Economie

Quel est le montant des subventions perçues par le football professionnel français

Régulièrement, l’opinion publique ébruite la rumeur selon laquelle le football professionnel français vit sur le dos de l’argent public afin de verser des sommes mirobolantes à ses stars. Si ce système n’était pas totalement faux dans le passé, il n’est plus du tout une réalité depuis une vingtaine d’années. Le football rapporte beaucoup plus à l’Etat qu’il ne coûte…

Autrefois, les maires des différentes villes n’hésitaient pas à soutenir lourdement le club de football local. Vecteur de popularité et de dynamisme économique, il était judicieux alors d’apporter une contribution financière publique importante afin de soutenir le développement de l’équipe professionnelle.

Devant les dérives de ce système, l’Etat a décidé de réguler les subventions accordées aux clubs. Depuis une vingtaine d’années, les aides accordées par les collectivités locales sont très encadrées. Les subventions perçues par le club de football concerné ne doivent pas dépasser 30% de son budget dans une limite de 2,3 millions d’euros par saison. De plus, cette aide doit avoir un objectif d’intérêt général tel que la formation ou la prévention de la violence par exemple.

Cette loi, énoncée dans l’article L.113-2 du Code du sport, a mis fin à toutes les dérives financières concernant les subventions dans le football français. Et depuis la saison 2006-07, elles ne cessent de diminuer suite à une volonté des collectivités de réduire les budgets.

La Ligue 1 a perçu 17 millions d’euros d’argent public

Lors de l’exercice 2011-12, les 20 clubs de Ligue 1 se sont partagés 17 millions d’euros de subventions. Ce montant est en retrait de 28% par rapport à la saison 2006-07.  Cela représente seulement 2% des ressources des clubs. Au total, les 43 clubs professionnels français ont perçu lors de cette saison 29,5 millions d’euros. A titre d’exemple, le cinéma français a reçu 750 millions d’euros d’aides publiques sur la même période…

jean michel aulas

L’Olympique Lyonnais, présidé par Jean-Michel Aulas, a perçu 310 000 € de subventions en 2012.

Et la baisse des subventions devrait se poursuivre. Jusqu’à présent, le PSG percevait 2,3 millions d’euros de la part de la Mairie de Paris par saison. Depuis l’arrivée des nouveaux actionnaires, la mairie a tout simplement décidé de ne plus attribuer d’aides publiques au club parisien. A Montpellier, le montant de la subvention du MHSC devrait se situer en dessous de celle accordée au club de rugby de la ville et au même niveau que celui de handball.

Des subventions indirectes aident le football français

Il serait intellectuellement malhonnête de s’en tenir uniquement aux subventions directes perçues par les clubs de football. Les différents clubs de Ligue 1 et Ligue 2 bénéficient d’aides de l’Etat concernant la modernisation ou la construction de nouveaux stades. L’Etat a notamment décidé d’accorder une enveloppe de 160 millions d’euros pour moderniser les stades français en vue de l’Euro 2016.

Cependant, dans la plupart des cas (excepté Lyon), le stade n’appartient pas au club mais à la collectivité. Les clubs doivent alors s’acquitter de lourds loyers pour pouvoir l’exploiter. C’est notamment le cas à Lille où le LOSC reverse chaque saison 4,5 millions d’euros à la communauté urbaine. Toujours dans le Nord-Pas-de-Calais, Valenciennes paie chaque saison 1,5 millions d’euros pour exploiter son nouveau stade.

De plus, l’aide publique accordée profite également à la collectivité. Les chantiers initiés pour la rénovation ou construction de stade permettent de dynamiser le secteur du BTP local et de créer de nombreux emplois. L’activité de BTP liée au football a créé plus de 1300 emplois en 2011 pour un CA estimé à 176 millions d’euros.

Aujourd’hui, il est faux de penser que le football professionnel français vit sur le dos de l’argent public. Alors que les clubs ne reçoivent que 29,5 millions d’euros d’aides publiques directes ; ils reversent chaque saison près de 700 millions d’euros de taxes et impôts à l’Etat. Et le ratio risque encore de s’accroître avec l’instauration de la taxe à 75%…

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