Economie

Quelle est la puissance financière de la MLS ?

Récemment, Don Garber, patron de la Major League Soccer, indiquait en conférence de presse qu’il souhaitait faire du championnat nord-américain un concurrent crédible aux grands championnats européens. Une projection qui semble aujourd’hui irréaliste tant la MLS accuse un certain retard sur ses rivaux européens ou sud-américains. Cependant, la progression de son attractivité économique semble tout de même ouvrir des possibilités radieuses à ce championnat encore jeune. Ecofoot.fr fait un état des lieux de la puissance financière actuelle de la MLS…

La Major League Soccer est souvent considéré comme le parent pauvre des sports collectifs aux Etats-Unis. En effet, la MLS ne possède pas des moyens financiers comparables à la NBA, la NHL ou encore la NFL. Quand la NBA perçoit 930 millions de dollars de revenus TV par an, la MLS n’a récolté que 30 millions de dollars sur la saison 2013. Et ce montant est à partager avec la fédération car il comprend les retransmissions des matchs à domicile de l’équipe nationale des Etats-Unis.

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Si la MLS est loin du niveau des autres grands sports collectifs US, elle ne possède pas également la même ancienneté. Alors que le championnat de NBA a bientôt 100 ans, la MLS n’entame que sa dix-neuvième saison. En deux décennies, le championnat a fait de gros progrès sur le plan économique. Alors que la MLS accusait un déficit d’exploitation de 250 millions de dollars sur les cinq premières éditions, le championnat a réalisé un bénéfice d’exploitation de 34 millions de dollars en 2012 (voir classement). Onze franchises sur dix-neuf affichent un bilan positif ou à l’équilibre. Les chiffres de 2013, qui seront publiés courant 2014, devraient afficher approximativement le même bilan.

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La MLS accroit ses revenus

Aujourd’hui, les franchises les plus importantes de MLS affichent un chiffre d’affaires supérieur à 40 millions de dollars. Cela correspond à un CA d’un club de milieu de tableau en Ligue 1. Les clubs figurant en fin de tableau génèrent tout de même un revenu de 15 millions de dollars, équivalent aux clubs de haut de tableau de Ligue 2.

Clairement, par rapport aux grands championnats européens, la MLS accuse un retard au niveau des revenus générés par les droits TV. Avec un contrat de 30 millions de dollars par an jusqu’en 2014, le championnat nord-américain accuse un sérieux retard par rapport aux grands clubs européens, dont certains bénéficient en complément des revenus importants en provenance des droits TV de la Ligue des Champions. A partir de 2015, la MLS devrait combler une partie de son retard : le nouveau contrat signé conjointement avec Fox et ESPN rapportera 70 millions de dollars par an. Un montant qui est toujours très éloigné des droits enregistrés par la Premier League. Même sur le sol américain, le championnat anglais perçoit un revenu supérieur à la MLS : NBC a accepté de payer 80 millions de dollars par an pour diffuser les affiches de Premier League aux Etats-Unis. Après avoir significativement augmenté ses revenus domestiques, les dirigeants de la MLS cherchent à exporter le soccer américain à l’étranger afin d’en accroitre les droits.

Actuellement, les droits TV ne représentent pas plus de 5% des revenus des différents clubs de MLS. Malgré l’augmentation prévue en 2015, les clubs de MLS doivent se concentrer sur d’autres sources pour devenir rentables. Les revenus enregistrés par la billetterie et le sponsoring lors des jours de match représentent plus de 50% du chiffre d’affaires des franchises de MLS. En 2013, la MLS a enregistré une affluence moyenne de 18 611 spectateurs par match. Le soccer affiche désormais des affluences moyennes supérieures à la NBA ou encore à la NHL. De nombreuses franchises se sont dotées de leur propre stade leur permettant d’encaisser directement les revenus générés. De plus, certaines franchises n’hésitent pas à organiser d’autres événements dans leurs enceintes (concerts, autres événements sportifs…) qui permettent d’assurer un complément de revenus.

La MLS maitrise ses coûts

Cette augmentation perpétuelle de l’affluence moyenne dans les stades de MLS n’est pas uniquement due à la modernisation des équipements. Le bon parcours réalisé par l’équipe nationale des Etats-Unis en Coupe du Monde en 2002 (quart de finaliste en battant le Portugal en phase de poules) a attiré une jeune génération à suivre le soccer. Désormais, cette jeune génération est en âge de se rendre dans les stades pour supporter leur équipe favorite. De plus, l’assouplissement du salary cap a permis d’attirer des stars européennes au sein du championnat : un autre élément moteur qui a déclenché un début d’engouement envers le soccer.

La mise en place de ce salary cap – sur le modèle pratiqué par les autres sports collectifs US – a contribué à la rentabilité d’une majorité de franchises. En effet, grâce à ce système, les clubs nord-américains ne se sont pas livrés à une surenchère des salaires contrairement à ce qui se passe chez un grand nombre de clubs européens ou sud-américains. Ainsi, chaque club dispose d’une enveloppe maximum avoisinant 3 millions de dollars pour rémunérer son effectif.

En 2007, afin de rendre la MLS plus attractive et d’attirer des stars dans le championnat nord-américain, la MLS a accepté de mettre en place le système du « joueur désigné » permettant d’assouplir le salary cap. Désormais, chaque franchise se réserve le droit de soustraire trois joueurs de son effectif au salary cap afin de leur proposer un salaire plus élevé. Cet assouplissement a notamment permis aux Los Angeles Galaxy de recruter David Beckham en 2007. Aujourd’hui, Thierry Henry évolue également sous ce système avec les New-York Red Bulls. La plupart des joueurs reconnus provenant des championnats européens évoluent en MLS sous le système du joueur désigné.

En 2013, le salaire moyen d’un joueur de MLS se situait aux alentours de 160 000 $ par an. Mais ce salaire est largement tiré vers le haut par le système des joueurs désignés. Ainsi, Thierry Henry a perçu en 2013 un salaire de 4,35 millions de dollars de la part de son club. Le salaire médian, qui met en lumière cette disparité entre les joueurs désignés et le reste de l’effectif, se situait en 2013 à 100 000 $. Des disparités qui commencent à agacer certains joueurs locaux du championnat.

Quelques franchises de MLS ne sont toujours pas rentables

Malgré une maitrise des coûts et une faible dépendance envers les droits TV, les franchises de MLS ne sont pas rentables à tous les coups. Si, en Europe, les principaux enjeux financiers découlent des résultats sportifs (qualification pour la juteuse Ligue des Champions, redistribution des droits TV conditionnée au classement dans de nombreux pays…), ce n’est pas directement le cas aux Etats-Unis. En MLS, les clubs souffrent plus d’une dépendance envers les revenus générés les jours de match.

Ainsi, lors de l’implantation d’une franchise, la zone géographique est un point déterminant afin de déterminer sa profitabilité. Cette zone géographique doit à la fois être une zone urbaine dynamique permettant d’attirer des sponsors et posséder un public sensible au soccer. De plus, les clubs choisissent un « positionnement » marketing afin de séduire la population locale.

Le pari n’est pas gagnant à tous les coups. Ainsi, le club de Chivas USA, situé à Los Angeles, a été racheté par la MLS suite au désengagement de son propriétaire Jorge Vergara. Lors des deux derniers exercices, le club a accusé un déficit d’exploitation de 5,50 millions de dollars. Ce déficit s’explique par un manque d’engouement populaire autour du club. La saison dernière, le club de Chivas affichait une affluence moyenne passant sous la barre des 9 000 spectateurs par match.

Don Garber

Malgré l’échec de Chivas USA, Don Garber est confiant quant au modèle économique de la MLS.

Pourtant, lors de sa création en 2004, Jorge Vergara avait décidé de faire de cette franchise une filiale du club mexicain du Chivas Club Deportivo Guadalajaja. Ainsi, le club pensait rapidement acquérir l’enthousiasme de l’importante communauté mexicaine vivant à Los Angeles. Mais les résultats moyens des dernières saisons n’ont pas permis de susciter l’engouement espéré, la communauté mexicaine préférant rester fidèle à son propre championnat et ne s’intéressant qu’assez peu à la MLS.

Malgré cet échec, le patron de la MLS Don Garber espère rapidement revendre cette franchise en 2015 à un nouvel acquéreur. Pour cela, il compte convaincre les autorités locales de financer un nouveau stade permettant de donner un coup de jeunesse à cette franchise.

Cet accroc ne freine pas les ambitions de Don Garber qui espère voir évoluer 24 franchises au sein de la MLS d’ici 2020. Des projets fleurissent comme la participation dès 2015 d’une deuxième franchise new-yorkaise ou encore la volonté de David Beckham de s’implanter à Miami. Les bonnes performances économiques conjuguées aux perspectives importantes de croissance de ce championnat séduisent de plus en plus d’investisseurs, où la rentabilité semble plus facile à atteindre qu’en Europe. Sans aucun doute, la MLS sera un championnat à suivre dans les années à venir…

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