Economie

Maxime Gonalons, premier dommage collatéral de la nouvelle taxe à 75% ?

Alors que l’Olympique Lyonnais et le SSC Napoli sont entrés en discussion au sujet du transfert de Maxime Gonalons ; le club de Jean-Michel Aulas a annoncé en fin de semaine dernière que les comptes du club ne seraient pas à l’équilibre à l’issue de la saison 2013-14 contrairement à ce qui avait été annoncé en début de saison. La taxe à 75% est mise en cause.

Alors qu’à l’issue de la saison 2012-13 terminée sur le podium de Ligue 1, Jean-Michel Aulas s’était montré rassurant à l’égard des investisseurs d’OL Groupe ; le discours a légèrement changé du côté de la direction du club. Un communiqué a été publié en fin de semaine dernière indiquant que le club ne pourrait revenir à l’équilibre budgétaire à l’issue de la saison 2013-14 contrairement à ce qui était prévu. Pour réduire le déficit au maximum, le club a indiqué qu’elle réaliserait plus de ventes de joueurs sur le marché des transferts.

Le communiqué accuse ouvertement la mise en place par le gouvernement de la taxe exceptionnelle à 75% sur les très hauts revenus (au-dessus du million d’euros annuel) d’être responsable de cette situation financière précaire. L’instauration de ce nouveau dispositif fiscal coûtera à l’OL environ 6,5 millions d’euros par saison, somme qui n’avait pas été budgétée par le club.

L’OL ne cesse de perdre de l’argent chaque année

Ainsi, le club lyonnais pourrait clôturer à l’issue de la saison 2013-14 un cinquième exercice consécutif dans le rouge. En 2009-10, plus mauvaise année financière du club, l’OL avait perdu 35,6 millions d’euros. Le déficit a ensuite été réduit lors des exercices suivants avec des pertes évaluées à 28 millions d’euros pour 2010-11 et 2011-12. Enfin, le déficit pour l’exercice 2012-13 est de l’ordre de 19 millions d’euros.

Le déficit cumulé du club sur la période 2009-13 est de l’ordre de 110,6 millions d’euros. Alors que l’OL avait réalisé une introduction en bourse en 2007 afin de financer la construction de son nouveau stade ; l’argent provenant des marchés financiers a surtout été utilisé pour supporter le train de vie trop élevé du club. La valeur de l’action a inexorablement chuté depuis son introduction et le club a besoin d’un recours à des emprunts plus importants pour boucler le financement du stade.

Devant cette situation financière inquiétante, Jean-Michel Aulas avait envoyé des signaux positifs à ses actionnaires lors de l’automne 2012. Il avait notamment promis la baisse du train de vie du club et le retour de l’équilibre budgétaire à la fin de la saison 2013-14. Pour cela, le président lyonnais s’est engagé dans une politique de réduction de masse salariale en vendant les gros salaires du club et en comptant sur les joueurs issus de l’excellent centre de formation. Malheureusement, ce retour à l’équilibre est remis en cause par le nouveau dispositif fiscal.

L’OL pourrait vendre Maxime Gonalons pour minimiser ses pertes

Le non-retour à l’équilibre des comptes de l’OL est-il seulement causé par la mise en place de la taxation sur les très hauts revenus ? Cela n’est pas si évident que cela. En effet, les résultats sportifs décevants de l’OL ont également leur part de responsabilité. Le club, qui avait terminé 3ème la saison dernière en championnat, n’est pas parvenu à se hisser en Ligue des Champions. Cet échec, même s’il a été minimisé par l’état-major de l’OL, provoque un manque à gagner estimé à 18 millions d’euros minimum.

jean michel aulas

Jean-Michel Aulas utilise l’instauration de la taxe à 75% pour expliquer les futurs départs du club.

Et l’actuelle 10ème position occupée par l’OL en championnat n’est pas très rassurante pour les finances. En début de saison, le club avait budgété une troisième place finale afin de rééquilibrer ses comptes. Si le club ne remonte pas la pente en deuxième partie de saison, il pourrait subir une nouvelle baisse de revenus estimée entre 5 et 7 millions d’euros. La seconde partie de saison sera extrêmement importante pour l’OL.

Face aux risques qui pèsent sur les comptes du club, Jean-Michel Aulas sera à l’écoute de toute offre pour un de ses joueurs. Et l’intérêt de Naples au sujet de Maxime Gonalons est écouté par la direction du club contrairement aux récentes déclarations publiques. Le club napolitain serait prêt à débourser 13 millions d’euros pour enrôler le milieu de terrain. D’autre part, le président de l’OL envisage toujours de se séparer également de Bafétimbi Gomis, à six mois du terme de son contrat. S’il y parvient, il économisera 1 800 000 € de salaires chargés et percevra une indemnité de transferts estimée à 2 millions d’euros. Une opération qui pourrait ainsi engendrer un bilan comptable positif de près de 4 millions d’euros.

L’objectif de Jean-Michel Aulas est de ramener les comptes de l’OL à un niveau de déficit compris entre 6 et 8 millions d’euros à la fin de l’exercice 2013-14. Pour y parvenir, il sera contraint de céder un ou deux joueurs durant le mercato hivernal. Des cessions qui étaient de toute manière indispensables pour remettre les comptes à l’équilibre, indépendamment de la taxation à 75%. Mais si Jean-Michel Aulas parvient à son nouvel objectif de déficit fixé, il pourra alors utiliser son sens de la communication pour affirmer que le déficit de l’OL est essentiellement dû à la politique fiscale du gouvernement… Et le club puisera à nouveau dans ses fonds propres pour éponger les pertes.

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