Economie

Pourquoi la Ligue 1 a-t-elle été aussi frileuse sur le marché des transferts ?

Actuellement, les médias français enchaînent les émissions TV ou encore les articles de presse pour dénoncer l’affaiblissement du niveau de la Ligue 1 lors du dernier mercato estival. Si les différents clubs de Ligue 1 ont été prudents lors du dernier marché des transferts, ils doivent avant tout assurer un équilibre budgétaire dans un championnat qui cherche toujours son modèle économique idoine. Explications…

A l’heure où la Ligue 1 est menacée au classement des coefficients UEFA par la Premier Liga russe, les dirigeants des clubs français ne semblent pas avoir réalisé le nécessaire pour rehausser le niveau du championnat. En effet, lors du dernier mercato estival, un grand nombre de talents ont fui le championnat pour aller s’épanouir à l’étranger. Des joueurs comme Rémy Cabella (Newcastle United), Benjamin Stambouli (Tottenham Hotspur), Bafetimbi Gomis (Swansea) ou encore Radamel Falcao sont partis en Premier League. Grzegorz Krychowiak (Seville FC), Benoit Trémoulinas (Seville FC) ou encore James Rodriguez (Real Madrid) ont choisi la Liga BBVA. Jimmy Briand (Hannovre 96) ou encore Joshua Guilavogui (VfL Wolfsburg) ont opté pour la Bundesliga. Enfin, d’autres éléments à l’image de Mathieu Valbuena (Dynamo Moscou) ont choisi des destinations situées dans des championnats considérés au départ comme inférieurs à la Ligue 1.

Cette exportation massive de joueurs conjuguée à des arrivées peu nombreuses au sein du championnat (David Luiz, Lucas Barrios, Michy Batshuayi, Ricky van Wolfswinkel, Abdelaziz Barrada…) se traduit également dans les chiffres. Alors que la Ligue 1 possédait une balance des transferts largement déficitaire lors du mercato d’été 2013, cette dernière est désormais positive de 84,10 M€ pour le dernier marché des transferts. Les clubs de Ligue 1 ont ainsi acheté pour 134,06 M€ contre un encaissement de recettes de l’ordre de 218,15 M€. La Ligue 1 constitue la deuxième meilleure balance des transferts d’Europe derrière la Liga Sagres qui réalise un bénéfice de 96,64 M€.

Néanmoins, s’il est vrai que le championnat de Ligue 1 a beaucoup vendu lors de ce marché des transferts, il reste tout de même le cinquième championnat à avoir le plus investi sur les marchés, derrière la Bundesliga (288,66 M€) et juste devant le Championship (D2 Anglaise – 106,91 M€). La Ligue 1 devance notamment son grand rival russe qui n’a investi que 73,04 M€ sur le marché des transferts. La L1 doit notamment ce classement au recrutement du défenseur central international brésilien David Luiz par le PSG, transfert qui a coûté à lui seul 49,5 M€ !

Le fair-play financier a gêné les gros investisseurs de Ligue 1

Si un excédent de la balance des transferts est rarement un bon signe pour la compétitivité sportive d’un championnat, il est en revanche synonyme de bons bilans financiers en fin de saison. Clairement, une grande majorité de clubs de Ligue 1 ont cherché durant ce mercato à réaliser des excédents afin d’éviter tout risque de déficit important en fin de saison.

L’équilibre des comptes a notamment revêtu un enjeu important pour deux clubs qui ont lourdement impacté ce revirement de la balance des transferts : l’AS Monaco et dans une moindre mesure le PSG. En effet, pour être en conformité avec les exigences de l’UEFA en matière de fair-play financier, l’AS Monaco a du rétablir un équilibre des comptes qui était loin d’être obtenu lors de la saison 2013-14. En effet, les gros investissements entrepris par le club monégasque étaient financés par l’argent de son propriétaire et non par les revenus dégagés par le club. Face à la structure de revenus du club de la Principauté (avec de faibles recettes de billetterie notamment), l’ASM a été obligée de générer un bénéfice important en provenance des transferts afin de supporter une lourde masse salariale (même avec les départs de Falcao et James Rodriguez) et de présenter des comptes à l’équilibre en fin de saison.

De son côté, le PSG a déjà été exposé aux sanctions du fair-play financier en mai dernier, malgré d’importants revenus générés par le club. Des sanctions qui sont notamment dues à la dévaluation de son contrat signé avec QTA. De ce fait, le club de la capitale a été contraint de limiter ses dépenses au seul transfert de David Luiz en provenance de Chelsea pour 49,5 M€. Le transfert de Serge Aurier sera réglé lors de la saison prochaine : actuellement, le défenseur est uniquement prêté par le TFC.

Ainsi, alors que l’ASM et le PSG avaient investis conjointement 280,2 M€ lors du mercato d’été 2013 ; l’investissement est tombé à 70,5 M€ pour le marché estival 2014. Et au lieu d’avoir une balance des transferts lourdement déficitaire, l’ASM est parvenue cet été à générer un surplus de recettes de l’ordre de 65 M€ qui lui permettra notamment de gérer sereinement son importante masse salariale.

La Ligue 1 n’avait pas prévu un alourdissement de la pression fiscale

Si l’AS Monaco et le PSG sont confrontés aux contraintes du fair-play financier, les autres clubs de Ligue 1 affrontent un contexte économique morose. Outre la stagnation de différentes sources de revenus (sponsoring et billetterie notamment), de nombreux clubs de Ligue 1 doivent affronter une pression fiscale plus importante due notamment à l’instauration de la taxe à 75% sur les très hauts revenus.

investissements ligue 1 mercato été 2014

Ainsi, la mise en place de cette nouvelle taxe condamne des formations comme l’OL ou encore le LOSC à débourser près de 5 M€ d’impôts supplémentaires, non-prévus dans les budgets prévisionnels antérieurs. La taxe sur les très hauts revenus représente un montant global de près de 75 M€/an, soit une somme proche de l’excédent de la balance des transferts réalisé par le championnat.

Enfin, dans ce contexte morose, certains clubs ont tout de même décidé de prendre des risques afin d’améliorer leur compétitivité sportive. Ainsi, l’OM présente une balance des transferts déficitaire de 3,5 M€, investissement financé par son actionnaire. Le club Olympien a ainsi investi 20,5 M€ sur le marché des transferts pour améliorer la qualité de son effectif. L’actionnaire espère retrouver la Ligue des Champions grâce à cet effort financier. Un calcul qui pourrait s’avérer rentable si l’objectif est atteint.

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