Economie

Le football sud-américain souffrira-t-il de l’interdiction du TPO ?

Alors que les championnats espagnols et portugais s’opposent à l’interdiction de la tierce propriété imposée par la FIFA, certains experts s’inquiètent des effets que pourrait causer cette interdiction au sein du football sud-américain où la pratique est couramment utilisée. Certains fonds d’investissements cherchent déjà à trouver des parades pour contourner la réglementation de la FIFA. Explications…

Alors que l’utilisation de la tierce propriété n’a cessé de se développer dans les championnats européens où la pratique n’a pas été interdite – notamment au Portugal, en Espagne et en Grèce – le recours au TPO est complètement banalisé au sein du football sud-américain.

L’entrée d’une tierce partie au sujet de l’acquisition des droits des joueurs s’opère dès le plus jeune âge au sein des championnats brésiliens, argentins ou encore chiliens. En effet, pour étendre leur réseau de scouting, les clubs n’hésitent pas à accorder une partie des droits de jeunes joueurs à fort potentiel au dénicheur du jeune talent qui peut être une personne physique organisée en société (famille, représentant du joueur, scout reconnu…) ou morale (club amateur, fonds d’investissements…). Le TPO est ainsi généralisé dès la formation, permettant de compenser les lacunes en matière de détection des jeunes joueurs des clubs sud-américains, qui ne peuvent quadriller de vastes territoires.

En plus de cette insertion du TPO dès le plus jeune âge, la pratique se poursuit au plus haut niveau du football professionnel du sous-continent. En effet, le TPO est une solution couramment utilisée par les plus grandes formations de la zone afin de financier certaines politiques sportives. En cas de revalorisation de contrat avant un transfert vers l’Europe, les formations sud-américaines n’hésitent pas à vendre une partie des droits de leurs footballeurs à des fonds d’investissements leur permettant de financer la prolongation du joueur. Le fonds d’investissements obtiendra alors les fruits de son placement lors du départ du joueur vers l’Europe.

Alors que le TPO est utilisé à grande échelle au sein du marché footballistique sud-américain, l’interdiction prononcée par la FIFA sous une échéance de quatre mois pose un véritable problème à un secteur qui repose sur cette technique pour assurer une partie de son financement. De nombreux clubs estiment avoir été pris de cours par la FIFA, ne pouvant pas trouver aussi rapidement d’autres sources de revenus permettant de maintenir leur compétitivité sportive.

Les clubs sud-américains essaieront-ils de contourner l’interdiction ?

Certaines ligues européennes – à l’image de la Liga BBVA – ont décidé d’utiliser la voie judiciaire en saisissant notamment les instances de l’Union Européenne afin de remettre en cause la décision de la FIFA en matière de TPO. Sur le sous-continent sud-américain, certains clubs et les différents fonds d’investissements étudient la possibilité de contourner le règlement de la FIFA.

neymar santos

Les dirigeants de Santos estiment que le TPO a permis au club de conserver Neymar plus longtemps dans le championnat brésilien.

Ainsi, certains fonds envisagent la possibilité d’acquérir des clubs de football afin de ne plus rentrer dans le cadre de la tierce propriété. Le but de la manœuvre est de racheter un club sportif qui sert d’écran aux activités d’un fonds. Après acquisition de joueurs – ou de parts de joueurs – une partie d’entre eux pourrait être prêtée à différents clubs afin d’accroître leur valeur marchande avant d’être céder définitivement à des formations européennes.

Une autre solution envisagée par les fonds réside dans la volonté de la FIFA de déréguler le métier d’agent de joueurs. En effet, les fonds pourraient alors utiliser leur capacité à représenter des joueurs de football afin de conserver des droits sur ces derniers. Selon cette hypothèse, le joueur acquerrait lui-même une partie de ses droits qu’il cèderait – de façon plus ou moins transparente – à son agent.

L’interdiction du TPO pourrait ainsi entrainer un certain désordre au sein du football sud-américain. En raison de cette problématique, certains dirigeants de clubs de la région demandent à la FIFA de revoir sa position et d’imaginer un système permettant d’encadrer et de rendre plus transparente la pratique du TPO sans l’interdire. Une velléité qui est pleinement partagée par la Liga BBVA ou encore la Liga Nos.

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