Economie

La profession d’agent de joueurs au sein de la Ligue 1

Souvent décrié et accusé de tous les maux du football, le métier d’agent sportif est pourtant encadré au sein des championnats de Ligue 1 et Ligue 2. Alors que la FIFA s’interroge sur l’idée de déréguler la profession, la LFP souhaite de son côté encadrer de manière plus drastique l’exercice de la profession en encourageant la transparence des flux financiers. Explications…

Pour exercer le métier d’agent sportif au sein des championnats de Ligue 1 et Ligue 2, il est aujourd’hui indispensable de posséder une licence. Cette licence est délivrée par la Fédération Française de Football suite au succès à un examen. Les agents étrangers doivent avoir recours à un agent postulant français pour intervenir au sein d’un joueur du championnat de France. Cette restriction n’est pas nécessaire pour les agents dont leur licence a été délivrée par une fédération membre de l’Union Européenne.

L’obtention de la licence d’agent sportif, délivrée par la FFF dans le cadre du football, nécessite la réussite à un examen très exigeant. Il se découpe en deux parties. La première épreuve est commune à toutes les disciplines sportives et est préparée par le CNOSF. Elle repose essentiellement sur des questions de droit. Sept thèmes majeurs y sont abordés : droit des contrats, droit social, droit des assurances, droit fiscal, droit des sociétés, droit des associations et droit du sport. Un minimum de 10 sur 20 est requis pour avoir le droit de passer à la deuxième étape. La seconde épreuve est préparée par la fédération concernée. Concernant le football, elle repose sur des questions liées à la FIFA, l’UEFA et la FFF. Tout participant doit obtenir une note minimum de 14 sur 20 pour obtenir le diplôme.

Aujourd’hui, seules 300 personnes ont obtenu leur licence auprès de la FFF. Des établissements comme l’EAJF ont vu le jour pour préparer au mieux le concours d’agent de joueur. L’exigence en matière de droit est élevée et cela permet de contrôler au mieux les personnes pouvant exercer la profession.

La FIFA s’interroge sur le maintien de l’examen d’agent de joueurs

Aujourd’hui, la FIFA s’interroge sur le maintien de l’examen permettant de réguler la profession d’agent de joueurs. Sous la pression de différents lobbys (dont celui des avocats), la Fédération Internationale pourrait lâcher du lest sur ce terrain. D’autant que l’organisation du concours au sein des différentes fédérations ainsi que le contrôle des licences coûtent chers à l’institution.

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  • sepp blatter agent de joueurs

    Sepp Blatter, président de la FIFA, s’interroge sur le maintien de l’examen permettant de délivrer la licence d’agent de joueurs.

    De son côté, la LFP souhaite au contraire encadrer plus sévèrement l’exercice de la profession. En 2006, elle a rédigé un livre blanc visant à durcir les règles de la profession. On y trouvait les propositions suivantes : instauration d’un numerus clausus sur le nombre d’agents, limitation à un seul agent officiel par joueur, permission aux clubs de payer directement les agents de leurs joueurs, adoption d’un barème officiel dégressif  pour le commissionnement (plus le montant d’un contrat est élevé, plus le pourcentage de commissionnement baisse)…

    La législation n’aide pas la LFP à encadrer l’exercice de la profession d’agent de joueurs

    Le gouvernement de l’époque a lu attentivement les propositions émises par la LFP mais elles n’ont pas toutes été retenues. L’encadrement du commissionnement a été mis en place. Mais il n’est pas dégressif comme l’avait préconisé la LFP. Aujourd’hui, le commissionnement d’un agent ne peut excéder 6% de la valeur du contrat du joueur sauf… si ce dernier possède un salaire brut supérieur à 1,8 million d’euros par an. Dans ce cas-là,  la commission peut atteindre jusqu’à 10% de la valeur du contrat. Ainsi, les agents ont tout intérêt à maintenir des masses salariales élevées en Ligue 1…

    Enfin, la loi de finances de 2011 est venue mettre un frein à la transparence des flux financiers entre les clubs, les agents et les joueurs. La loi déclare que les rémunérations de l’agent de joueur versées par le club correspondent à des avantages en nature imposables. Ainsi, pour continuer à payer les agents de leurs joueurs, les clubs devront en plus s’acquitter d’un surplus fiscal sur les salaires des joueurs. Une situation qui oblige les clubs à déclarer des agents défendant leurs intérêts lors des négociations afin de contourner cette pression fiscale additionnelle. Les instances ne savent alors plus réellement quel est le parti défendu par l’agent lors d’une négociation. La transparence des échanges financiers n’est plus nette. De plus, cette situation encourage les réseaux. Ainsi, certains clubs n’hésitent plus à traiter avec un ou deux agents majeurs afin de réaliser l’intégralité de leurs transferts. Mieux vaut pour les joueurs être défendu par un agent proche d’un grand club.

    Si la LFP souhaite encadrer plus fermement l’exercice des agents, sa volonté n’est pas partagée par tout le monde. De son côté, la FIFA pourrait déréguler le secteur. Et le gouvernement français, d’accord sur le principe d’encadrement plus ferme, défavorise la transparence des flux financiers en échange d’une fiscalité durcie. Dans cet écosystème peu propice aux avancées, la LFP essaie de faire entendre sa voix.

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