Economie

Les moyens limités de la Liga Sagres

Paradoxalement, en pleine crise économique, le championnat portugais de Liga Sagres est parvenu à subtiliser la 5ème place à la Ligue 1 au coefficient UEFA. Pourtant, le championnat portugais est loin de bénéficier des moyens alloués au top 5 historique des championnats européens. Ecofoot.fr met en lumière le miracle permanent réalisé par les clubs lusitaniens…

L’édition 2013-14 de la Ligue des Champions ne restera pas dans les annales des clubs portugais. Aucun club n’est parvenu à s’extirper de la phase de poules de la Ligue des Champions. Pour le moment, la C3 ne donne pas non plus entière satisfaction : Vitoria Guimaraes, Paços de Fereira, Estoril ont été éliminés en phase de poule.

Une saison qui constitue une exception dans le parcours des clubs portugais. L’an dernier encore, le FC Porto était parvenu à atteindre les huitièmes de finale de Ligue des Champions alors que le Benfica Lisbonne atteignait la finale de l’Europa League. Deux clubs qui peuvent encore sauver la saison européenne de la Liga Sagres : les deux formations sont encore en course en Europa League.

Les résultats européens enregistrés ces dernières saisons par les clubs portugais sont exceptionnels. La Liga Sagres est loin de bénéficier des moyens financiers du top 5 historique européen. La somme cumulée des 16 budgets de Liga Sagres pour la saison 2013-14 atteint 206,9 millions d’euros. Cela représente un budget moyen de 12,93 millions d’euros par club. Un montant dérisoire par rapport à la Ligue 1 – principal concurrent à l’indice UEFA – où le budget moyen pour la saison 2013-14 se situe aux alentours de 70 millions d’euros. Quatorze des seize formations de Liga Sagres possèdent un budget équivalent ou inférieur au plus petit budget de Ligue 1 (Ajaccio avec 20 millions d’euros).

De plus, les budgets des différents clubs portugais connaissent une baisse depuis plusieurs années. La crise économique traversée par le pays affecte le championnat. Ainsi, à périmètre comparable, les budgets des clubs de Liga Sagres ont baissé de 19% entre 2012-13 et 2013-14. Une contraction des budgets qui concerne autant les petits clubs – qui souffrent des baisses de revenus de sponsoring et de billetterie – que les gros clubs qui doivent faire face à des remboursements d’emprunts dus à des années d’excès budgétaires (cas du Sporting Portugal).

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La répartition des revenus est inégale au sein de la Liga Sagres

Ainsi, seuls deux clubs de Liga Sagres ont connu une hausse de budget entre les saisons 2012-13 et 2013-14 (hors promu). Il s’agit de Rio Ave et d’Estoril. Ces deux hausses de revenus sont dues à des résultats sportifs exceptionnels l’an dernier, entrainant même une qualification en Europa League pour le modeste club d’Estoril.

Globalement, la répartition des budgets est très inégale en Liga Sagres. Cette inégalité en termes de budget est inévitablement du à des écarts de revenus. La Liga Sagres possède ainsi un mode de fonctionnement similaire à la Liga BBVA. Le FC Porto, qui domine la première place du classement des budgets, représente à lui seul 43% des budgets du championnat. Le trio de tête (FC Porto, Benfica Lisbonne et Sporting Portugal) représente 77% des budgets de Liga Sagres.

La répartition inégale des revenus est très perceptible au niveau des droits TV. Estimés à 60 millions d’euros par an (soit un montant 10 fois inférieur aux revenus de la Ligue 1), les trois gros clubs portugais se répartissent plus de 90% de ce revenu. Ainsi, le FC Porto et le Sporting Portugal perçoivent respectivement 20,7 et 27 millions d’euros par an via leur accord conclu avec le diffuseur Olivedesportos jusqu’en 2017. Le Benfica Lisbonne, qui a lancé sa propre chaine Benfica TV afin de bénéficier d’une meilleure couverture à l’étranger, percevrait la somme de 11 millions d’euros pas an. A noter que dans les sommes perçues par le FC Porto et le Sporting sont également comptabilisées les revenus publicitaires générés par leur enceinte et gérés par le diffuseur TV.

Cette négociation individuelle des droits TV portugais pénalisent très fortement les petits clubs qui perçoivent des sommes très en-deçà des montants reçus par les trois géants. Les 13 autres formations du championnat portugais se partagent la somme de 5 millions d’euros par saison. L’actuel président de la Ligue Portugaise, Mario Figueiredo, milite pour instaurer une collectivisation dans les négociations et la répartition des droits TV. En procédant ainsi, Figueiredo est convaincu que le championnat portugais pourrait tirer des revenus bien plus importants. La collectivisation faciliterait la vente des droits TV à l’international. Mais il se heurte pour le moment au refus catégorique des directions des trois grands clubs portugais.

benfica tv

Le Benfica Lisbonne, qui a investi des moyens financiers pour lancer sa propre chaîne de TV, ne souhaite pas mutualiser les droits de la Liga Sagres.

La Liga Sagres s’appuie-t-elle exclusivement sur ses clubs phares ?

Les écarts de revenus perçus dans la redistribution des droits TV sont également visibles au niveau de la billetterie ou encore du sponsoring. Si le FC Porto, le Sporting Portugal ou encore le Benfica Lisbonne perçoivent 4 millions d’euros par an de sponsoring maillot grâce à leur accord signé avec Portugal Telecom, les autres formations du pays ne génèrent que quelques centaines de milliers d’euros par saison.

Ces écarts de revenus favorisent la position dominante du FC Porto ou du Benfica Lisbonne (le cas du Sporting Portugal est différent à cause d’un endettement important). Ce n’est pas un hasard si les deux clubs s’accaparent quasiment tous les titres nationaux ces dernières années. Cette spirale positive a également permis aux deux clubs d’investir massivement dans la formation et le dénichage de talents grâce à un réseau de scouts étendus en Amérique du Sud. Cependant, les plus-values réalisées sur les marchés des transferts restent indispensables pour maintenir leur train de vie et supporter la masse salariale.

Enfin, il serait réducteur d’imaginer que la cinquième place au coefficient européen du Portugal soit uniquement due aux clubs phares du championnat. Cette saison, les parcours d’Estoril ou de Paços de Fereira n’ont pas été moins bons que ceux de l’OGC Nice ou encore de l’AS Saint-Etienne. Les clubs portugais, disputant la Ligue des Champions ou l’Europa League, mettent toutes leurs chances de leur côté pour réaliser le meilleur parcours possible. Un état d’esprit qui a permis au Sporting Braga d’atteindre la finale de l’Europa League en 2011, perdant la compétition face au … FC Porto !

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