Economie

Le Genoa CFC est-il menacé financièrement ?

Club doyen d’Italie, le Genoa a réussi sportivement sa saison 2014-15 en achevant l’exercice au 6ème rang de Serie A lui permettant d’obtenir une qualification pour la C3. Pourtant, la FIGC a refusé d’octroyer une licence UEFA au club génois qui sera donc privé de compétition européenne. Une sanction qui parait logique à la lecture des comptes financiers du club. Explications…

Malgré une excellente saison 2014-15, le Genoa ne participera pas à l’édition 2015-16 de l’Europa League. La FIGC a refusé d’octroyer une licence UEFA au club car il présentait des retards de paiements importants. La Sampdoria – qui ne se situe pas également dans une bonne position financière – prendra la place de son grand rival. Malgré des déficits importants, l’UEFA a confirmé la présence du deuxième club génois au sein de la prochaine édition de la C3.

Le Genoa vit ainsi une situation identique à celle connue par Parma FC lors de la saison dernière. Le club parmesan, qualifié sportivement pour la petite coupe d’Europe, n’avait pu accéder à la compétition faute de garanties bancaires. A la fin de la saison 2014-15, Parma FC a été déclaré en faillite après de multiples changements actionnariaux et diverses sanctions qui ont mené le club au dernier rang de Serie A.

genoa europa league

Le Genoa ne disputera pas l’édition 2015-16 de l’Europa League en raison de son instabilité financière

Le Genoa peut-il alors connaître un destin similaire à celui des Parmesans ? Le bilan financier 2014 présenté par la direction n’est guère rassurant. Clôturant ses exercices au 31 décembre, la formation génoise a ainsi affiché un résultat net déficitaire de l’ordre de 26 M€ concernant l’année 2014 ! Au total, le club a perdu plus de 58 M€ au cours des 5 dernières années.

Pourtant, lors de l’exercice 2014, le club a affiché son plus haut niveau de revenus opérationnels. Le Genoa a ainsi atteint la barre des 58,2 M€. Une hausse qui est essentielle due à une progression des revenus télévisuels du club, passant de 29,5 M€ en 2013 à 36,3 M€ en 2014. Néanmoins, pour la deuxième saison consécutive, le club a présenté une balance des transferts négative. Lors de l’exercice 2014, le club affiche un très important déséquilibre de 18,3 M€ malgré les cessions de Sturaro, Tozser, Gilardino ou encore Lodi.

Le Genoa présente un niveau d’endettement important

Outre la présentation d’une balance des transferts négative lors des deux derniers exercices, le Genoa possède également une masse salariale bien trop élevée pour son niveau de recettes. Même si un effort de réduction a été réalisé au cours du dernier exercice, la masse salariale absorbe toujours plus de 80% des revenus opérationnels du club. Il est alors impossible pour le club d’enregistrer un résultat opérationnel positif.

Face à cette gestion financière désastreuse, le club ne peut dégager des excédents lui permettant de rembourser facilement ses dettes. Aujourd’hui, le Genoa compte uniquement sur les investissements personnels menés par ses actionnaires et notamment Enrico Preziosi pour rembourser ses créances. Si la dette nette du club a diminué de 16,1 M€ entre 2013 et 2014 – passant de 83,7 à 67,6 M€ – le club doit cette réduction uniquement à la conversion de dettes actionnariales en augmentation de capital. Actuellement, le ratio dette nette / EBITDA* du club se situe à un niveau préoccupant de 12,13 alors qu’un score supérieur à 5 signifie généralement qu’une entreprise est trop endettée par rapport à sa capacité à générer de la richesse.

A l’avenir, le Genoa devra impérativement revoir intégralement sa structure économique pour assainir ses finances. Sa survie financière passe actuellement par les investissements opérés par ses actionnaires. Le club doit alors au plus vite retrouver une balance des transferts positive tout en diminuant sa masse salariale. Joueur majeur de la dernière saison écoulée, l’international argentin Diego Perotti est annoncé du côté de Naples pour une somme estimée entre 10 et 12 M€. Lors de cette restructuration, le Genoa va certainement perdre de sa compétitivité sportive. Mais son salut financier passe par cette période de transition…

*EBITDA positif de 5,5 M€ grâce à l’intégration des recettes de transferts de l’ordre de 19,6 M€ dans les revenus du club

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez plus à vous inscrire à notre newsletter foot-business. 

Articles populaires

To Top
Tweetez
Partagez
Partagez

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer