Economie développement football ligue 1 sénégalaise

Publié le 17 mars, 2017 | par Anthony Alyce

Le football sénégalais traverse une crise de développement

Alors que le Sénégal possède une équipe nationale de premier plan sur le continent africain, les clubs sénégalais ne parviennent pas à entrer dans un cycle durable de croissance économique et sportive.

A l’image des saisons précédentes, aucun club sénégalais n’est parvenu à franchir le cap des tours préliminaires des compétitions continentales africaines au mois de février dernier. En Ligue des Champions, le club de l’US Gorée, champion en titre, est tombé face à la formation guinéenne d’Horoya Athlétic Club. Et le club de Niary Tally, actuel deuxième du championnat sénégalais, s’est fait sortir en tour préliminaire de la Coupe de la Confédération face aux Camerounais de l’APEJES Academy.

Si les résultats obtenus sont décevants, ils ne surprennent pas les dirigeants de la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel (LSFP). Alors que ses dirigeants tentent depuis plusieurs années de professionnaliser le football sénégalais à travers diverses mesures, les clubs peinent à trouver des relais de croissance.

Les réformes imposées par la Ligue afin d’instaurer une organisation sous forme de société commerciale à la tête des clubs – à l’image du fonctionnement des clubs européens – n’ont pour le moment produit aucun effet. Alors qu’un budget minimal de 50 millions de francs CFA (76 000 €) est désormais requis pour participer à l’élite du football sénégalais, la plupart des clubs éprouvent des difficultés à atteindre ce montant.




Contrairement à certains championnats voisins, le football sénégalais est assez peu soutenu par l’administration publique. Alors que les clubs ivoiriens reçoivent des subventions pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de francs CFA par an, les clubs sénégalais continuent à évoluer dans des enceintes vétustes ne permettant pas de mettre en place des stratégies efficientes de billetterie.

Le championnat sénégalais n’attire pas les sponsors

Le marasme économique dans lequel est plongé le championnat ne favorise pas également l’arrivée de partenaires commerciaux. Principal soutien de la compétition, l’opérateur téléphonique SONATEL – commercialisant ses produits désormais sous la marque Orange – a distribué au cours des derniers exercices une enveloppe de l’ordre de 380 millions de francs CFA (575 000 €) par saison. Un montant qui n’a malheureusement pas été assez important pour amorcer la croissance économique du football sénégalais.




Ainsi, pour survivre, les clubs ont besoin des injections financières réalisées par leur propriétaire ou encore des transferts de joueurs, vendus à d’autres clubs continentaux ou en Europe. En 2015, le transfert de Papy Djilabodji du FC Nantes à Chelsea, a ainsi permis au petit club de Kaolack FC d’empocher 33 millions de francs CFA (50 000 €) d’indemnités de formation.

Enfin, certains clubs ont la chance d’obtenir le soutien de clubs européens. C’est notamment le cas de Génération Foot, qui a noué un partenariat de longue date avec le FC Metz. Bien que cet accord permette au FC Metz de recruter les éléments les plus prometteurs du club de Dakar, ce partenariat permet à Génération Foot d’amorcer un développement plus rapide que ses rivaux. Le salut du championnat sur la scène continentale passera surement par ce club, qui occupe actuellement la tête de la Ligue 1 sénégalaise.

Source photo à la Une : Flickr.com (Jeff AttawayCC BY 2.0)


A propos du contributeur / de la contributrice

Spécialiste des problématiques sport-business, j'interviens régulièrement pour différents médias sur des sujets liés à l'économie du football. Entrepreneur & Fondateur d'Ecofoot.fr



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