Stratégie

La baisse des cours des matières premières peut-elle affecter le budget du PSG ?

Alors qu’une partie du budget PSG dépend toujours d’investissements opérés par des entités du Golfe, certains agents économiques en provenance de cette région devront réduire en 2016 leur train de vie en raison de la chute des cours des matières premières observée depuis juin 2014. Cette nouvelle orientation affectera-t-elle les ressources économiques du PSG lors des saisons à venir ? Eléments de réponses…

A l’image de tous les secteurs de l’économie, le football n’a pas échappé à l’accélération de la mondialisation au cours des dernières années donnant lieu à une intensification des échanges globaux à tous les niveaux. Une caractéristique qui est notamment visible lors de chaque marché des transferts des joueurs mais qui engendre également d’importants bouleversements en coulisse, au niveau des structures actionnariales des clubs. Certains Etats décident même de miser une (infime) partie de leur pécule financier dans l’univers du ballon rond afin de consolider leur stratégie géopolitique à l’image des pays du Golfe ou encore de la Chine plus récemment.

Ainsi, cette interconnexion entre les sphères politiques, économiques et sportives pourrait engendrer des conséquences encore relativement méconnues dans le secteur footballistique, épousant les tendances de l’économie mondiale. Cette dernière étant marquée par une baisse importante des cours des matières premières depuis plus d’un an et demi, ce phénomène pourrait alors avoir des conséquences inattendues au sein du secteur footballistique. Et le PSG est un club particulièrement exposé à ce risque.

Propriété de QSI depuis 2011, entité lié au fonds souverain QIA, le PSG est désormais indirectement contrôlé par le gouvernement qatari. Or, le Qatar est un pays qui souffre sur le plan économique en raison de la chute brutale des cours des matières premières, phénomène qui n’avait pas été prévu par le gouvernement en place. Disposant de la 13ème réserve mondiale de pétrole et de la 3ème réserve de gaz naturelle, les recettes publiques du gouvernement qatari sont basées aux deux tiers sur les rentrées énergétiques.

D’après les calculs menés par les autorités qataries, le pays devrait connaître un déficit public en 2016 pour la première fois depuis 15 ans ! Il s’élèvera aux alentours de 12 milliards d’euros même si l’Etat prévoit une réduction de ses dépenses de l’ordre de 7,3%. Un niveau de déficits qui a été estimé avec un baril de pétrole évalué à 48 $ en moyenne. Or, les cours sont repartis à la baisse depuis le début du mois, le baril affichant actuellement un prix de 38,50 $ sur le marché du BRENT…

Si un plan d’économies budgétaires a été présenté récemment par le gouvernement qatari, le PSG n’est nullement visé par la réorientation stratégique orchestrée par l’Etat qatari. Au contraire, le club parisien est désormais un élément central de la diversification d’activité opérée par le gouvernement pour réduire la dépendance de son économie aux rentrées énergétiques. Ainsi, le Qatar ne compte pas toucher aux activités de son fonds souverain QIA en cette période de restructuration. Le pays financera son léger déficit par l’émission d’obligations auxquelles de nombreux investisseurs seront heureux de souscrire. Affichant un taux de croissance de son PIB aux alentours de 7%, une dette publique quasi-inexistante et un taux de chômage inférieur à 1%, le Qatar présente toutes les garanties pour trouver sans problème des financements sur les marchés.

De plus, le PSG n’a cessé de réduire sa dépendance liée aux investissements des entités qataris au cours des dernières années en développant de manière drastique ses propres revenus dont la billetterie et les recettes commerciales (sponsoring, merchandising/licensing…). Néanmoins, un léger doute pourrait subsister au niveau de l’enveloppe allouée lors de chaque exercice par l’office du tourisme du Qatar (QTA) au club parisien et qui s’élèverait aux alentours de 150 M€ par exercice. Mais même cette manne financière devrait perdurer pour le club parisien, le gouvernement ayant dernièrement indiqué que le plan d’économies ne devrait pas concerner les investissements sportifs.

Malgré une baisse prolongée des cours des matières premières, le PSG peut toujours travailler sereinement autour de la construction d’un budget à hauteur de 550 M€ pour la saison 2016-17…

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Source photo à la Une : © PSG – Paris Saint-Germain (Facebook)

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