Stratégie

Le PSG cherche-t-il à mettre dehors ses ultras ?

Instaurée par le président Leproux en 2010 suite aux graves incidents aux abords du Parc des Princes ; la nouvelle réglementation concernant les abonnements en virage a été encore durcie depuis l’arrivée des actionnaires qataris. Certains supporters dénoncent des dérives illégales commises par le PSG pour se débarrasser d’un public considéré comme nuisible pour l’image du club…

Suite à la mort en 2010 d’un jeune supporter du PSG aux abords du Parc des Princes, le président de l’époque Robin Leproux décide d’agir afin de pacifier les virages Auteuil et Boulogne de l’enceinte. Considéré à l’époque comme un homme courageux, certains anciens dirigeants du PSG n’hésitent pas à attribuer la paternité de cette décision à l’actionnaire de l’époque, Colony Capital, afin de mieux valoriser le club lors des négociations avec les investisseurs qataris.

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Cette pensée est partagée par les supporters visés. Lors de l’élaboration du plan Leproux, 13 000 supporters appartenant aux virages Auteuil et Boulogne ont été placés aléatoirement afin de dissoudre les groupes de supporters. Cette mesure – temporaire lors de son instauration – a été maintenue par les actionnaires qataris.

Le PSG visé par une enquête de la CNIL

L’action initiée par Robin Leproux a atteint l’objectif escompté : la pacification du Parc des Princes. Mais elle a également mis à la porte de nombreux supporters qui ne souhaitent plus encourager un club qui cherche à se priver délibérément de ses ultras.

Si les actions entreprises par Robin Leproux ont été maintenues, l’arsenal répressif a été également durci envers les supporters fauteurs de trouble. En 2009, une Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme a été créée par le Ministère de l’intérieur avec l’élaboration de forces spéciales d’intervention rapide qui sont déployés aux abords des stades à risque. Ces nouveaux dispositifs surveillent sans interruption les supporters parisiens identifiés comme turbulents.

robin leproux

Robin Leproux, ex-président du PSG, est à l’origine d’une politique stricte envers les ultras parisiens.

Récemment, le club a subi un contrôle par la CNIL. Une liste suspecte de 2 000 noms a été retrouvée dans les locaux du PSG servant à refuser la vente de billets aux individus s’y trouvant. Pourtant, les personnes identifiées sur la liste ne présentent aucune interdiction administrative de stade. Certains noms sont présents sur cette liste pour avoir seulement pris part à des mouvements contestataires sur la politique du club menée envers les ultras. Les enquêteurs soupçonnent des connivences entre le service sécurité du club parisien mené par Jean-Philippe D’Hallivillée et les différents services d’ordre (préfecture de Paris, DNLH). Les services d’Antoine Boutonnet, dirigeant de la DNLH et grand supporter du PSG, informeraient la cellule sécurité du club  à propos des supporters « à risque »… Le club parisien doit rapidement rendre des comptes à la CNIL concernant la présence de ce fichier de plus de 2000 noms…

Les dirigeants du PSG cherchent à attirer un nouveau public

Mentionné récemment sur Ecofoot, les dirigeants du PSG cherchent à établir un budget de l’ordre de 540 millions d’euros à l’horizon 2016-17. L’accroissement des revenus issus de la billetterie constitue un volet important du plan mis en place. En plus d’augmenter l’offre en envisageant un agrandissement du Parc des Princes, le PSG compte également faire évoluer sa clientèle vers un public plus aisé. Les dirigeants cherchent à attirer les familles habitant les départements 75 et 92 et possédant un gros pouvoir d’achat. Ce public sera moins sensible à une hausse des prix des billets et il sera plus enclin à consommer.

De même, les dirigeants parisiens comptent construire une image plus lisse du club afin de séduire une audience étrangère. Les débordements en tribune ou aux abords du stade représentent une mauvaise presse pour la stratégie de communication bâtie par le PSG. D’autant que le club parisien reçoit chaque saison environ 150 millions d’euros de la part de l’office du tourisme du Qatar pour l’image positive renvoyée par le club au pays.

Les ultras sont mis à la porte dans d’autres clubs

Les ultras parisiens ont alors l’impression d’être sacrifiés au détriment d’une stratégie de développement initié par les actionnaires qataris. Les dirigeants du club se servent des débordements du passé pour essayer de repousser une catégorie entière de supporters. Une majorité d’ultras paient les débordements commis par une minorité d’individus.

Cette situation n’est pas un cas unique. Les présidents de clubs brésiliens ont décidé ces dernières années d’augmenter considérablement les prix des places afin d’éradiquer la violence dans les tribunes. Ainsi, ils pensent faire coup double : pacifier les tribunes et attirer une classe de population plus aisée avec un plus gros pouvoir d’achat. Dans les faits, la situation n’est pas aussi idyllique. Les stades du championnat brésilien ne cessent de se vider et la violence a été transférée aux abords des stades. Les « torcidas organizadas » qui faisaient régner la terreur dans les tribunes brésiliennes se retrouvent au milieu de véritables luttes urbaines… Résultat : les revenus de billetterie ne cessent de baisser dans un championnat où les clubs sont lourdement endettés.

Les ultras parisiens comptent sur l’enquête menée par la CNIL pour mettre en lumière une politique trop répressive à leur encontre. Mais ils ne se bercent pas d’illusions : ils savent que les dirigeants parisiens préfèreront payer des amendes plutôt que de prendre le risque d’avoir de nouveaux incidents en tribune. L’argent investi dans l’excès de prévention par la direction du PSG sera largement récupéré en recettes de billetterie…

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