Economie

L’activité touristique espagnole est-elle largement stimulée par la Liga BBVA ?

Alors que 380 rencontres sont organisées chaque année dans le cadre du championnat de Liga BBVA, l’élite du football espagnol possède une influence non-négligeable sur les activités touristiques générées par les différentes villes concernées. D’autant que la culture du déplacement est fortement présente dans le football espagnol, aidée par la présence de nombreux derbies. Explications…

Après avoir mené une étude concernant l’impact généré par la Ligue 1 sur l’activité touristique hexagonale, le comparateur GoEuro a réalisé le même travail au sujet de la Liga BBVA. Il s’est notamment attardé sur les dépenses d’hébergement, de transports ou encore de restauration générées par l’organisation de rencontres de Liga BBVA au sein des différentes villes hôtes.

Sans surprise, la Liga enregistre un impact financier supérieur à celui observé en Ligue 1. Au total, le championnat de Liga génèrerait un impact sur le secteur touristique espagnol de l’ordre de 290,7 M€. Ainsi, la compétition ibérique engendre une stimulation d’activité touristique supérieure de plus de 50 M€ par rapport à la Ligue 1.

Plusieurs éléments peuvent expliquer un tel écart de revenus. Tout d’abord, la Liga enregistre une affluence moyenne bien plus importante qu’en Ligue 1. Le championnat espagnol affiche une moyenne de 28 119 spectateurs au sein de ses enceintes contre 20 513 en L1. Au total, la Liga a pour le moment réuni plus de 8,7 millions de spectateurs lors de cette édition 2015-16, soit 2,2 millions de plus qu’en Ligue 1. Or, les revenus touristiques générés par l’activité footballistique sont fortement corrélés à l’affluence moyenne d’après un travail que nous avons mené sur la Ligue 1.

Outre l’effet volume global, la Liga comptabilise un nombre bien plus important de supporters en déplacement. Au total, le championnat enregistre au cumulé plus de 438 000 spectateurs en déplacement lors de cette saison contre moins de 90 000 en Ligue 1. Il s’agit d’un élément important car les supporters hors de leur base génèrent un panier moyen « touristique » bien plus important, liés notamment aux dépenses plus élevées de transports et d’hébergement. Un phénomène qui est favorisé par les multiples derbies joués grâce à la présence de plusieurs clubs au sein des grandes agglomérations ibériques (Madrid, Barcelone, Séville, Valence). En Ligue 1, les très nombreuses interdictions de déplacement prononcées à l’encontre des supporters pour diverses raisons ont largement contribué à faire chuter ce chiffre.

Grâce à l’effet volume évoqué précédemment, la présence de plusieurs clubs au sein d’une même ville a bien évidemment un effet positif sur l’activité générée au sein de cette dernière. Aux quatre premières places des agglomérations enregistrant l’impact économique le plus important suscité par l’activité footballistique, nous retrouvons exclusivement des villes possédant au moins deux clubs au sein de l’élite espagnole. C’est notamment le cas de Madrid, qui compte trois clubs dont deux protagonistes principaux du championnat, et dont le football génère un impact sur l’activité touristique madrilène de l’ordre de 64,7 M€. Un montant qui est alors bien plus important à celui enregistré par la ville de Paris (28,2 M€) qui ne peut compter que sur les rencontres du PSG pour le moment.

Enfin, pour certaines petites villes, le maintien d’un club au sein de l’élite espagnole est un élément extraordinaire de stimulation de l’économie locale. C’est notamment le cas pour Eibar SD, qui évolue dans une petite commune basque de 30 000 habitants. D’après l’étude menée par Go Euro, ses rencontrent occasionnent une activité économique additionnelle de l’ordre de 2,3 M€. Un chiffre qui correspond à une étude d’impact commandée par le club et qui révélait un surplus d’activité touristique additionnel de l’ordre de 3,5 M€ sur l’ensemble de la zone de chalandise du club. Néanmoins, si l’impact peut s’avérer très important pour certaines localités, la stimulation générée par l’activité footballistique reste modeste par rapport à l’ensemble des revenus générés par le secteur. Le pays enregistre environ 45 milliards d’euros par an de recettes touristiques. Les dépenses liées au football ne représentent donc que 0,66% de l’activité totale du secteur…

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Source photo à la Une : © FC Barcelona (Facebook)

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