Droits TV

La Ligue 1 peut-elle se réjouir du montant des droits TV pour la période 2016-2020 ?

Alors que Frédéric Thiriez s’est montré heureux du montant obtenu pour les droits TV de Ligue 1 et Ligue 2 sur la période 2016-2020 ; certains dirigeants du football français ne cachent pas une certaine déception. Le football français fait-il la fine bouche ou a-t-il raison de sortir déçu de cet appel d’offres ? Décryptage sur Ecofoot.fr…

Mécontente de l’appel d’offres précédent, couvrant la période 2012-16 et se soldant par une diminution moyenne des droits TV de 6% pour atteindre un montant de 608 millions d’euros par saison, la LFP a décidé de tout mettre en œuvre pour remédier à cette tendance baissière concernant la période 2016-2020.

Ainsi, son président Frédéric Thiriez, a souhaité anticiper d’un an l’appel d’offres afin de profiter de la guerre déclarée entre les deux diffuseurs Canal Plus et BeIN Sports pour faire monter les enchères. A la dernière minute, il a même avancé de plusieurs semaines l’appel d’offres pour pouvoir devancer celui de l’UEFA concernant les droits de la C1 et de la C3. Des anticipations qui ont valu des recours judiciaires infructueux de la part de Canal Plus. En plus de ce calendrier avancé d’un an, Frédéric Thiriez a également mis au point un système d’enchères séquentielles permettant ainsi de valoriser l’ensemble des lots remis en jeu.

La LFP établit un nouveau record concernant les droits TV

« Le football français aura maintenant les moyens de se battre à armes presque égales avec ses concurrents européens. » Frédéric Thiriez a lâché cette phrase à la sortie du cabinet Clifford Chance, lieu d’émission de l’appel d’offres. A première vue, Frédéric Thiriez a raison d’avoir le sourire : les droits TV de la Ligue 1 et Ligue 2 ont été revalorisés à 748,5 millions d’euros ce qui constitue une progression de 23% par rapport à la période précédente.

Cependant, le rattrapage au niveau européen annoncé n’est pas totalement vrai. Aujourd’hui, la Premier League bénéficie de droits TV domestiques supérieurs à 1,2 milliard d’euros par an. La Serie A fait également mieux avec des droits de l’ordre de 840 millions d’euros par saison.

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Nationalité et équité dans le football

Certes, l’augmentation permet tout de même de devancer la Liga et la Bundesliga. Le championnat allemand bénéficie de droits TV annuels de l’ordre de 628 millions d’euros. Les droits TV de la Liga sont aux alentours de 650 millions d’euros annuels.

Cependant, la comparaison possède un biais. Pour les quatre championnats cités précédemment, il s’agit de droits TV actuels. Or, les droits cités pour la Ligue 1 (et Ligue 2) concernent la période 2016-2020. Etant donné les éléments conjoncturels dans les quatre pays majeurs (accroissement de la concurrence entre opérateurs TV, performances européennes des clubs, progression sans interruption des droits TV lors des dernières années…), il y a de fortes chances que les prochains appels d’offres permettent une progression continue des droits TV. La Ligue 1 n’est alors pas certaine de devancer la Bundesliga (dont le contrat actuel s’achève à l’issue de la saison 2016-17) ou encore la Liga sur la période 2016-20…

Les patrons de club ne sont pas forcément satisfaits

Globalement, les patrons de club se sont montrés beaucoup moins satisfaits que le président de la LFP. Bernard Caiazzo, co-président de l’ASSE, a évoqué un « demi-succès ». Jean-Pierre Rivère, le patron de l’OGC Nice est allé plus loin en évoquant une certaine déception : « Je pense que le timing était bon et qu’on aurait pu obtenir davantage.  C’est une déception. »

Jean-Michel Aulas, patron de l’Olympique Lyonnais, a tout de même souhaité pointer un aspect positif de cet appel d’offres : « Cela donne de la visibilité vis-à-vis des banques et des investisseurs. » Un argument partagé par Jean-Pierre Rivère : « Si on veut être positif, cette hausse donne une visibilité jusqu’en 2020. »

Clairement, les dirigeants de club s’attendaient à mieux. Ils espéraient obtenir un montant supérieur à 900 millions d’euros. Une valeur qui aurait permis de compenser les 200 millions d’euros de charges supplémentaires que les clubs professionnels français subissent depuis 2010 (suppression du DIC, création de la taxe exceptionnelle à 75%…).

Pourquoi les droits TV ne se sont-ils pas envolés ?

Tous les acteurs du football français sont unanimes sur un point : le timing était parfait pour lancer un appel d’offres sur les droits TV de la Ligue 1 et Ligue 2. En effet, les deux diffuseurs principaux, Canal Plus et BeIN Sports, se livrent différentes batailles judiciaires en coulisse. De plus, cet appel d’offres constituait une bataille extrêmement importante pour leur business model.

Pourtant, l’affrontement n’a pas été aussi virulent que cela. Au final, Canal Plus est même parvenu à récupérer un lot supplémentaire à son concurrent. En effet, la chaine cryptée conserve ses deux lots principaux et elle obtient la diffusion du match du vendredi soir, accordée lors des droits 2012-16 à BeIN Sports. En plus de cela, Canal récupère également l’affiche du lundi soir de Ligue 2 au profit d’Eurosport. Pour assouvir cet objectif, Canal Plus déboursera 550 millions d’euros par an (vs 420 millions d’euros par an sur la période 2012-16).

De son côté BeIN Sports ne s’est pas lancée dans une bataille effrénée pour conserver ses lots. Le groupe qatari déboursera donc 198,5 millions d’euros pour l’acquisition du lot 3 (diffusion en direct des sept rencontres restantes de Ligue 1), les résumés des rencontres, la vidéo à la demande ainsi que les droits des 9 rencontres restantes de Ligue 2 (évalués à 12 millions d’euros). Cela constitue une faible augmentation par rapport au montant investi sur la période 2012-16.

nasser al khelaifi

Nasser Al Khelaifi, directeur général de BeIN Sports, a préféré éviter la surenchère sur la Ligue 1 pour conserver des fonds pour l’appel d’offres émis par l’UEFA au sujet des droits de la Ligue des Champions.

D’après de nombreux experts et présidents de club, le groupe qatari se réserve pour l’appel d’offres émis par l’UEFA et devant démarrer le 07 avril. Cet appel d’offres concerne les droits TV de la C1 et C3 pour la période 2015-18. Lors des négociations déjà menées par l’UEFA dans d’autres pays, les droits ont en moyenne augmenté entre 20 et 25% (Angleterre, Italie…). BeIN Sports, qui débourse actuellement 61 millions d’euros, souhaite à minima conserver son lot. Et le groupe n’hésitera pas à enrôler l’intégralité de la compétition si elle le peut afin de diffuser les rencontres du PSG.

Si tel était le cas, Canal Plus se consolerait en animant ses nouvelles cases horaires du lundi et vendredi soir.

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