Economie

Montpellier, le bon élève financier de Ligue 1 ?

D’après le rapport d’activités des comptes de Ligue 1 de l’exercice 2012-13 publié cette semaine par la LFP, le Montpellier HSC de Louis Nicollin fait figure de bon élève. Avec un résultat net positif de 9,7 millions d’euros, le club héraultais pourrait faire des envieux auprès de ses rivaux. Mais ce résultat est-il lié à une excellente gestion ou seulement du à des circonstances exceptionnelles ? Ecofoot.fr a plongé dans les coulisses du compte héraultais…

Lors de l’exercice 2011-12, le club de Montpellier se situait déjà parmi les bons élèves de Ligue 1 avec un bilan positif de 1,2 millions d’euros  (3ème bilan de Ligue 1). A l’époque, le club héraultais avait connu une saison exceptionnelle avec notamment son premier titre de champion de France qui avait permis d’accroitre considérablement ses revenus en provenance des droits TV.

Lors de l’exercice 2012-13, le club si cher à Louis Nicollin a fait encore plus fort en enregistrant un résultat net positif de 9,7 millions d’euros, soit le meilleur bilan de Ligue 1. Et encore, le résultat positif du club est minimisé par le paiement de l’impôt sur les sociétés (6 millions d’euros). Avant impôt, le club a réalisé un bénéfice record de 15,7 millions d’euros. Pourtant, Montpellier encore entrainé à l’époque par René Girard avait terminé à une anonyme neuvième place.

Le MHSC a bénéficié des importants revenus de la Ligue des Champions

Entre les exercices 2011-12 et 2012-13, les revenus du club héraultais ont progressé de 37%. Ils sont passés de 54,827 à 75,317 millions d’euros (hors recettes de transferts). Cette hausse significative des revenus est intégralement due à la participation du club à la phase de poules de la Ligue des Champions.

Cette participation à la C1 a permis au club d’accroitre significativement ses revenus en provenance des droits TV. La Ligue des Champions a permis au club héraultais de percevoir 32,3 millions d’euros de revenus incrémentaux. Un revenu qui a largement compensé la perte de recettes en provenance des droits TV de Ligue 1 : champions en 2011-12, les Montpelliérains avaient alors perçu 36,3 millions d’euros de droits TV contre seulement 21,8 millions d’euros en 2012-13.

Outre l’augmentation globale des droits TV, le club héraultais a également vu ses revenus de billetterie s’accroitre significativement. Alors que le club avait enregistré un revenu de 4,2 millions d’euros en 2011-12, il est parvenu à générer 5,6 millions d’euros en 2012-13. Cela constitue une progression de 34%. Cette croissance est une nouvelle fois étroitement liée à la participation à la phase de poules de la Ligue des Champions. Même si le club a légèrement augmenté ses tarifs en Ligue 1 (en stabilisant l’affluence moyenne entre les deux exercices), l’essentiel de la progression est générée par les rencontres de gala issues de la Ligue des Champions.

Le MHSC possède une balance des transferts positive

Si la participation à la Ligue des Champions a permis au club de générer des revenus exceptionnels, d’autres phénomènes conjoncturels expliquent l’excellent bilan du club. La politique de transferts menée par le club à l’issue du titre de champions de France a notamment permis de générer des profits importants. Le club possède sur la saison 2012-13 une balance positive des transferts de l’ordre de 9 millions d’euros. Cette balance positive est notamment due aux ventes de Giroud ou Yanga-Mbiwa. En termes de recrutement, Montpellier n’a pas réalisé de folies : le plus gros transfert concerne le recrutement de Daniel Congré en provenance de Toulouse contre une indemnité avoisinant 4,5 millions d’euros. Au total, Montpellier a dépensé un peu plus de 8 millions d’euros sur le marché des transferts.

olivier giroud

Le transfert d’Olivier Giroud à Arsenal a rapporté au club héraultais un montant légèrement supérieur à 12 millions d’euros.

Au niveau des charges, le club a tout de même connu une inflation de sa masse salariale entre les exercices 2011-12 et 2012-13. Cette dernière est passée de 36,4 à 44,9 millions d’euros, ce qui constitue une progression de 23%. De nombreux contrats ont été revalorisés à l’issue du titre de champion de France. Cependant, le club ne possèdera pas les juteux revenus de la Ligue des Champions en 2013-14 pour supporter cette masse salariale. Mais la direction a anticipé le problème en cédant notamment Younes Belhanda au dernier mercato estival.

La DNCG a raison de montrer le club de Louis Nicollin en exemple pour son excellente gestion. La direction héraultaise a su se montrer prudente malgré les revenus juteux de la Ligue des Champions. Si l’attitude s’est avérée être vertueuse financièrement, la famille de football français peut regretter une absence de prise de risques sur le plan sportif. En effet, avec quelques efforts supplémentaires sur le marché des transferts, le club aurait pu mieux figurer en Ligue des Champions et maintenir un haut niveau de performance en Ligue 1. Montpellier a préféré jouer la carte de la modération. Une prudence qui devrait aider le club à obtenir un résultat net autour de l’équilibre pour l’exercice 2013-14 (même si un léger déficit est envisagé) malgré des résultats sportifs en-deçà des objectifs.

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