Economie

L’organisation de la Coupe du Monde 2014 remise en cause par la vague de contestations au Brésil ?

Depuis le début de la Coupe des Confédérations, sorte de répétition avant la tenue du Mondial en juin prochain, des manifestations ont lieu dans l’ensemble du Brésil. Un mouvement social qui a des revendications très précises et qui s’insurgent contre les dépenses réalisées pour l’accueil du mondial…

Le Brésil connait actuellement une vague de contestations. Depuis le début de la Coupe des Confédérations, des milliers de Brésiliens sont dans la rue dans les principales agglomérations du pays pour protester contre la corruption du pouvoir et les « absurdes » priorités du gouvernement. Dans la nuit du 20 juin, ils étaient près d’un million à manifester. Et la violence commence à monter. De nombreux blessés sont recensés parmi les manifestants et la police militaire.

Le mouvement gagne également les communautés brésiliennes expatriées aux quatre coins du monde. Une manifestation est prévue ce weekend à Paris, place de la Nation, pour soutenir la révolte qui a lieu au pays. Plus d’un millier de Brésiliens sont attendus. D’autres mouvements se tiendront à Londres, Lisbonne ou encore Porto.

Pourquoi les Brésiliens manifestent-ils ?

En réalité, les revendications des Brésiliens sont très ciblées. La contestation est venue du MPL (Mouvement Libre de Passage), groupe qui s’est créé en 2003. Ce mouvement a pris naissance lors d’une contestation à Salvador de Bahia. Le maire de cette grande agglomération brésilienne a voulu augmenter les tarifs des transports en commun. Pendant une dizaine de jours, des milliers d’habitants ont protesté dans la rue pour s’opposer à ce projet qui n’aura jamais lieu.

Depuis cette date, le MPL combat tout projet d’augmentation des tarifs des transports en commun dans le pays. Une nouvelle contestation a eu lieu le 02 juin, à Sao Paolo. Le maire, Fernando Haddad, a décidé d’une augmentation du prix du ticket de bus de l’ordre de 30%. Le MPL a démarré son mouvement de protestation. Seulement, cette fois-ci, tout le pays suivra la vague.

Les Brésiliens considèrent que l’organisation du Mondial de football coûte trop cher

Aujourd’hui, le mouvement de contestation a gagné une grande partie des Brésiliens de la classe moyenne, vivant dans les grandes agglomérations du pays. En plus de lutter contre  l’augmentation des transports en commun, ils revendiquent également de meilleurs services publics notamment dans l’éducation et la santé. Les Brésiliens veulent que les moyens soient mis dans ces deux domaines au lieu de dépenser des sommes considérables dans le football.

Car l’organisation du Mondial coûte cher au pays. Le Brésil a dépensé environ 10 milliards d’euros d’argent public pour moderniser les stades et construire les infrastructures permettant d’accueillir la planète football durant un mois. De plus, la ville de Rio organisera également les Jeux Olympiques en 2016. D’autres investissements sont en cours pour ce nouveau grand événement sportif.

Le football pris en otage ?

Etant donné le mouvement de protestation grandissant, la question a été posée d’interrompre la Coupe des Confédérations. Mais les membres du comité exécutif de la FIFA ont clairement rejeté cette alternative. Ils veulent que la compétition aille à son terme. De plus, ces mouvements sociaux n’inquiètent pas plus que cela la FIFA concernant la tenue du Mondial 2014 sur le sol brésilien.

Si Sepp Blatter a rappelé que les mouvements de contestation pacifiques sont légaux, la FIFA tient à défendre que l’organisation d’une Coupe du Monde peut être bénéfique économiquement pour un pays. Et effet, les travaux réalisés pour l’occasion sont des marchés à saisir pour les entreprises locales et des nouveaux emplois pour les Brésiliens.

Sepp Blatter FIFA

Sepp Blatter se tient tous les jours informé de la situation au Brésil. Mais il n’est pas inquiet concernant l’organisation du Mondial sur le sol brésilien en 2014.

En cela, la France est un excellent exemple. De nombreux économistes estiment que la victoire lors de la Coupe du Monde 1998 est responsable de 2 points de croissance du pays. Mais ces 2 points auraient été inférieurs si le Mondial n’était pas organisé en France. Un paramètre qui est souvent sous-estimé.

En dépit de la tension régnant dans le pays, la FIFA ne souhaite pas que le football soit pris en otage par les mouvements de contestation. C’est au gouvernement brésilien de trouver les bonnes solutions pour que les richesses issues de l’organisation de ce Mondial soient équitablement réparties. La présidente brésilienne, Dilma Roussef, a pris le sujet très au sérieux et elle devrait réaliser une série d’annonces dans les jours qui viennent.

Avant ces événements, les Brésiliens étaient perçus à travers la planète comme un peuple paisible, ne faisant pas de vagues. Peut-être profitent-ils du regard du monde tourné vers leur nation pour casser cette image ? Réponse en juin 2014…

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