Economie

La Ligue 1 supporte-t-elle une masse salariale trop importante ?

Alors que la Ligue 1 a accusé plus de 102 M€ de pertes financières lors du dernier exercice 2013-14, les avis divergent concernant la raison principale des déficits accumulés par les clubs du championnat français. A la lecture des bilans, la masse salariale représente un problème majeur au sein d’une majorité de clubs de l’élite. Explications…

Les dirigeants de Ligue 1 sont unanimes sur le constat : ils ne peuvent continuer à accumuler les pertes financières exercice après exercice. Après avoir essuyé plus de 17,5 M€ de pertes lors de la saison 2012-13, le championnat français de L1 a rendu une copie inquiétante lors du dernier exercice 2013-14 en accusant plus de 102 M€ de déficits malgré 115 M€ d’abandon de créances ! Pour la saison en cours, la LFP prévoit un nouveau déficit à hauteur de 44 M€.

A la lecture de ce bilan, il est alors compréhensible que les investisseurs ne se bousculent pas pour rentrer dans le capital social des clubs de Ligue 1. Alors que Marc Coucke était attendu pour prendre les rênes du LOSC à l’issue de la saison 2014-15, l’homme d’affaires belge a indiqué que le moment n’était pas venu pour lui de prendre le contrôle du club nordiste. Avec plus de 16 M€ de pertes financières lors de l’exercice 2013-14, le LOSC n’apparait pas comme un investissement très attractif aux yeux de l’ancien propriétaire de la firme Omega Pharma.

La Ligue 1 a-t-elle un problème avec sa masse salariale ?

Globalement, le championnat de France de Ligue 1 possède une masse salariale chargée conforme à son niveau de revenus. La masse salariale totale de la L1 représente 64% des revenus opérationnels du championnat. Un ratio qui respecte assez sereinement la limite maximum imposée par l’UEFA – fixée à 70% – aux clubs participant aux compétitions continentales dans le cadre du fair-play financier.

Néanmoins, ce ratio général cache une nouvelle fois une grande disparité des situations. Après analyse complète des comptes 2013-14 des 20 clubs de Ligue 1, 11 formations de l’élite ne respectent pas ce critère. Le cas le plus problématique concerne notamment le Stade Rennais qui dépense plus de 96% de ses recettes opérationnelles dans le paiement de sa masse salariale chargée ! Ainsi, le club rennais enregistre 42,560 M€ de revenus opérationnels pour une masse salariale chargée de l’ordre de 41,172 M€ !

Si le Stade Rennais est la seule formation de L1 à dépasser la barre des 90%, 5 autres formations du championnat se situent à un niveau supérieur à 80%. Dans ce lot de formations, nous retrouvons notamment le LOSC dont la masse salariale chargée représente plus de 89,5% des revenus opérationnels du club. Ainsi, la hausse des charges liée à l’exploitation du nouveau stade n’est pas seule responsable du résultat négatif important enregistré par le club nordiste. Dans ce lot d’équipes, nous retrouvons également les Girondins de Bordeaux, le Montpellier HSC ou encore le TFC.

masse salariale ligue 1 2013-14

Cinq clubs de Ligue 1 affichent une masse salariale chargée engloutissant entre 70 et 76% des revenus opérationnels. Louée pour son salary cap, l’AS Saint-Etienne se retrouve dans cette situation avec une masse salariale qui représente 75,96% des revenus opérationnels du club lors de la saison 2013-14. Malgré une grille salariale cappée, les bonnes performances du club forézien donnent lieu à d’importantes primes gonflant les rétributions allouées aux joueurs. Cela explique le déficit opérationnel enregistré par le club stéphanois lors de chaque exercice, compensé par de fructueuses transactions opérées sur le marché des transferts.

La Ligue 1 supporte un niveau élevé de charges

Si plusieurs clubs de Ligue 1 n’ont pas respecté le règlement du fair-play financier en matière de masse salariale, l’UEFA se montre indulgente envers un championnat supportant les plus grosses contraintes fiscales. Ainsi, lors du réexamen des finances de l’Olympique Lyonnais, l’UEFA aurait accepté de décompter les dépenses liées au paiement de la taxe à 75% d’après les informations délivrées par Le Parisien. Un procédé qui a permis à l’OL de respecter les niveaux de déficit budgétaire imposés par le dispositif européen.

Lors d’une récente étude menée par l’UCPF, cette dernière mettait en évidence les contraintes fiscales importantes subies par les clubs professionnels français par rapport aux rivaux européens. Pour un salaire de 600 000 € brut annuel, les charges sociales pesant sur le joueur sont de l’ordre de 60 000 € en France contre seulement 13 500 € au Royaume-Uni ou encore 4 000 € en Allemagne. Et l’écart se creuse considérablement au niveau des charges patronales : pour un salaire versé de 1,8 M€ brut annuel, un club de Ligue 1 doit s’acquitter de 904 000 € de charges patronales (taxe à 75% comprise) contre 247 000 € pour un club de Premier League ou encore 12 000 € pour un club de Bundesliga ! Le niveau si peu élevé dans le championnat allemand est dû à la mise en place d’un capping du montant maximal des charges patronales payées par les entreprises allemandes.

Il est évident que la distorsion de fiscalité entre les pays européens donnant lieu à un coût du travail différent joue nettement en la défaveur des clubs français. Néanmoins, sans changement de modèle économique permettant une augmentation brutale des revenus ou réforme fiscale, une majorité de clubs de Ligue 1 devront absolument revoir à la baisse leur masse salariale chargée afin de pouvoir dégager des profits dans les années à venir. Sans changement, la L1 sera contrainte sans cesse de se tourner vers ses actionnaires ou de vendre ses meilleurs joueurs afin d’équilibrer ses comptes.

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