Economie

Pourquoi l’ASSE n’est-elle pas plus ambitieuse dans son recrutement ?

S’exprimant cette semaine dans le Progrès, l’ancien arrière latéral stéphanois Fousseni Diawara se pose des questions au sujet des ambitions des Verts au cours de cette saison 2015-16 et la relative frilosité du club sur le marché des transferts. Ecofoot.fr tente de donner des explications économiques pour justifier l’attitude prudente des dirigeants stéphanois…

Alors que l’ASSE a vendu pour plus de 20 M€ sur le marché des transferts lors de ce mercato estival, le club n’a pour le moment pas réinvesti à hauteur de ses ventes. Si les départs ont été comblés poste pour poste – hormis pour le moment le mouvement en prêt de Paul Baysse à l’OGC Nice – le club n’a pas réellement puisé dans ses rentrées pour réaliser son marché.

Benoit Assou-Ekotto est arrivé libre après avoir résilié son contrat avec Tottenham alors que Tabanou a été vendu à Swansea contre une indemnité estimée à 4 M€. Erding est parti à Hannovre 96 pour 3,5 M€ alors que N. Roux a signé à l’ASSE contre un investissement de 2 M€. A. Saint-Maximin est parti à l’AS Monaco pour 5 M€ et N. Maupay a signé à l’ASSE pour 0,5 M€. Enfin, les prêts de Bahebeck et d’Eysseric offriront des solutions à Christophe Galtier pour pallier les départs de Gradel (10 M€), Mollo (prêt) et Van Wolfswinkel (retour de prêt).

bahebeck asse

Le remplaçant de Gradel, Bahebeck n’aura rien coûté à l’ASSE en indemnité de transfert. En revanche, il représentera une charge salariale proche de celle de l’international ivoirien dans les comptes du club.

Malgré l’investissement réalisé pour transférer définitivement Theophile Catherine (2,2 M€), l’ASSE réalise actuellement un joli marché sur le plan financier. Comptablement, en incluant l’amortissement restant sur les mouvements réalisés, l’ASSE enregistre un résultat du trading de joueurs supérieur à 15 M€. Néanmoins ce montant financier est nécessaire pour poursuivre la politique d’équilibre budgétaire menée par la direction depuis l’intronisation de Christophe Galtier.

L’ASSE supporte de lourdes charges opérationnelles

Car, hormis lors de la saison 2010-11, l’AS Saint-Etienne n’a jamais atteint l’équilibre opérationnel sous l’ère Galtier. Le club a alors besoin de vendre ses meilleurs éléments pour présenter un résultat d’exercice équilibré. C’est pour cette raison que les meilleurs actifs du club ont été cédés au cours des dernières saisons (Aubameyang, Guilavogui, Zouma, Gradel…). Lors de leurs différentes interventions dans la presse, le dirigeants stéphanois estiment que le déséquilibre fonctionnel du club se situe à hauteur de 7 M€ par saison. Néanmoins, ces derniers promettent qu’il sera résorbé à court terme grâce aux travaux de rénovation de Geoffroy-Guichard, aux nouveaux droits TV de Ligue 1 à partir de 2016-17 et à la nouvelle stratégie CRM avec la mise en place de la carte club entre autres.

L’ASSE tentera donc de réduire ses déficits et de diminuer ses besoins en matière de trading de joueurs en augmentant ses revenus opérationnels lors des saisons à venir. Les Verts entameront alors leur deuxième phase de développement. Car si la première phase de développement a été excellente sur le plan sportif, elle n’a pas permis de dynamiser à outrance les revenus financiers du club. Entre 2010 et 2014, les revenus opérationnels du club ont progressé de 21% – hausse essentiellement due aux droits TV grâce aux meilleurs résultats sportifs du club – alors que les charges ont augmenté de 41% dans le même temps.

Et le salary cap alors ? Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’ASSE n’est pas un mauvais payeur en Ligue 1. Lors de la saison 2013-14, le club a notamment présenté la 8ème masse salariale du championnat avec une charge représentant 40,6 M€. Les bons résultats sportifs obtenus par le club ont débloqué de lourdes primes distribuées aux joueurs de l’effectif. La masse salariale a alors représenté près de 76% des revenus opérationnels sur la saison 2013-14, soit un taux supérieur aux préconisations faites par l’UEFA dans le cadre du fair-play financier. Néanmoins, l’ASSE est obligé de recourir un tel niveau salarial pour maintenir sa compétitivité sportive à l’échelle nationale.

Outre la masse salariale, le club supporte d’autres charges importantes qui n’ont cessé d’ailleurs de s’apprécier au cours des dernières années. Si les rapports de la DNCG ne nous permettent pas de disposer du détail, l’élévation du poste de dépenses « Autres charges » – qui est passé de 11,041 M€ en 2010-11 à 19,588 M€ en 2013-14 – est due aux travaux d’aménagement des infrastructures du club pour préparer l’avenir.

En effet, la direction de l’ASSE ne songe pas uniquement à réaliser des investissements sur l’achat de joueurs visant à améliorer la compétitivité sportive du club à court terme. Le club a réalisé de nombreux investissements autour de son centre d’entraînement – dont elle a racheté dernièrement les terrains aux collectivités locales – et de formation. En plus des infrastructures, la direction prépare également l’avenir financier du club en ayant dernièrement repris en direct la gestion de la boutique en ligne ainsi que de la boutique officielle du club située aux abords de Geoffroy-Guichard. Un choix qui devrait s’avérer rapidement payant en matière de recettes merchandising.

En plus de la reprise en direct de certaines activités et de l’aménagement des infrastructures, le club a également initié une nouvelle activité en étant le premier club français professionnel à ouvrir son musée dans les coursives de Geoffroy-Guichard. Une initiative qui a demandé certains investissements mais qui devraient être rapidement rentabilisés étant donné le succès populaire du musée.

Ainsi cette première phase d’ascension sportive du club – qui devrait s’achever à l’issue de la saison 2015-16 – a demandé au club d’opérer de nombreux investissements dans différents domaines afin de l’aider à progresser sportivement et financièrement sur le long terme. Des projets qui ont pu être financés par les ventes réalisées. La deuxième phase, qui s’ouvrira à partir de la saison prochaine, devrait permettre à l’ASSE de réduire ses excédents sur le marché des transferts grâce à la hausse de ses revenus opérationnels. A condition de bien gérer sportivement cette dernière saison 2015-16 de ce premier cycle de l’ère Galtier et de progresser plus vite financièrement que les principaux rivaux actuels de l’ASSE (LOSC, Girondins, Stade Rennais, MHSC).

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