Economie

L’ouverture du marché français aux paris sportifs

Cette semaine, Ecofoot propose un bilan sur l’ouverture à la concurrence des sites de paris sportifs. Un an et demi après cette dérégulation du marché, quels sont les résultats et quelles réformes entreprendre pour améliorer le plaisir du joueur ainsi que la rentabilité des entreprises ? Si ce marché a connu un « boom » important lors de son ouverture durant la coupe du monde 2010, il a désormais tendance à stagner voire à décroitre, ce qui n’augure pas un avenir radieux…

Lors de l’ouverture du marché français aux acteurs des paris en ligne en juin 2010, tout semblait rose pour ce secteur d’activité. Et les premiers chiffres ont plutôt été encourageants. En six mois seulement, la France comptait 3 millions de comptes ouverts dont près de 2,1 millions de comptes actifs (joueur effectuant des mises au moins une fois par mois). Les sites de paris et de poker réunissaient également 500 000 joueurs actifs par semaine. Cela a engendré sur cette période de 6 mois 5 milliards d’euros de mises.

Mais en regardant les chiffres de plus près, les paris sportifs représentent moins de 10% du marché du gambling. 82% des mises concernent en réalité le poker qui bénéficie d’un véritable effet de mode. 3,7 milliards ont été joués en cash-game et 412 millions d’euros en tournoi. Les paris sportifs n’ont engendré que 450 millions d’euros de mises, soit autant que les paris hippiques…

Un marché stagnant

Malgré six bons premiers mois, le marché stagne. Le nombre de nouveaux joueurs ne grossit plus. Elément encore plus grave : lors du premier semestre 2011, les mises concernant les paris sportifs n’ont atteint que 293 millions d’euros contre 496 millions en turf et 3,77 milliards en poker… Les grands acteurs des paris en ligne se livrent une véritable guerre commerciale et de communication pour attirer les joueurs de la concurrence (surenchère des bonus d’inscription, réévaluation des côtes, sponsoring d’événements et clubs sportifs…).

Aujourd’hui, les grands acteurs estiment que le marché français n’a atteint que 25% de son potentiel. Et ils prétendent qu’ils ne pourront pas aller au-delà tant que la fiscalité française ne changera pas dans ce domaine (3 à 4 fois supérieure à la taxation appliquée dans les autres pays européens). L’Etat français, contrairement à de nombreux pays européens, a mis en place une taxation à la source, directement sur les mises au lieu de l’appliquer sur le produit brut des jeux. Elle est de 8,5% pour les paris sportifs, 15,5% pour les paris hippiques et 2% pour le poker. Autrement dit, à chaque fois qu’un joueur mise 100 € dans les paris sportifs, peu importe les gains ou les pertes, celui-ci a donné 8,5€ à l’Etat. Ainsi, les côtes des paris sportifs sont désormais nettement moins intéressantes qu’avant la légalisation de ce marché. Cette taxation supportée par les joueurs ne favorise pas une croissance du secteur. Et l’Arjel limite également le nombre de paris disponibles. Par exemple, il n’est plus possiblement actuellement de parier sur les matchs amicaux internationaux. L’ensemble de ces caractères déceptifs poussent certains joueurs confirmés à contourner la loi pour parier sur des sites étrangers proposant une offre plus ample et des côtes bien plus attractives.

Si aucune réforme fiscale n’est menée dans ce secteur, un phénomène de concentration risque d’intervenir afin de diminuer la pression concurrentielle. Aujourd’hui, les trois premiers acteurs dominent largement le marché. Betclic possède près de 40% des parts de marché des paris sportifs devant Betclic et la Française des Jeux. Mais hormis la FDJ, les grands acteurs du secteur sont actuellement peu rentables en France et la concentration devrait s’accélérer dans les années à venir.

Mais différents députés et sénateurs ont travaillé récemment sur le sujet afin de proposer de nouvelles réforment permettant de diminuer le phénomène de concentration et les tentatives de paris via des sites étrangers. Cette réforme porte surtout sur un changement radical de la fiscalité. Mais il est peu probable que ces bouleversements interviennent étant donné la crise économique que traverse l’Hexagone actuellement.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des 69 propositions à cette adresse : http://www.senat.fr/rap/r11-017/r11-017-syn.pdf

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