Economie

L’Inter Milan présente un bilan financier artificiellement positif

La direction de l’Inter Milan a dévoilé son bilan financier pour l’exercice 2013-14. Clairement, le club interiste n’est plus en mesure de suivre les progressions financières des cadors européens. De plus, sans un apport financier important, le club afficherait des pertes importantes pour la cinquième saison consécutive. Explications…

Alors que l’Inter Milan régnait sur le toit de l’Europe lors de la saison 2009-10, le club milanais n’est pas parvenu à se qualifier pour une compétition européenne lors du dernier exercice 2013-14. Malheureusement, la courbe financière épouse la trajectoire sportive descendante du club.

Lors de la saison 2013-14, l’Inter Milan a affiché un chiffre d’affaires opérationnel de l’ordre de 159,178 M€. Cela représente une baisse de 5% par rapport à la saison 2012-13. La chute est bien plus vertigineuse si la comparaison s’étend aux saisons fastes du club. Par rapport à la saison 2009-10 où le club avait généré un chiffre d’affaires opérationnel de 250 M€ (record historique du club), l’Inter a ainsi perdu 36% de son CA en seulement 5 exercices. Une tendance qui est complètement inverse à celle des grands clubs européens.

comparaison chiffre d'affaires inter milan

Néanmoins, et contrairement aux saisons précédentes, l’Inter Milan affiche un résultat net positif de l’ordre de 33 M€. Un bilan financier positif étonnant alors que le club avait accumulé plus de 312 M€ de pertes au cours des 4 exercices précédents. Même lors de la saison 2009-10 historique pour le club, l’Inter affichait une lourde perte de l’ordre de 69M€.

Malheureusement pour les supporters de l’Inter Milan, le bilan financier 2013-14 est artificiellement positif grâce à un flux de gestion financière positif extraordinaire de l’ordre de 139 M€. Cette valeur comptable positive est due à l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le capital du club ainsi qu’à un refinancement de la dette du club à hauteur de 230 M€. Un résultat net qui contraste avec le résultat opérationnel du club qui affiche une valeur négative de l’ordre de 95,3 M€ (plus fortes pertes des 5 dernières années).

Le refinancement de la dette, qui permet notamment à l’Inter d’afficher un bilan comptable positif pour 2013-14, pourrait poser de sérieux problèmes de trésorerie au club à l’issue de la saison 2018-19. En effet, le nouvel emprunt contracté auprès de Goldman Sachs et Unicredit à hauteur de 230 M€ prévoit notamment une échéance de remboursement de l’ordre de 184 M€ au 30 juin 2019. Le nouvel actionnariat du club justifie cet emprunt par une modernisation indispensable des structures économiques du club afin qu’il puisse s’autofinancer dans les années à venir.  Un pari risqué qui pourrait se transformer en augmentation de capital de la part des actionnaires si le club ne parvient pas à dégager assez de cash permettant de rembourser les échéances.

L’Inter Milan a dégradé simultanément sa compétitivité sportive et financière

Clairement, l’Inter Milan ne possède plus actuellement les ressources économiques de ses ambitions. Une situation qui a entrainé le club dans une spirale négative de dégradation de compétitivité sportive et financière. Après avoir investi plus de 1,2 milliard d’euros au cours des 20 dernières saisons afin d’assurer le train de vie du club, Massimo Moratti a été contraint de céder 70% du capital social du club à International Sports Capital HK, société présidée par l’homme d’affaires indonésien Erick Thohir.

Alors que la plupart des grosses formations européennes ont modernisé leurs structures tout en adoptant une stratégie d’internationalisation afin de dynamiser leurs recettes, l’Inter n’a pas réalisé les efforts nécessaires afin de maintenir son haut niveau de compétitivité sportive à long terme. Le club Nerazzurro est resté prisonnier d’un modèle où l’actionnaire subvient aux besoins financiers de fonctionnement.

En cinq exercices, le club a perdu 36% de son chiffre d’affaires opérationnel annuel. Une baisse qui se ressent notamment au niveau des revenus de billetterie. Devant une formation perdant en compétitivité sportive et ne parvenant plus à se qualifier pour la Ligue des Champions, les foules ne se déplacent plus dans un stade vieillissant pour voir évoluer l’Inter Milan. Alors que le club générait 41,6 M€ de revenus de billetterie en 2009-10, l’Inter n’a enregistré que 18,8 M€ de recettes en provenance de cette source en 2013-14. La non-qualification pour la C1 a provoqué également une chute vertigineuse des droits TV : alors que le club avait perçu plus de 150 M€ de recettes télévisuelles en 2009-10, elles sont retombées à 76,386 M€ en 2013-14.

sources de revenus inter milan 2013-14

Entre-temps, les revenus commerciaux du club ont seulement progressé de 1,7 M€ en 5 exercices. Et le club ne doit pas cette hausse à ses efforts d’internationalisation mais plutôt à ses partenaires historiques. Pirelli et Nike représentent à eux deux plus de 88% (31,9 M€) des revenus commerciaux globaux du club lors de la saison 2013-14 (36,2 M€).

Malgré des déficits opérationnels importants accusés lors des dernières saisons, le club a tout de même réalisé des efforts en matière de dépenses afin de limiter l’ampleur des déficits. La masse salariale du club est ainsi passée de 234 M€ en 2009-10 à 116 M€ en 2013-14. Néanmoins, cette économie n’est pas suffisante alors qu’elle a pourtant considérablement dégradé la compétitivité sportive du club.

Avec le plan de refinancement de la dette contracté par le nouvel actionnaire, l’équipe dirigeante de l’Inter Milan compte moderniser les structures du club afin de le faire basculer dans un modèle d’autofinancement imposé par l’UEFA et son fair-play financier. Un énorme chantier attend la direction de l’Inter. En l’état actuel des choses, l’Inter risque plusieurs sanctions de la part de l’UEFA pour non respect des règles du FPF. Les déficits atteints ainsi que le niveau d’endettement sont bien plus importants que la limite tolérée par l’institution européenne. Néanmoins, la question du respect du dispositif financier ne se pose pas à court terme pour la nouvelle équipe dirigeante : le club ne parvient plus à se hisser sur la scène européenne…

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