Economie

Les clubs de Liga BBVA ont diminué leur endettement fiscal

Alors que Javier Tebas, patron de la Liga BBVA, a souligné cette semaine les efforts réalisés par les directions des clubs espagnols afin de diminuer leur niveau d’endettement ; les chiffres dévoilés par la LFP illustrent la volonté farouche des clubs de diminuer leur endettement fiscal. Comment l’Espagne est-elle parvenue à obtenir de tels résultats ? Eléments de réponses sur Ecofoot…

A l’issue de la saison 2011-12, les vingt clubs professionnels composant la Liga BBVA accumulaient plus de 426 M€ de dettes fiscales. Un endettement qui tombait mal alors que l’Etat espagnol recevait plusieurs centaines de millions d’euros d’aides de la part du Fonds Européen de Stabilité Financière. Devant la pression mise par l’Europe, l’Etat a contraint la Ligue à réagir afin d’obtenir le remboursement des dettes fiscales des différents clubs au plus vite.

Face aux différentes pressions, la LFP menée par Javier Tebas, a fait voter un arsenal coercitif visant à contraindre les clubs à diminuer leur niveau d’endettement global. Au sein de ce système, la priorité a été donnée au remboursement des dettes contractées auprès des pouvoirs publics. Le but est d’atteindre le remboursement de l’intégralité du passif financier envers le Trésor Public à l’aube de la saison 2020-21.

Dans son arsenal coercitif, la LFP peut notamment forcer un club à vendre certains joueurs de son effectif afin de rembourser ses dettes. A partir de la saison 2014-15, la LFP pourra également confisquer jusqu’à 35% du montant des droits TV des différents clubs si ces derniers ne respectent pas les échéances de remboursement fixées concernant les dettes fiscales. Des dispositifs lourds qui contraignent les clubs à suivre les directives.

La dette de l’Atletico Madrid est toujours importante

Dernièrement, Javier Tebas s’est félicité  des premiers résultats enregistrés en matière de remboursement des dettes fiscales. Entre juin 2012 et septembre 2014, la dette fiscale des vingt formations de Liga BBVA est passée de 426 à 301 M€, soit une baisse de 29%. Une majorité de dirigeants se sont pliés aux exigences afin d’éviter les lourdes sanctions.

En 2012, l’Atletico possédait une dette abyssale de 155 M€ envers l’Etat espagnol. Depuis, le champion en titre a commencé à restructurer ses finances afin d’initier son remboursement. En septembre 2014, les Colchoneros affichaient une dette fiscale de 107 M€. En deux ans, le club madrilène a ainsi remboursé un tiers de sa dette. Néanmoins, il reste toujours le club de Liga BBVA le plus lourdement endetté envers l’Etat.

endettement fiscal liga bbva

Certaines formations sont parvenues à rembourser l’intégralité de leurs dettes fiscales en deux ans. C’est notamment le cas du FC Barcelone : devant plus de 48 M€ au Trésor Public à l’issue de la saison 2011-12, le FC Barcelone a remboursé l’intégralité de son passif fiscal. Le FC Valence a également accompli cette prouesse en soldant un passif de 6 M€. Néanmoins, le club de Valence doit toujours rembourser une dette à l’Autonomie suite à un emprunt consenti avant l’arrivée de Peter Lim.

Si une majorité de formations ont accompli des efforts pour réduire leurs dettes fiscales, certains dossiers demeurent préoccupants. C’est notamment le cas de l’Espanyol Barcelone : entre 2012 et 2014, la dette fiscale du club catalan a presque doublé, passant de 24 à 45,5 M€. Le Rayo Vallecano se situe également dans une situation inconfortable. Le club de la banlieue de Madrid a connu une augmentation de sa dette fiscale de 63% entre 2012 et 2014, passant de 21 à 34,3 M€.

La dette fiscale est toujours aussi importante en Liga Adelante

Si Javier Tebas s’est épanché sur l’endettement fiscal global du football professionnel espagnol, la situation est moins encourageante en Liga Adelante (deuxième division espagnole). En effet, la dette a progressé de 2,7 M€ au sein de l’antichambre de la Liga BBVA, passant de 176 à 178,7 M€. Cela constitue une faible hausse de 1,57% mais qui va à l’encontre de l’objectif de 0 € de dette fiscale pour 2020.

endettement fiscal liga adelante

Cette hausse s’explique notamment par l’arrivée dans le championnat d’ex-pensionnaires de Liga BBVA qui n’ont pas encore entamé leur travail de diminution de dette fiscale. C’est notamment le cas d’Osasuna, club relégué à l’issue de la saison précédente, et qui affiche un niveau d’endettement fiscal de 47 M€, soit 19 M€ supplémentaires par rapport à juin 2012 ! D’autres formations, telles que le RCD Mallorca, se situent dans la même situation. La baisse de revenus liée à une relégation a provoqué un report du remboursement de la dette fiscale. Néanmoins, le Betis Seville, qui a également connu une relégation l’an dernier, est tout de même parvenu à réaliser un gros effort : la dette fiscale du club andalou est passée de 35 à 5,6 M€ en deux ans.

Globalement, les mesures mises en place par la LFP ont permis de réduire massivement les dettes fiscales du football professionnel espagnol. Elles sont passées de 602 à 480 M€ en deux ans au sein des deux premières divisions. Néanmoins, les efforts doivent être maintenus afin d’atteindre l’objectif 0 en 2020. La LFP devra sans doute, dans les années à venir, avoir recours aux pénalités sur les droits TV afin de contraindre certains clubs à respecter leurs engagements. Une pénalité qui pourra être appliquée pour la première à l’issue de la saison en cours.

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