Stratégie

L’opposition Blatter – Platini pour la présidence de la FIFA a démarré

Alors qu’aucun des deux protagonistes n’a déclaré officiellement sa candidature pour la présidence de la FIFA dont les élections se tiendront en 2015, Sepp Blatter et Michel Platini s’affrontent déjà à coup de déclarations polémiques ou de décisions d’envergure. Explications…

Alors que Sepp Blatter n’a pas encore annoncé ouvertement sa candidature, il a laissé entendre à la télévision suisse qu’il ne serait pas contre un cinquième mandat à la tête de la FIFA. Président de la gouvernance du football mondial depuis 1998, il souhaiterait poursuivre ses missions pour quatre années supplémentaires.

Pour le moment, Sepp Blatter ne possède que Jérôme Champagne comme adversaire déclaré. Candidat qui pourrait se rallier à l’actuel président de la FIFA au moment de sa déclaration officielle de candidature. En revanche, le patron suisse du football mondial sait qu’il devra très certainement affronter un rival bien plus coriace en la personne de Michel Platini.

L’actuel président de l’UEFA depuis 2007 a indiqué qu’il révèlerait sa décision à la suite de la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Beaucoup de ses proches collaborateurs pensent qu’il se lancera dans la bataille pour acquérir la présidence de la FIFA. Lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’UEFA un an plus tôt, il avait déclaré qu’il était le seul candidat crédible à pouvoir battre Sepp Blatter.

Sepp Blatter torpille la candidature de Michel Platini

L’actuel président de la FIFA, Sepp Blatter, n’a pas attendu la déclaration officielle de son rival pour miner le terrain. Dernièrement, il est souvent revenu sur l’attribution du Mondial 2022 au Qatar en évoquant une « erreur » commise par la FIFA. En prenant la parole systématiquement sur ce sujet, Blatter essaie de nuire aux ambitions de Platini au sein de la FIFA. En effet, lors du vote servant à désigner le pays hôte pour l’organisation de la Coupe du Monde 2022, Michel Platini a toujours affirmé son soutien à l’émirat alors que Sepp Blatter avait voté pour les Etats-Unis. Suite aux différents scandales touchant cette désignation (travail assimilé à de l’esclavagisme, déplacement de la date de la Coupe du Monde à cause du climat, soupçons de corruption…), Blatter n’hésite plus à mettre en cause ce choix. Il s’agit également d’une manière habile de détourner les regards autour de l’attribution 2018 accordée à la Russie…

Outre le débat sur le choix du Qatar, les deux candidats s’opposent également sur l’intégration d’outils technologiques afin d’assister l’arbitrage. Sepp Blatter a donné son accord pour l’utilisation du système « Goal Control » pour la Coupe du Monde 2014. Ce système permettra de définir à coup sûr si le ballon a entièrement franchi la ligne de but. Cette mise en place a été étudiée après le but non-accordé de Franck Lampard en huitième de finale de Coupe du Monde 2010 face à l’Allemagne. Sepp Blatter fait un pas un avant vers l’introduction de la technologie alors que Platini a toujours réfuté l’idée en prétextant des arguments financiers. De son côté, l’UEFA a poussé pour l’instauration d’un arbitrage à 5 avec deux hommes placés à proximité des surfaces de réparation. Un système qui subit de nombreuses critiques de la part de divers acteurs.

platini

Selon Michel Platini, l’introduction de la vidéo au sein de la Ligue des Champions et de l’Europa League coûterait 54 millions d’euros sur 5 ans.

La FIFA et l’UEFA sanctionnent lourdement

Pour appuyer leur candidature et convaincre les différents membres du Congrès votant à l’élection, les deux hommes forts comptent sur leur bilan au sein de leurs institutions. Cela pousse les deux prétendants à prendre des mesures d’envergure. Ainsi, les premières sanctions du Fair Play Financier, mécanisme imaginé par Michel Platini pour lutter contre la spéculation et le surinvestissement au sein du football européen, sont tombées dernièrement. Des clubs évoluant dans les grands championnats européens tels que Manchester City ou le PSG sont concernés. Cependant, le système reçoit de vives critiques de la part de certaines ligues qui considèrent le dispositif comme une barrière à l’entrée servant à protéger les clubs historiques face aux nouveaux riches. Un sentiment qui s’est renforcé avec la non-prise en considération des niveaux d’endettement antérieur à la mise en place du dispositif.

Face à la mise en place du fair play financier, Sepp Blatter a répondu en sanctionnant le FC Barcelone pour la mise en place d’un système de formation contraire aux règles édictées par la FIFA (en matière de délocalisation des mineurs). Dans un premier temps, l’instance a frappé fort en prononçant un an d’interdiction de recrutement pour le club Blaugrana. Entre-temps, la direction du FC Barcelone a fait appel de la décision : un appel qui est devenu subitement suspensif contrairement aux textes de la FIFA. Du côté de la commission des recours de la FIFA, on a justifié ce caractère suspensif en évoquant un délai anormalement important de traitement avant délibération. Dans cette affaire, la FIFA a illustré qu’elle était assez puissante pour sanctionner n’importe quel club ne respectant pas ses règlements tout en gagnant du temps par le biais de modifications de procédure.

A travers le fair play financier, Michel Platini joue une partie de sa crédibilité pour l’élection à la présidence de la FIFA. Son combat digne contre la spéculation et le règne de la finance au sein du football européen et sa ténacité dans la mise en place ont impressionné un grand nombre de membres du Congrès de la FIFA. Cependant, les dernières sanctions prononcées par l’organe de contrôle financier de l’UEFA (CFCB) ont émis des doutes quant aux réelles intentions de ce dispositif qui se révèle être un instrument de protectionnisme visant à protéger les clubs historiques face aux nouveaux riches. Entre la désignation du Qatar et les critiques envers le FPF, Michel Platini va devoir être convaincant pour battre un concurrent qui connait toutes les ficelles de ce scrutin. A moins qu’il ne décide de jeter l’éponge…

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