Stratégie asse rachat geoffroy guichard

Publié le 20 mars, 2017 | par Anthony Alyce

Pourquoi les entreprises du CAC 40 n’investissent-elles pas en Ligue 1 ?

Alors que de nombreux clubs de Ligue 1 peinent à s’inscrire dans un cycle durable de croissance commerciale, la captation d’investissements en provenance des grandes entreprises françaises pourrait constituer une solution. Un mouvement qui semble néanmoins difficile à mettre en place.

Lors de l’exercice 2015-16, la Ligue 1 a enregistré pour la troisième saison consécutive des recettes de sponsoring supérieures à 300 M€. Un résultat intéressant mais qui dissimule de nombreuses disparités. Tandis que le PSG parvient à s’inscrire dans un cycle durable de croissance commerciale, la plupart des autres formations de L1 ont besoin d’éléments exceptionnels (inauguration d’un nouveau stade, qualification inattendue pour une compétition européenne) pour enclencher une dynamique importante de croissance. Une croissance qui a tendance à retomber à la moindre contre-performance sportive.

Alors que le championnat peine à s’inscrire dans un mouvement global haussier concernant ses revenus de sponsoring ; le retour d’investissements en provenance des entreprises du CAC 40 est une solution régulièrement évoquée pour enclencher une dynamique haussière durable.

Toutefois, ce phénomène ne semble pas encore d’actualité au sein du football professionnel français. Ayant peu à peu déserté la discipline, plus aucun club de L1 ou de L2 ne possède un accord de sponsoring majeur avec une entreprise du CAC 40. Et face à la nécessité de trouver davantage de moyens pour conserver une certaine compétitivité, les propriétaires de clubs de L1 et L2 vendent plutôt leur formation à des investisseurs étrangers, faute de postulants français.

Pourquoi la L1 n’intéresse-t-elle pas les décideurs du CAC 40 ?

Selon Geoffroy Garétier, footballogue et consultant Canal + que nous avions eu le plaisir d’interroger au mois de septembre dernier, trois éléments expliquent la désertion des grandes entreprises françaises du football hexagonal : les problèmes d’image, le manque de prestige des clubs et les pertes financières chroniques affichées par les formations de L1.




Lors d’une interview accordée à Denis Chaumier pour l’ouvrage Secrets de Présidents, le dirigeant stéphanois Bernard Caiazzo avance d’autres arguments pour expliquer ce phénomène. S’il confesse que les dirigeants de clubs n’ont pas tout mis en place jusqu’à présent pour créer de vraies relations avec les grands patrons français, le Président du Directoire de l’ASSE met également en lumière des facteurs inhérents au fonctionnement de l’économie française pour expliquer ce phénomène.

« N’oublions pas une chose. 80% des sièges des grands groupes français sont logés à Paris. En Allemagne, avec le système des landers, il existe trois ou quatre grosses entreprises dans chaque ville. Quelle est la grande entreprise nationale du CAC 40 basée à Caen, à Saint-Etienne ou à Nice ? » interroge ainsi le dirigeant stéphanois.

A l’heure où les clubs allemands ont tissé des relations de proximité très fortes avec des entreprises au rayonnement mondial mais basés dans leur zone géographique – les sociétés Adidas et Allianz possèdent leur siège social en Bavière et sont actionnaires du Bayern Munich par exemple – les stratégies de sponsoring actionnarial développées par de nombreux clubs allemands sont ainsi plus difficiles à mettre en place en L1 en raison du centralisme français.

 Si l’organisation de l’espace français – avec une concentration des pouvoirs politiques et économiques en région parisienne – peut constituer un obstacle ; elle n’est pas en revanche un frein irrémédiable condamnant toute possibilité de collaboration entre un grand groupe français et un club de L1. D’autres sports tels que le rugby, le tennis ou encore la voile parviennent à séduire les grandes entreprises hexagonales.

Lors des exercices à venir, les clubs français pourraient d’ailleurs recevoir un coup de pouce inattendu. Certains candidats à l’élection présidentielle ont notamment annoncé la mise en place de dispositifs permettant d’encourager le mécénat et le sponsoring au sein du secteur sportif professionnel. Des intentions qui pourraient se traduire par une réduction de certaines contraintes voire des aménagements fiscaux. Dossier à suivre…

Source photo à la Une : Wikipedia.org – CC BY-SA 3.0


A propos du contributeur / de la contributrice

Spécialiste des problématiques sport-business, j'interviens régulièrement pour différents médias sur des sujets liés à l'économie du football. Entrepreneur & Fondateur d'Ecofoot.fr



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Back to Top ↑