Economie

Hollande reste inflexible face au désarroi du foot français

Hier après-midi, la président de la république François Hollande a reçu durant plus d’une heure divers patrons du football français. Malgré une écoute attentive, le président accompagné du ministre Bernard Cazeneuve est resté inflexible devant le cri d’alarme de ses interlocuteurs…

Hier, à 16h30, différents patrons du football français étaient reçus au palais de l’Elysée : Jean-Pierre Louvel (président de l’UCPF et du HAC), Frédéric Thiriez (président de la LFP), Noël Le Graët (président de la FFF), Jean-Michel Aulas (président de l’OL), Vincent Labrune (président de l’OM), Jean-Louis Triaud (président des Girondins de Bordeux), Jean-François Fortin (président du Stade Malherbe de Caen) et Sylvain Kastendeuch (vice-président de l’UNFP, principal syndicat des joueurs). Dans une actualité chargée, François Hollande accompagné de son ministre délégué au budget Bernard Cazeneuve, a accordé une audience d’une heure trente aux patrons du football français afin d’entendre leurs voix et leurs protestations envers la taxe à 75%.

Malgré une oreille attentive, François Hollande n’a pas changé de position durant un entretien cordial d’après divers témoins. Le président de la République a demandé aux patrons de club de se tourner vers la commission Glavany afin de construire ensemble un modèle économique durable pour les différents clubs de football. Il ne compte pas changer d’un iota le texte de la taxe à 75% pour les clubs de football. Son opinion a été abondamment relayé par son ministre du budget ainsi que la ministre des Sports Valérie Fourneyron : « Il n’y a pas de négociation pour l’application de la taxe, pour le football comme pour l’ensemble des entreprises qui peuvent servir des salaires supérieurs à 1 million d’euros. »

Les dirigeants du foot français ont proposé des aménagements

« Il n’y a pas de négociation pour l’application de la taxe, pour le football comme pour l’ensemble des entreprises qui peuvent servir des salaires supérieurs à 1 million d’euros.» Valérie Fourneyron, ministre des Sports

Pourtant, les différents dirigeants du football français ont proposé différents aménagements de la taxe lors de cette entrevue. La principale mesure proposée est la non-rétroactivité de la loi. Ainsi, la nouvelle taxe serait seulement appliquée sur les nouveaux contrats signés par les clubs professionnels. Une mesure qui a un certain écho au sein de la classe politique, auprès de députés radicaux de gauche et de l’UMP. Le gouvernement refuse pour le moment de s’asseoir sur une enveloppe de 44 millions d’euros garantis.

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  • Une deuxième mesure a été évoquée par les dirigeants du foot français présents à l’audience : fixer le montant maximum de la taxe à 1% du chiffre d’affaires engendrés au lieu des 5% prévus par la loi. Une mesure plus juste qui offrirait une réduction de la note à l’ensemble des clubs concernés. Mais une nouvelle fois, le gouvernement a refusé cette alternative.

    Les patrons ont également exprimé leur désarroi face à une fiscalité trop forte au sein de l’Hexagone. Au cours du dernier exercice, le football professionnel français a déjà reversé 265 millions d’euros d’impôts sur le revenu, 76 millions de charges salariales et encore 347 millions d’euros de taxes patronales et autre taxe Buffet. En tout, le football professionnel a reversé près de 700 millions d’euros à l’Etat, sans évoquer la TVA collectée. A ce rythme-là, le football français ne peut plus lutter à armes égales face aux voisins européens.

    Entre résignation et espoir de la part des présidents

    A la sortie de cet entretien, les dirigeants de clubs n’ont obtenu aucune véritable avancée. Si l’entretien s’est déroulé dans le calme et la bonne humeur, le gouvernement est resté ferme sur ses positions initiales. Pourtant, les réactions étaient tout de même contrastées à la sortie de l’Elysée.

    Jean-Michel Aulas, patron de l’OL, faisait partie du camp des optimistes. Selon lui, cette réunion a permis d’initier un climat de dialogue qui pourra se poursuivre dans les mois à venir. « Nous avons pu exposer nos difficultés et des propositions très concrètes. On peut imaginer des contacts, notamment revoir le ministre de l’Economie. On a un mois pour discuter. »

    De son côté, Vincent Labrune rejoignait plutôt le camp des pessimistes. Le dirigeant de l’OM n’a pas hésité à évoquer « Une défaite pour le football français » pour qualifier l’entretien d’hier. Il rappelle que les différents clubs ne pourront payer cette taxe. Enfin, Jean-Louis Triaud, président des Girondins, montrait de l’abattement et de la résignation. Il a réexposé la question de l’engagement de l’actionnaire M6 en cas de maintien de la taxe.

    vincent labrune

    Vincent Labrune regrettait la position trop rigide du gouvernement à la sortie de l’audition.

    Après cet entretien, les dirigeants du foot français ont décidé de maintenir leur « journée blanche » pour le week-end du 30 novembre. Ils ne comptent pas non plus reprendre leur participation au sein de la commission Glavany. Mais le dialogue n’est pas rompu avec le gouvernement et certains patrons entrevoient une marge de négociation. Affaire à suivre…

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