Economie

Une Ligue 2 sur fond de crise financière

Après la rétrogradation en Division d’honneur du Mans FC, Sedan risque de connaitre le même sort dans les jours à venir. Après le désistement d’un potentiel repreneur, le club devrait se déclarer en faillite. Ces deux fiascos financiers conduisent à s’interroger sur l’état financier de la Ligue 2.

La DNCG a eu beaucoup de travail en Ligue 2 cette saison. Deux clubs, relégués sportivement en National, vont déposer le bilan. Le Mans et Sedan ne repartiront pas à l’échelon inférieur la saison prochaine. Avec des déficits supérieurs à 10 millions d’euros pour les deux clubs, il n’est pas possible de redémarrer une saison au sein de la troisième division française.

Même sans un bilan sportif aussi catastrophique, il n’est pas certain que les deux clubs auraient pu éviter le naufrage financier. Durant tout l’exercice 2012-13, les deux clubs ont été à la recherche de repreneurs potentiels pour se sauver d’une situation très délicate. Le Mans a du attendre la vente de son centre administratif à la mairie pour enfin verser les salaires en retard dès février. Sedan s’est séparé de tous ses meilleurs éléments lors du mercato estival, prémices d’une saison difficile.

Beaucoup de clubs de Ligue 2 connaissent des problèmes financiers

Mais les clubs de Sedan et du Mans ne sont pas deux exceptions. Ils traduisent un mauvais état de santé de l’antichambre de la Ligue 1.  Le Gazélec d’Ajaccio, autre club relégué en National, a été dans un premier temps rétrogradé administrativement en CFA. Mais en appel, l’administrateur du club Jean-Michel Miniconi a réussi à convaincre les gendarmes financiers du football professionnel français que le club pouvait faire de grosses économies. Le club a été maintenu en National en appel.

Aujourd’hui, le club de Tours est dans l’expectative. Le 5 juillet dernier, le club a été rétrogradé administrativement en National à cause d’un bilan financier pas assez solide. Mais le nouveau président du TFC, Jean-Marc Ettori a fait appel de la décision et il reste confiant concernant le déroulement de l’affaire. Lors d’un tour de table auprès de partenaires, celui-ci est parvenu à dénicher 3 millions d’euros. Et il a négocié un rééchelonnement de la dette du club auprès des établissements bancaires.

Le RC Lens peut remercier l’Azerbaïdjan

Un temps menacé de rétrogradation en National, le RC Lens sera finalement maintenu en Ligue 2. Grâce à la revente du club, le nouvel actionnaire azéri Mammadov  a pu éponger les dettes du club. Avec un déficit d’exploitation avoisinant chaque saison les 15 millions d’euros, le Crédit Agricole Nord Pas de Calais ne souhaitait combler le passif à chaque saison.

gervais martel

Gervais Martel revient aux affaires au RC Lens grâce à l’homme d’affaires azéri Mammadov.

 Auxerre est également un miraculé. Le club bourguignon a été sauvé d’une relégation administrative grâce à l’homme d’affaires Guy Cotret, ancien propriétaire du Paris FC. Le nouveau président de l’AJA est venu avec un fond d’investissement luxembourgeois qui a épongé les pertes des saisons précédentes.

Des sources de revenus pas assez diversifiées

Les clubs qui sont généralement en difficulté sont ceux qui viennent de l’étage supérieur. En effet, les anciens pensionnaires de Ligue 1 ont du mal à tailler dans leurs effectifs pour pouvoir faire face à une grosse réduction des revenus en un temps limité.

Souvent, ils acceptent de perdre de l’argent durant une année, pensant pouvoir remonter immédiatement. Mais le calcul s’avère désastreux quand le séjour en Ligue 2 se poursuit plus longtemps que prévu. Sedan était notamment dans ce cas de figure, tout comme Lens avant son rachat.

Egalement, les clubs de Ligue 2, comme beaucoup de clubs de Ligue 1, n’ont pas des revenus assez diversifiés. Pour la majorité d’entre eux, les droits TV constituent plus de 50% des revenus du club. Les affluences moyennes sont faibles, et le phénomène s’aggrave avec la programmation des matchs le vendredi soir. Les revenus issus du sponsoring et du merchandising sont en constante baisse.

Hors frais de mutations, la Ligue 2 accuserait un déficit de 116 millions d’euros pour l’exercice 2012-13. Celui-ci s’élevait à 107 millions d’euros la saison précédente et il était seulement de 38 millions d’euros en 2007-08. Le championnat ne peut pas continuer à accumuler les pertes.

La Ligue 2 doit se réinventer un modèle pour la survie financière des clubs. Cela passe certainement par un réaménagement des charges car il est difficile d’accroitre de manière significative les revenus. Pour les clubs venus de Ligue 1, un assouplissement de la masse salariale plus prononcé doit être mis en œuvre. Une nouvelle répartition des droits TV au sein du championnat doit également être réalisée pour faciliter la transition des clubs faisant l’ascenseur.

En tout cas, si rien ne change, de nouvelles faillites devraient toucher les clubs de Ligue 2…

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