve un actionnaire puissant capable de mettre beaucoup d’argent dans le club. Des rumeurs ont un temps circulé sur la reprise du club par des hommes d’affaires saoudiens. Mais un audit des finances du club les a clairement refroidis.

L’Olympiakos et dans une moindre mesure le PAOK semblent être les deux seuls clubs épargnés par les déboires financiers. Tout le championnat compte sur ces deux clubs pour au moins maintenir l’indice UEFA de la Grèce. Pour les autres clubs, l’avenir à court terme semble aussi sombre que celui du pays.

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