Stratégie

Le football professionnel français est-il en train d’exploser ?

La décision du conseil d’administration de la LFP de maintenir à 2 le nombre de montées et de descentes entre la Ligue 2 et la Ligue 1 dès la saison prochaine a provoqué la colère des présidents de L2 qui menacent d’une révocation du CA de la Ligue. Entre-temps, Jean-Michel Aulas a annoncé sa démission de l’UCPF. Explications…

La guerre entre les dirigeants de Ligue 1 et de Ligue 2 est déclarée. Suite à la décision prise hier par le conseil d’administration de la LFP de maintenir le nombre de descentes et de montées à 2 entre la L2 et la L1 dès la saison 2015-16 en dépit du vote du conseil fédéral, les présidents de Ligue 2 ont tous vivement réagi face à une décision insoutenable selon eux. En effet, la Ligue 2 sera alors confrontée à une situation inédite lors de la prochaine saison avec seulement 2 tickets disponibles pour la Ligue 1 contre 3 possibilités de descentes en National. Un véritable mouroir se dessine pour un championnat qui peine déjà à attirer des investisseurs.

Devant cette décision, les patrons de Ligue 2 ne comptent pas en rester là. Claude Michy – seul membre du CA de la LFP à avoir voté contre la réforme hier avec Jean-Pierre Louvel – menace déjà de convoquer une assemblée générale extraordinaire de la LFP afin de dissoudre son conseil d’administration. Ce dernier prépare actuellement ses armes en sondant de nombreux patrons de Ligue 2. D’autres dirigeants étudient la possibilité d’exploiter la voie juridique à l’image de l’ASNL ou encore du DFCO afin de faire annuler cette réforme.

« Je trouve cette décision affligeante mais je ne suis pas surpris » a ainsi commenté Guy Cotret, président de l’AJ Auxerre à la suite de la décision validée par le CA de la Ligue. « C’est inacceptable et irrespectueux. On veut nous tuer ! » a alors renchéri Joël Coué, patron des Chamois Niortais, dans les colonnes de L’Equipe. « C’est inadmissible, honteux et intolérable ! On se moque des clubs de Ligue 2, de leur staff, de leurs joueurs, de leurs partenaires, de leurs supporters et des villes qui les soutiennent » a ainsi affirmé Olivier Delcourt, président du DFCO, lors d’un entretien accordé au quotidien L’Equipe.

Les présidents de Ligue 2 sont-ils isolés dans leur combat ?

Pour le moment, Frédéric Thiriez, patron de la LFP, a peu commenté les réactions virulentes des présidents de Ligue 2. Alors qu’il était prêt à reporter d’une année la réforme si le conseil fédéral décidait de voter la mise en place d’un système similaire entre la L2 et le National pour 2016-17, il s’est finalement abstenu lors du vote organisé hier au CA de la Ligue. « Je suis prêt à une nouvelle élection. Le conseil d’administration peut en effet parfaitement être révoqué par une majorité de clubs » a alors indiqué le patron du football professionnel français, suite aux velléités de dissolution du CA affichées par certains dirigeants de L2.

thiriez alliés

Thiriez n’a pas peur d’une dissolution du CA de la LFP

D’après les résultats du vote d’hier du CA de la Ligue, la Ligue 2 semble esseulée dans son combat contre cette réforme. Seuls ses deux représentants ont voté contre son application. Même Saïd Chabane, patron du SCO Angers promu en Ligue 1, a décidé de voter en faveur de l’application de cette réforme. Un choix qui a provoqué l’hostilité de nombreux patrons de L2.

Pourtant, la ligne de fracture n’est pas si claire que ça. Le patron de la FFF, Noël Le Graët, est toujours ambigu au sujet de sa position. Et certains présidents de Ligue 1 seraient prêts à soutenir la Ligue 2 dans son combat. Au printemps dernier, Bertrand Desplat (EAG) et Jean-Pierre Caillot (Stade de Reims) avaient participé à l’élaboration d’une lettre dénonçant les attaques des clubs puissants de L1 à l’égard de la L2.

Cette guerre pourrait faire des dégâts au-delà de la LFP. Hier, le président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, a annoncé sa démission de l’UCPF, organe qu’il avait pourtant contribué à créer en 1990. Une démission qui s’inscrit comme une volonté de ne plus collaborer avec les clubs de Ligue 2 au sein du syndicat des clubs professionnels. Clairement, le patron de l’OL veut se séparer des dirigeants de Ligue 2 qui freinent les réformes structurelles. Le combat est loin d’être terminé et pourrait déborder sur d’autres terrains politiques et économiques…

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