Economie

Pourquoi les investisseurs chinois commencent-ils à s’intéresser au football ?

Alors que des investisseurs russes, qataris, indonésiens ou encore malaisiens ont pris dernièrement possession du capital de certains grands clubs européens ; les entreprises chinoises pourraient s’intéresser à ce marché afin de développer leur notoriété. Explications…

Alors que la Chine ne cesse de se développer dans tous les secteurs de l’économie, le pays accuse encore un gros retard au niveau footballistique. L’équipe nationale n’a participé qu’à une seule Coupe du Monde dans son histoire et cela remonte à 2002. La sélection, actuellement entrainée par Alain Perrin, occupe le 103ème rang du classement FIFA derrière des nations telles que la Nouvelle Zélande, la Moldavie ou encore Cuba.

Même si la Chine tarde à développer sa pratique du football à un haut niveau, le pays pourrait subir une accélération importante dans les années à venir. L’engouement suscité par les grands clubs européens auprès de la population chinoise donne des idées aux grandes entreprises du pays. La popularité grandissante du football pourrait amener les entreprises chinoises à consentir à des investissements importants afin de développer les clubs du championnat national.

Encore au stade de la réflexion il y a quelques mois, le site d’e-commerce numéro un en Chine, Alibaba, a décidé de sauter le pas et d’investir au sein du club de Guangzhou Evergrande. Le concurrent chinois d’Amazon a injecté 140 millions d’euros pour prendre possession de la moitié du capital du club. Au passage, la société immobilière Evergrande réalise une excellente opération financière : elle avait acheté l’intégralité des parts du club pour 12 millions d’euros en 2009.

L’introduction d’Alibaba dans le capital du club devrait donner une nouvelle dimension à Guangzhou Evergrande. Pourtant le club se porte déjà très bien sportivement : il a remporté les trois derniers titres nationaux et il est parvenu à gagner en 2013 la Ligue des Champions d’Asie. Entrainé par Marcelo Lippi, le club possède déjà un leadership national. Avec l’introduction d’Alibaba, Guangzhou Evergrande espère acquérir une domination continentale et tentera de défier les meilleures formations sud-américaines et européennes lors du prochain mondial des clubs.

Pour Ma Yun, fondateur d’Alibaba, il s’agit d’une excellente opération pour son entreprise. « Le montant payé par Alibaba pour acquérir la moitié des parts du club de Guangzhou Evergrande n’est vraiment pas cher. L’influence d’Evergrande sur le football chinois dépasse de loin ce prix » a ainsi déclaré Ma Yun lors de l’officialisation de la prise de participation. « Le charme du football est grand, ce n’est pas une décision dictée par l’impulsion, c’est une décision rationnelle et mûrement réfléchie » a-t-il ajouté.

Alibaba n’est pas la seule entreprise chinoise à s’intéresser au football

Alibaba n’est pas la première entreprise chinoise à s’intéresser au football. En revanche, pour la première fois, un géant chinois décide d’investir dans le football local. En effet, Alibaba préfère asseoir sa notoriété et son leadership en Chine via le développement de son football plutôt que d’investir à l’étranger pour acquérir des parts de marché.

Les autres entreprises chinoises ont choisi une autre option. C’est notamment le cas d’Huawei, troisième vendeur de smartphones au monde, qui a choisi de nouer différents partenariats avec des clubs européens afin de développer ses parts de marché sur le Vieux Continent. Huawei a dernièrement signé un partenariat avec le PSG d’un montant de 1,3 million d’euros par an. La firme a aussi officialisé fin mai un partenariat avec l’Ajax Amsterdam. Huawei s’engage à transformer l’Amsterdam ArenA en stade connecté d’ici 2015 et à verser une compensation financière (de l’ordre de 1 million d’euros) contre une visibilité sur l’ensemble des canaux de communication du club (offline et online).

Huawei est allé encore plus loin avec l’Atletico Madrid en s’affichant comme sponsor maillot. Cette stratégie a également été employée par Sanei, fabricant d’ascenseurs chinois, qui est visible sur le maillot du Stade de Reims depuis la saison 2013-14. La PME chinoise cherche à s’implanter sur le marché français en misant sur le sponsoring sportif. Un procédé intéressant pour le club champenois qui lui permet d’obtenir un revenu sponsoring intéressant tout en ayant une porte ouverte sur l’incroyable potentiel du marché chinois.

Huawei psg

Le PSG a dernièrement conclu un accord avec le géant de la téléphonie chinoise Huawei. Ce partenariat rapportera 1,3 M€ par saison au club.

L’arrivée des investisseurs chinois au sein du football ne fait que commencer. De nombreuses entreprises chinoises chercheront à accroitre leurs parts de marché en Europe en investissant dans le football comme principal organe de communication car ce sport leur permettra un développement de notoriété rapide. Les investissements se traduiront par du sponsoring ou des prises de participation dans le capital des clubs. Enfin, d’autres entreprises comme Alibaba, souhaitent plutôt surfer sur la montée en popularité du football à travers la Chine pour développer le niveau du championnat national. Une tactique qui permet de renforcer la notoriété de l’e-commerçant au sein de ses frontières. Mais ce choix stratégique s’avèrera réellement payant que si d’autres entreprises décident de lui emboiter le pas en investissant dans d’autres clubs, permettant de créer une véritable émulation au sein du championnat chinois. Réponse dans quelques années…

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