Economie

Le football professionnel espagnol poursuit-il son désendettement ?

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Alors que la direction de LaLiga ne cesse de louer le changement d’attitude de ses clubs concernant la gestion de leurs dettes, la situation est en réalité plus complexe qu’elle n’y parait. Néanmoins, le football professionnel espagnol possède désormais une situation financière bien plus solide qu’en début de décennie. Explications…

La communication de la ligue espagnole est rodée depuis quelques années, vantant sans cesse la bonne gestion de ses clubs et leur désendettement progressif. Dettes fiscales passées sous la barre des 500 M€ à l’issue de l’exercice 2013-14, retards de paiement des salaires quasi-inexistants en 2015… toutes les bonnes nouvelles en matière de désendettement sont propagées allègrement en Espagne et aux quatre coins du globe à travers des campagnes médiatiques bien menées et la participation des dirigeants à différents salons internationaux.

Mais le football professionnel espagnol est-il réellement sur le chemin du désendettement ? La situation est en réalité un peu plus complexe que celle communiquée par la direction de LaLiga d’après une analyse approfondie des comptes entreprise par Roberto Bayón, influenceur reconnu pour son expertise au sujet de l’économie du football espagnol.

D’après les chiffres recueillis auprès du Consejo Superior de Deportes (CSD), le football professionnel espagnol possède toujours une dette brute proche de 3 milliards d’euros à l’issue de l’exercice 2014-15 ! Cette dernière a même progressé de 5,57% par rapport à la saison précédente. Un élément qui s’oppose donc à l’idée d’un désendettement drastique propagée auprès du grand public à coup de campagnes de communication par la ligue espagnole.

En analysant plus en détail les chiffres, on s’aperçoit néanmoins que les clubs espagnols ont réalisé de très gros efforts au sujet de la réduction de leurs dettes à court terme, catégorie rassemblant notamment les créances dues au Trésor Public ou aux fournisseurs, et constituant la menace la plus importante concernant la pérennité des activités.  Alors que les dettes à court terme n’ont cessé de progresser sur la période 1999-2011 pour atteindre un pic à près de 2,050 milliards d’euros au 30 juin 2011, les clubs ibériques n’ont depuis cessé de réduire ce passif. Entre 2013-14 et 2014-15, ils ont à nouveau réalisé un bel effort en enregistrant une nouvelle réduction de plus de 100 M€.

Outre la réduction primordiale des dettes à court terme, une rapide analyse de la composition du passif du football espagnol montre que les dettes sont essentiellement détenues par des clubs possédant une solide capacité de remboursement. Le Real Madrid, qui accumule un passif à hauteur de 620 M€ au 30 juin 2015, détenant ainsi 18% de la dette du football espagnol, enregistre désormais lors de chaque exercice un excédent brut d’exploitation supérieur à 100 M€. En d’autres termes, le club pourrait rembourser sa dette en 6 exercices s’il souhaitait solder rapidement l’intégralité de son passif. De plus, le club madrilène a accumulé une réserve de liquidités supérieure à 100 M€, réduisant de façon significative son niveau d’endettement net.

Plus généralement, près des deux tiers de la dette du football professionnel espagnol sont détenus par le Real Madrid, le FC Barcelone, l’Atletico de Madrid, Valencia CF, et le RCD Espanyol. Si les deux premiers ont aujourd’hui largement les moyens de rembourser leurs dettes – comme nous venons de le voir avec le Real Madrid – les trois autres clubs ont dernièrement procédé à des changements actionnariaux donnant ainsi des garanties quant à leur solvabilité. Valencia CF a notamment été racheté par l’homme d’affaires singapourien Peter Lim alors que le groupe chinois Rastar Group a acquis une participation majoritaire dans le club de l’Espanyol Barcelone. Enfin, le conglomérat Wanda a racheté 20% du capital social de l’Atletico en début d’année 2015. Possédant de gros moyens financiers, ces différents actionnaires ont désormais les moyens de restructurer les dettes de leur club en les rachetant partiellement ou en renégociant les conditions avec leurs créanciers.

Si le football professionnel espagnol ne s’est pas drastiquement désendetté au cours des dernières saisons, il est vrai qu’il a réalisé de gros efforts pour améliorer sa condition finanicère. Avec la réduction de ses dettes à court terme et l’augmentation de ses ressources grâce notamment à la réforme des droits TV et à la captation de nombreux investissements étrangers. Le football espagnol est aujourd’hui clairement à l’abri des risques liés au surendettement malgré l’existence de quelques cas isolés (Real Saragosse notamment).

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Source photo à la Une : © Ecofoot.fr

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