Stratégie

Le football connait-il réellement une hausse de popularité aux Etats-Unis ?

L’effervescence du public américain envers le parcours de leur sélection nationale lors de la Coupe du Monde 2014 a surpris beaucoup de monde au sein des hautes sphères du ballon rond. Un engouement qui n’est pas passé inaperçu, suscitant de vives réactions auprès des membres du comité exécutif de la FIFA. Mais quel est le niveau réel de cet engouement ? Ecofoot.fr s’est penché sur la question…

Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA, s’est déclaré impressionné par l’engouement suscité par la Coupe du Monde 2014 aux Etats-Unis : « Ce que nous avons vu est incroyable. Un grand engouement s’est emparé des Etats-Unis, avec des audiences télévisées record, qui ont même dépassé celles de la NBA » a-t-il alors commenté la veille de l’élimination de la sélection américaine face à la Belgique.

En effet, les audiences TV ont été au rendez-vous du côté des Etats-Unis. Le record du nombre de téléspectateurs pour un match de football a été atteint lors de la diffusion de la rencontre Etats-Unis – Portugal. L’affiche a attiré au global 24,7 millions de téléspectateurs : 18,2 millions d’entre eux ont suivi le match sur ESPN et 6,5 millions de téléspectateurs ont choisi de regarder la rencontre sur le diffuseur hispanique Univision. Cette affiche a largement battu le précédent record de téléspectateurs pour un match de football datant de la Coupe du Monde 2010 avec la retransmission du huitième de finale Etats-Unis – Ghana (19,4 millions de téléspectateurs).

Curieusement, le record n’a pas été atteint lors du huitième de finale opposant la sélection américaine à la Belgique. L’horaire du match n’a pas permis de rassembler le plus grand nombre de téléspectateurs mais la rencontre constitue tout de même un record de part d’audience pour un match de football aux Etats-Unis. Malgré l’horaire, l’institut Nielsen a tout de même mesuré une audience de 21,6 millions de téléspectateurs (16,5 millions pour ESPN et 5,1 millions pour Univision). Une mesure qui ne prend pas en compte les téléspectateurs visionnant la rencontre au bureau.

Un engouement mesurable sur les canaux digitaux

La hausse d’intérêt des Etats-Unis envers le football n’est pas uniquement mesurable au niveau des audiences TV. Les canaux digitaux permettent également de mettre en évidence ce comportement. Ainsi, le géant des moteurs de recherche Google enregistre une volumétrie multipliée par deux de la requête « World Cup » en provenance des Etats-Unis entre juin 2010 et juin 2014.

indice google world cup états-unis

L’effervescence est également palpable sur les réseaux sociaux. La rencontre opposant les Etats-Unis à la Belgique a enregistré plus de 9,1 millions de tweets sur le réseau social de microblogging. La majorité des tweets provenait des Etats-Unis. A l’heure actuelle (article rédigé avant le début des quarts de finale), il s’agit du troisième match ayant enregistré le plus grand nombre de tweets derrière les oppositions Brésil – Croatie (match d’ouverture de la Coupe du Monde) et Brésil – Chili.

Sur Facebook, le sujet est également très évoqué aux Etats-Unis. Le pays se classe au deuxième rang en nombre d’interactions (avant le début des quarts de finale), devancé uniquement par le pays hôte (Brésil). La rencontre Etats-Unis – Belgique a généré 21 millions d’interactions sur le réseau social. Une nouvelle fois, l’essentiel des interactions a été réalisé par des comptes américains. Bien évidemment, cette présence massive des Etats-Unis sur les réseaux sociaux s’explique également par un taux de pénétration très important des réseaux Facebook et Twitter au sein de la population.

L’engouement américain est-il si important ?

Si la hausse de la popularité de l’équipe nationale américaine est indéniable, il est nécessaire de garder une certaine mesure concernant la popularité du football en général. Si les rencontres des Etats-Unis ont connu des records historiques d’audience, le reste de la compétition a été moins suivie. Cependant, ce phénomène n’est pas propre aux Etats-Unis et les écarts d’audience et d’intérêt entre les matchs de l’équipe nationale américaine et le reste de la compétition tendent à se resserrer par rapport à 2010.

Par ailleurs, les parts d’audience mesurés aux Etats-Unis n’atteignent pas les niveaux record enregistrés dans certains pays européens : alors que les deux chaines belges retransmettant la rencontre Belgique – Etats-Unis ont réuni 85% de part d’audience au sein du pays, les Etats-Unis sont loin d’atteindre ce chiffre. Et la tranche horaire non favorable n’explique pas à elle seule l’écart. Le football ne fédère pas encore tout un pays comme ça peut être le cas au sein de certaines nations européennes ou sud-américaines.

Cependant, certains indicateurs prouvent que la popularité du football s’étend à tous les Etats du pays. Désormais, l’équipe nationale n’est plus uniquement suivie par les villes côtières ou les zones géographiques à forte concentration hispanophone. Ainsi, l’institut Nielsen révèle des hausses d’audience supérieures à 140% entre les retransmissions de la Coupe du Monde 2010 et 2014 dans des villes comme Oklahoma City. Le football gagne des parts d’audience à l’intérieur du pays, historiquement fermé à l’émergence du football.

La hausse de popularité du football aux Etats-Unis est un bon point pour un pays qui souhaite organiser le Mondial 2026. Si le football possède encore un retard de popularité conséquent sur le territoire nord-américain – une étude menée récemment par Repucom plaçait cette zone géographique en dernière position en matière d’intérêt pour le football – l’organisation d’un nouveau mondial pourrait encourager une dynamique de rattrapage fortement perceptible. De plus, les problèmes rencontrés au sujet de l’attribution qatarie donnent de la crédibilité à une solution de repli aux Etats-Unis pour l’organisation du Mondial 2022…

Google Plus

Articles populaires

To Top

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer