Stratégie

Comment la FA peut-elle contraindre les clubs de Premier League à investir dans la formation ?

Alors que la sélection anglaise s’est brillamment qualifiée pour l’Euro 2016 en remportant tous ses matchs de qualification, la fédération émet tout de même des doutes quant à sa capacité à remporter le tournoi continental qui sera organisé en juin prochain. Une inquiétude qui se renforce au sujet de l’avenir de la sélection anglaise devant le manque de jeunes talents formés en Premier League. Explications…

Une étude dernièrement réalisée par le CIES ne va guère rassurer le Board de la fédération anglaise. L’institut suisse vient de publier un travail sur le taux de joueurs de moins de 22 ans utilisés au sein de 31 championnats européens sur la période allant de juillet 2009 à décembre 2015. Sans surprise, la Premier League n’affiche pas de très bonnes statistiques.

Globalement, le championnat anglais se situe dans le dernier groupe du classement, composé des compétitions au sein desquelles les joueurs de moins de 22 ans représentent moins de 10% du temps de jeu. Jusque-là, cette statistique n’est pas totalement anormale : d’autres grands championnats européens se situent également dans cette catégorie à l’image de la Serie A ou encore de la Liga BBVA. Championnats possédant un haut niveau de performance avec d’importants moyens financiers, il est alors plus difficile pour les jeunes éléments d’accéder à l’équipe première. Néanmoins, cela n’empêche pas l’Espagne de posséder une excellente sélection nationale, composée de joueurs qui ont été en capacité de gagner leur place au sein d’un univers de développement fortement concurrentiel.

Cependant, au sein même de cette catégorie, le classement de la Premier League est préoccupant. Au final, le championnat anglais occupe seulement le 28ème rang ! Les joueurs de moins de 22 ans ont représenté 7,5% des minutes jouées sur la période. Et le constat est encore plus alarmant si nous prenons seulement en compte les joueurs nationaux de moins de 22 ans : sur ce critère, la Premier League pointe carrément à l’avant-dernier rang avec un taux de 4% ! Autrement dit, la Premier League ne fait plus confiance aux jeunes joueurs sortant de ses académies.

Il n’est alors pas étonnant de retrouver trois clubs de Premier League parmi les 23 formations européennes faisant le moins confiance aux jeunes joueurs nationaux. Si la situation de la Premier League en termes de formation est préoccupante, la Serie A fait néanmoins pire en alignant huit clubs dans ce classement et en présentant un taux global de 3,3% de minutes jouées par ses jeunes nationaux de moins de 22 ans !

Dernièrement, le Board de la FA en collaboration avec la Premier League, a mis en place des mesures pour favoriser l’éclosion des jeunes joueurs. Ainsi, les différents clubs anglais ne peuvent plus inscrire en championnat plus de 25 joueurs de plus de 21 ans, dont huit éléments doivent impérativement avoir été formés en Premier League. En revanche, aucune condition n’est imposée pour les joueurs de moins de 21 ans. De plus, les joueurs étrangers sortant des académies anglaises peuvent être comptabilisés pour remplir les quotas. C’est notamment le cas pour des joueurs comme Gael Clichy ou Cesc Fabregas qui ont achevé leur formation à Arsenal.

Greg Dyke, patron de la fédération anglaise, a émis à de nombreuses reprises lors de son mandat la possibilité de renforcer les mesures afin de réorienter les investissements des clubs de Premier League vers la formation. Ce dernier avait notamment proposé la mise en place de quotas de joueurs nationaux titularisés dans chaque équipe lors des rencontres de Premier League. Cependant, une telle initiative a été accueillie très froidement par les présidents de clubs anglais, refusant d’ouvrir toute négociation à ce sujet.

Si la mise en place de quotas de joueurs nationaux sur la pelouse semble en apparence être une bonne idée pour relancer la formation, les effets ne sont pas toujours ceux attendus. En vue de la Coupe du Monde 2018, la fédération russe a ainsi dernièrement renforcé son dispositif afin de favoriser la titularisation de joueurs nationaux au sein de son championnat. Désormais, les clubs de Premier Liga peuvent désormais compter seulement 6 joueurs étrangers dans leur effectif contre 10 précédemment.

Cependant, une telle mesure n’a nullement relancé la formation de jeunes joueurs pour le moment. D’après l’étude menée par le CIES – même si la période considérée est trop large pour mesurer finement l’impact de la réforme – le championnat russe pointe seulement au 29ème rang en matière d’utilisation de joueurs de moins de 22 ans ! Et un effet pervers est venu entraver la croissance sportive du championnat : face aux nouvelles réglementations, la valeur des meilleurs joueurs russes s’est envolée au cours des derniers mois. Un élément qui a dégradé la compétitivité des clubs du pays alors qu’ils étaient en passe de doubler la France pour subtiliser la 6ème place au classement des coefficients UEFA…

Vous pouvez consulter l’intégralité de l’étude réalisée par le CIES à cette URL : http://www.football-observatory.com/IMG/sites/mr/mr13/fr/

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Source photo à la Une : © Tottenham Hotspur (Facebook)

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